Chaque université est loin de couvrir tout le spectre d’une discipline de recherche. Le CNRS joue donc l’indispensable rôle transverse de coordination et d’incitation, dans le domaine de la recherche fondamentale qui est le sien ; il n’en incite pas moins ses unités à développer les applications naturelles de leurs résultats fondamentaux et des savoir-faire qu’elles ont acquis, y compris par des partenariats industriels.
À partir du début 2009, en mathématiques, il délèguera une partie plus ou moins importante de ce travail à l’InSMI, l’Institut des Sciences Mathématiques et de leurs Interactions. Nous ne sommes pas en mesure de décrire la fonction de celui-ci, les arbitrages effectifs n’ayant encore été rendus ni sur son degré d’autonomie, ni sur ses missions. Ce qui est certain, c’est que les choses ne seront plus comme avant. Voici donc comment le CNRS joue son rôle aujourd’hui.
Il donne son label aux Unités Mixtes de Recherche (UMR). Il y affecte des chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs et met à leur disposition ses divers outils. Il crée des Groupements De Recherche GDR), chargés de fédérer temporairement une communauté nationale sur un thème prometteur, et des Fédérations de laboratoires géographiquement proches. Il met en place de nombreux outils d’aide à la recherche et de coopération internationale. Il soutient et finance des initiatives de recherche novatrices et risquées.
En mathématiques, le CNRS compte environ 350 chercheurs et 200 ITA qui sont essentiellement affectés dans des laboratoires universitaires. Les mathématiques représentent 47 UMR, 24 GDR et 5 fédérations CNRS.
Une UMR de mathématiques recouvre la plupart du temps la totalité du département de mathématiques d’une université, parfois de deux universités ou plus. Dans les grandes concentrations parisiennes de mathématiciens, on trouve des UMR thématiques, mais dans tous les autres lieux l’idée est de rassembler tous les mathématiciens d’un même site, depuis les plus abstraits jusqu’aux plus appliqués, afin de favoriser les rencontres et les échanges ; les collaborations les plus imprévues sont souvent les plus novatrices. La politique du CNRS en mathématique a été de faire en sorte qu’à travers tout le pays un maximum d’enseignants-chercheurs soient rattachés à une UMR, afin d’avoir des moyens raisonnables de faire de la recherche et de rester en contact avec les autres mathématiciens de leur domaine. Afin de réaliser ces objectifs, les responsables successifs des mathématiques au CNRS se sont efforcés depuis au moins quinze ans de développer les contacts avec les responsables des universités partenaires. Ceux-ci, il faut le souligner, se montrent presque toujours très désireux de développer la coopération.
Les GDR, nombreux, ont chacun pour fonction de rassembler une communauté de mathématiciens, soit dans une sous-discipline, soit autour de thèmes émergents qui réclament la mise en œuvre de compétences variées. Un de leurs objectifs principaux est de contribuer à la formation des doctorants et des jeunes chercheurs et à leur insertion dans le milieu.
En mathématiques toujours, les Fédérations se donnent plusieurs objectifs : développer la coopération entre mathématiciens d’une même région ; par rattachement de certaines Equipes d’Accueil (non associées directement au CNRS), leur donner accès à certains moyens du CNRS et les insérer dans les formations doctorales ; donner plus de visibilité aux mathématiques d’une région face aux collectivités territoriales, bailleurs de fonds pour la recherche ; enfin, constituer des partenaires pour les PRES (Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur) en cours de constitution. Dans ce domaine, l’objectif du CNRS est d’aller vers la création de fédérations, la plupart du temps régionales, partout où elles n’existent pas encore et où il sera possible d’en construire.
La coopération internationale s’appuie sur les GDRE et les UMI, propres aux mathématiques ou y associant l’informatique ou la physique, ainsi que sur les moyens communs au CNRS que sont les PICS et les coopérations bilatérales.
