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Commission Française pour l’Enseignement des Mathématiques

24 septembre 2019

Présentation de la Commission française pour l’enseignement des mathématiques, plateforme unique de rencontre des organisations françaises impliquées dans l’enseignement des mathématiques, de la maternelle au supérieur.

La CFEM [1] est la commission française de l’organisation internationale consacrée aux questions d’enseignement mathématique, la CIEM [2], en anglais ICMI [3], qui est elle-même rattachée à l’Union Mathématique Internationale ; ceux que l’histoire intéresse pourront consulter le site de présentation. Elle est constituée de représentants des principales composantes impliquées dans l’enseignement des mathématiques –elle a accueilli progressivement de nouveaux membres, les derniers en date étant Femmes et mathématiques (en 2014), l’IHP (en 2015) et MATh.en.JEANS (en 2019)– et les 13 composantes actuelles sont : Académie des sciences, Assemblée des directeurs d’Instituts de Recherche sur l’Enseignement des Mathématiques (ADIREM), Association des Professeurs de Mathématiques de l’Enseignement Public (APMEP), Association pour la Recherche en Didactique des Mathématiques (ARDM), Comité National Français de Mathématiciens (CNFM), Femmes & Mathématiques, Inspection Générale de l’Éducation Nationale (IGEN), Institut Henri Poincaré (IHP), MATh.en.JEANS, Société Française de Statistique (SFdS), Société des Mathématiques Appliquées et Industrielles (SMAI), Société Mathématique de France (SMF), Union des Professeurs de classes préparatoires Scientifiques (UPS).

Si la CFEM n’a été créée précisément qu’en 1994, l’histoire d’une représentation française à la CIEM, fondée en 1908, remonte à plus d’un siècle (voir le site de la revue L’enseignement mathématique, organe officiel de la CIEM et une page sur le premier centenaire). C’est ensuite à Yvette Amice que l’on doit l’initiative de la constitution en 1975 de la SCFCIEM, sous-commission qui représente la France à la CIEM et à André Deledicq, alors président, la création de l’association avec son nom actuel CFEM, car il souhaitait un sigle plus court et parlant. On lira l’intéressant éclairage qu’avait proposé Jean-Pierre Kahane, lui-même ancien président de l’ICMI, sur le site de la CFEM.

Comme section française de l’ICMI, la CFEM participe à l’organisation de cette dernière, par exemple en proposant des membres pour le comité exécutif. De grands noms issus de l’école française ont présidé la CIEM, à commencer par Jacques Hadamard, et pour ne citer que les deux derniers, Jean-Pierre Kahane (de 1983 à 1990) et Michèle Artigue de 2007 à 2009 (elle a été vice-présidente de 1999 à 2006). Signalons aussi que la carrière de Michèle Artigue (qui a été également directrice de l’IREM de Paris) lui a valu l’attribution de la médaille Félix Klein par l’ICMI.

Pour continuer à décrire son activité au niveau international, la CFEM participe aux études internationales ICMI studies qui portent sur des sujets variés, citons par exemple les plus récentes Educational Interfaces between Mathematics and Industry (20), Mathematics Education and Language Diversity (21), Building the Foundation : Whole Numbers in the Primary Grades (23) et les deux dernières encore en cours, particulièrement d’actualité, School Mathematics Curriculum Reforms : Challenges, Changes and Opportunities (24) et Teachers of mathematics working and learning in collaborative groups (25).

La CFEM participe aussi aux divers autres projets internationaux d’ICMI (CANP, Klein…). Il faut également souligner le rôle de soutien de la CFEM vis-à-vis de l’Espace Mathématique Francophone (EMF), une des organisations régionales de l’ICMI qui présente l’originalité d’être basée sur une communauté linguistique et non géographique. Les rencontres scientifiques qui ont lieu tous les 3 ans depuis 2000 (France en 2000, puis Tunisie, Canada, Sénégal, Suisse, Algérie, France en 2018 et la prochaine est prévue au Bénin) s’intéressent aux questions vives de l’enseignement des mathématiques dans nos sociétés actuelles, aux niveaux primaire, secondaire et supérieur, ainsi qu’aux questions touchant aux formations initiale et continue des enseignants. L’EMF contribue au développement d’une communauté francophone riche de ses diversités culturelles, autour de l’enseignement des mathématiques au carrefour des continents, des cultures et des générations.

Enfin, de même que la vie de l’IMU (et donc celle du CNFM qui y représente la France) est rythmée par des congrès internationaux ICM organisés tous les quatre ans, celle de l’ICMI et de la CFEM l’est par les ICME, International Congress on Mathematical Education. Pour rappeler à nouveau un point d’histoire, le premier ICME a été organisé en France, à Lyon, en 1969. Le prochain, ICME-14, aura lieu à Shanghai en juillet 2020 et la CFEM est chargée d’organiser la représentation française et d’aider à trouver le financement pour la participation des conférenciers et des membres des groupes de travail issus de l’enseignement français. Surtout, la CFEM fera à Shanghai une Présentation Nationale de l’enseignement des mathématiques en France, et cette participation à ICME-14 s’inscrit donc naturellement en clôture de l’Année des mathématiques.

La CFEM relaie les informations d’ICMI et en retour la CFEM informe ICMI des événements importants concernant l’éducation mathématique en France, notamment via son bulletin. Celui-ci, aujourd’hui biannuel et dédié aux activités nationales et internationales de la CFEM et de ses membres, ouvre régulièrement ses pages à des personnalités qui peuvent apporter des informations ou développer des points de vue sur des actualités. Le bulletin est complété par une lettre d’informations mensuelle également largement diffusée.

Dans le paysage français, la CFEM a un rôle important à jouer, car, outre la section française de l’ICMI, elle constitue de par sa composition une plateforme unique de rencontre des organisations françaises impliquées dans l’enseignement des mathématiques, de la maternelle au supérieur. Elle favorise les synergies entre ses composantes, pour répondre aux mieux aux questions posées à l’enseignement des mathématiques. Elle a ainsi porté une demande forte de programme de soutien à l’enseignement des mathématiques qui a conduit à la Stratégie Mathématiques de 2014, et a été largement consultée par la commission Torossian-Villani fin 2017 ou par le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) en 2018 et 2019. Encore plus concrètement, la CFEM a porté les Forums des Mathématiques Vivantes, lancés dans le cadre de la Stratégie mathématiques en 2015 et 2017, ces forums ont proposé des formations et aussi des évènements grand public dans plusieurs grands centres (Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Toulouse). Actuellement, elle participe au comité de pilotage de l’Année des mathématiques. Enfin elle veille à s’articuler avec le CNFM, structure de représentation de la recherche française en mathématiques au niveau international.

La CFEM est une petite structure, qui, malgré la légitimité due à son rôle international, n’a que peu de moyens, et n’a pas d’autres forces que celles de ses composantes. Son rôle national est donc de favoriser les échanges entre ces dernières car aucune ne peut représenter à elle seule l’ensemble de la communauté enseignante. La force de la CFEM réside dans la conviction partagée qu’il faut unir les forces, et pour cela communiquer, transmettre les informations, confronter les points de vue, tout en respectant les intérêts et prérogatives de chacune.

La CFEM a été créée pour avoir la légitimité de son rôle international et elle en a tiré une visibilité nationale, représentant l’ensemble d’une communauté plurielle, unie et dynamique : c’est une réalité que de nombreux pays nous envient.


[1] Commission Française pour l’Enseignement des Mathématiques

[2] Commission Internationale de l’Enseignement Mathématique

[3] International Commission on Mathematical Instruction