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Interview de jeune chercheuse

3 février 2020

Interview de Claire Guerrier, nouvellement recrutée au CNRS.

Quel est ton domaine de recherche ?

Je travaille en modélisation mathématiques, et plus précisément en mathématiques appliquées pour les neurosciences.

Qu’as-tu fait avant d’entrer au CNRS ?

J’ai fait une thèse entre l’université Paris VI et l’IBENS (Institut de biologie de l’ENS) avec D. Holcman, sur la modélisation multi-échelle et l’analyse asymptotique, des synapses aux réseaux de neurones.

Je suis ensuite partie en post-doctorat à l’Université de la Colombie Britannique à Vancouver (UBC, Canada), dans l’équipe du Pr. Coombs, et en collaboration avec l’équipe du Pr. Haas, du "Center for Brain health", à UBC également. Nous avons travaillé sur la modélisation de la propagation du signal dans l’arbre dendritique.

Qu’attends-tu du métier de mathématicienne ?

C’est une question à laquelle j’ai du mal à répondre. Voici une tentative : Je suis très heureuse d’avoir l’opportunité de faire ce métier, qui pour moi représente la liberté absolue. Mon travail consiste à comprendre comment les objets avec lesquels je travaille s’organisent entre eux. Le plus difficile est finalement de trouver des sujets suffisamment intéressants pour avoir envie d’y passer tout son temps !

Je travaille beaucoup avec des chercheurs venant d’autres disciplines, ce qui est très enrichissant d’un point de vue professionnel. Je travaille également avec des collègues étrangers, ce qui est enrichissant d’un point de vue personnel. Finalement, il y a un côté très gratifiant à "trouver" enfin une solution aux problèmes que l’on se pose.

D’un point de vue professionnel, j’espère contribuer à développer la modélisation mathématique en France, qui est une discipline émergente encore peu reconnue et souvent mal acceptée par les mathématicien-ne-s des disciplines traditionnelles. Travailler dans une discipline émergente est une chance, car tous les sujets sont ouverts. Le revers de la médaille est que l’on rencontre du scepticisme, voir parfois du mépris de la part de nos pairs. Fort heureusement, les choses sont en train de changer.

Qu’est-ce qui t’a amenée à faire des mathématiques ?

J’ai toujours aimé les mathématiques, car il y avait peu à apprendre, et beaucoup à comprendre. Au lycée, j’aimais aussi le petit sentiment de fierté lorsqu’on arrive au bout du problème, et que tous les résultats s’emboîtent finalement parfaitement. La classe prépa m’a confortée dans l’idée que les mathématiques consistent à comprendre comment les objets s’agencent les uns avec les autres. Au cours de mes études, je me suis rendu compte que la question de recherche devait également m’intéresser, et c’est naturellement que je me suis tournée vers les mathématiques appliquées à la biologie.

Pourquoi le CNRS ?

Le CNRS offre de très bonnes conditions de travail, doublées d’une grande liberté dans le choix des sujets de recherche. Il me semble que c’est un combo assez rare dans le monde de la recherche académique. Ces conditions sont une grande aide pour développer mes thèmes de recherche.

Claire Guerrier est chargée de recherche au CNRS, membre du laboratoire Jean-Alexandre Dieudonné (LJAD - CNRS & Université Côte d’azur).