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Le CNRS

Talents du CNRS 2017

 

Le CNRS remet chaque année des distinctions nationales à des chercheurs et chercheuses, ingénieur·e·s et technicien·ne·s de la recherche pour l’excellence de leurs travaux.
Huit chercheurs, chercheuses et ingénieur travaillant dans les laboratoires montpelliérains du CNRS voient la qualité de leurs travaux récompensée par les Médailles de bronze et de cristal du CNRS pour cette année 2017.

 

Ces distinctions ont été remises aux lauréats et lauréates des laboratoires montpelliérains lors d’une cérémonie le 24 novembre 2017 à Montpellier.
L’excellence scientifique de la circonscription Languedoc-Roussillon du CNRS est mise en valeur avec 8 lauréats d’horizons très différents. Ce palmarès 2017 récompense 4 hommes et 4 femmes issus de 7 laboratoires du CNRS.

© CNRS / N. Hovnanian


Médailles de bronze

La Médaille de bronze récompense le premier travail d’un chercheur, qui fait de lui un spécialiste de talent dans son domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes.

Sara Cavaliere (ICGM) et Claire-Marie Pradier (DAS INC) © CNRS / N. Hovnanian

Les travaux de Sara Cavaliere visent à élaborer des nanomatériaux capables d’améliorer les dispositifs de conversion de l'énergie, tels que les piles à combustible, transformant l'énergie d'une réaction chimique en courant électrique. Après un master de chimie à l’université de Milan, un doctorat à l'Institut Lavoisier de Versailles et un postdoctorat à l’université de Fribourg, Sara Cavaliere occupe un poste d’attachée temporaire d'enseignement et de recherche à l’université de Lyon. C’est là qu’elle débute ses recherches sur la fabrication de nanofibres dotées de propriétés magnétiques, à partir du procédé de filage électrostatique.

Maître de conférences à l’université de Montpellier depuis 2009, elle continue d’explorer cette méthode pour développer des matériaux performants et durables, au coeur des piles à combustible. Soutenus dès 2013 par une bourse ERC Starting Grant du Conseil européen de la recherche et valorisés par deux brevets d’invention, les travaux de Sara Cavaliere lui octroient aujourd’hui une renommée internationale. Auteure de nombreuses publications, membre de comités de rédaction de plusieurs revues scientifiques, la jeune chimiste est aussi à l’origine du premier congrès international Electrospinning for energy, organisé en 2016. Elle a été nommée membre junior de l'Institut universitaire de France (au 1er octobre 2017) pour cinq ans.

 

François Gerbe (IGF) et Alain Eychène (DAS INSB) © CNRS / N. Hovnanian

Chercheur à l’Institut de génomique fonctionnelle (IGF) de Montpellier, François Gerbe étudie les cellules tuft, un type particulier de cellules de la paroi intestinale. Découvertes il y a plus de 50 ans, ces cellules se distinguent par une touffe de microvillosités qui se projettent dans le conduit de l’intestin (dit lumière intestinale). Leur fonction demeurait inconnue jusqu’aux résultats obtenus par ce chercheur de 37 ans, formé en biologie du développement à l’université d’Auvergne.

S’appuyant sur des travaux initiés depuis plusieurs années à l’IGF, François Gerbe a montré que ces cellules jouent un rôle dans la réponse immunitaire se produisant au niveau de l’intestin lors de l’infection par des vers parasites. Publié dans la revue Nature en 2016, ce résultat inédit est reconnu comme une avancée majeure. Cette découverte ouvre en effet un nouveau champ de recherche pour mieux comprendre l’implication des cellules tuft dans la réponse immunitaire intestinale de type 2. Mais aussi pour mieux appréhender d’autres pathologies, comme les allergies aux pollens ou aux aliments, qui impliquent le même type de réponse immunitaire.

 

Elise Huchard (ISEM) et Martine Hossaert (DAS INEE) © CNRS / N. Hovnanian

Les recherches d'Élise Huchard ont pour objet l’évolution des sociétés animales. La chercheuse s’intéresse plus particulièrement aux causes et conséquences écologiques et évolutives de la compétition sociale et sexuelle chez les mammifères sociaux, en associant observations de terrain sur le long cours et données expérimentales. Après avoir suivi des études vétérinaires, elle soutient en 2008 une thèse conjointe à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (ISEM) et à l'Institute of Zoology de Londres. Dès sa thèse, puis au cours de deux séjours postdoctoraux en Allemagne et au Royaume-Uni, Élise Huchard s’intéresse à l’écologie du comportement social des mammifères, et plus particulièrement des primates et des carnivores.

Recrutée en 2014 comme chargée de recherche au Centre d'écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier, elle rejoint l’ISEM deux ans plus tard. Là, elle poursuit ses recherches sur le fonctionnement des sociétés animales, à travers l'étude d'espèces telles que les suricates, les babouins ou les mandrills. À l'image de l'article publié en 2014 dans Science sur l’évolution de l’infanticide chez les mammifères, intégrant plusieurs centaine d’espèces grâce à une approche comparative, les récents travaux d'Élise Huchard offrent une vision originale de l’évolution des comportements sociaux. Ils lui assurent aujourd'hui une reconnaissance internationale dans son domaine.

 

Sonia Kéfi (ISEM) et Martine Hossaert (DAS INEE) © CNRS / N. Hovnanian

En combinant modélisation mathématique et analyses de données collectées sur le terrain, Sonia Kéfi étudie les mécanismes écologiques qui permettent aux écosystèmes naturels de faire face aux perturbations. Titulaire d'un doctorat en écologie, soutenu en 2008 à l'université d'Utrecht (Pays-Bas), Sonia Kéfi a ensuite effectué un post doctorat à l'université technique de Darmstdat (Allemagne).

Lauréate en 2011 du prix Van Marum en sciences de l’environnement de la Société royale néerlandaise des arts et des sciences, elle est recrutée la même année comme chargée de recherche à l'Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (ISEM). Depuis 2014, elle est responsable de l'équipe BioDICée (Biodiversité : dynamique, interactions et conservation) qu'elle a mise sur pied au sein de l'ISEM. Sonia Kéfi est également l'auteure de près d'une quarantaine d'articles scientifiques. Elle a notamment publié en 2016 une étude à très fort potentiel de rayonnement dans PLOS Biology. Cette étude démontre que la complexité des relations entre les espèces d'un même écosystème est déterminante afin de surmonter des modifications environnementales de grande ampleur, telles que celles entrainées par des changements climatiques globaux.

 

Mounia Lagha (IGMM) et Jean-Maurice Dura (DAS INSB) © CNRS / N. Hovnanian

Mounia Lagha étudie les mécanismes qui régulent l’expression de gènes impliqués dans le développement embryonnaire. Cette ingénieure agronome, formée en biologie du développement, réalise un doctorat sur la formation du tissu musculaire chez l’embryon de souris à l’Institut Pasteur. Elle met alors en évidence un système de régulation qui détermine le choix de destin des progéniteurs musculaires. En vue de développer des approches mécanistiques, la jeune biologiste change d’organisme modèle lors de son stage postdoctoral : elle rejoint l’université de Berkeley en 2010 pour travailler sur l’embryon de drosophile. Elle s’intéresse alors au processus de « pause » de la transcription, correspondant à un arrêt temporaire de la polymérase, l’enzyme qui assure la transcription des gènes.

Depuis son recrutement au CNRS en 2014, année où elle reçoit le prix Paoletti, elle poursuit ses travaux à l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier. Son objectif est d’utiliser des techniques d’imagerie sur embryons vivants afin de mieux comprendre les aspects temporels de la transcription, notamment les processus garantissant une expression synchrone des gènes au cours du développement et l’héritabilité de l’activité transcriptionelle entre les cellules mères et leurs descendantes. Un projet de recherche ambitieux, soutenu par une bourse ERC Starting Grant du Conseil européen de la recherche.

 

Sébastien Ulrich (IBMM) et Claire-Marie Pradier (DAS INC) © CNRS / N. Hovnanian

À l’interface entre la chimie et la biochimie, les travaux de Sébastien Ulrich visent à développer des structures supramoléculaires d’intérêt biologique et médical, par l’exploitation de processus d’auto-assemblage de systèmes de reconnaissance multivalents. Sébastien Ulrich effectue son doctorat à Strasbourg, sous la direction du spécialiste de la chimie supramoléculaire, Jean-Marie Lehn. Le jeune chimiste réalise ses stages postdoctoraux à Oxford, puis à Stanford en tant que lauréat du programme Fulbright, et s’oriente alors vers la biochimie.

Depuis 2012, il poursuit son projet de recherche au sein de l’Institut des biomolécules Max Mousseron de Montpellier. Il s’appuie sur des combinaisons de réactions chimiques simples et efficaces pour générer des nanostructures auto-assemblées, présentant un intérêt pour la biologie médicale ou la pharmacologie. C’est le cas de nano-vecteurs dynamiques et adaptables, capables d’acheminer un médicament à sa cible. Ambitieux et novateurs, les travaux de Sébastien Ulrich bénéficient déjà d’une forte reconnaissance. Pour preuve : les financements obtenus par le chercheur (Agence nationale de la recherche, programme Hubert Curien, LabEx CheMISyst, Ligue contre le cancer), ses publications dans des revues à fort impact et sa fonction d’éditeur associé du journal RSC Advances de la Royal Society of Chemistry.

 

Matthieu Renaud (LUPM) ne pouvant être présent à la cérémonie du 24 novembre recevra sa médaille lors d'une cérémonie prévue le 18 décembre

Les rayons cosmiques, ces particules de haute énergie qui bombardent en permanence la Terre, n’ont toujours pas dévoilé leur origine. Avec ses confrères, Matthieu Renaud, astrophysicien de 36 ans, tente d’identifier dans l’Univers des phénomènes très violents potentiellement à l’origine de ces particules. Pour cela, il explore les données obtenues dans le domaine gamma grâce à divers instruments, tels que le réseau de télescopes Tcherenkov H.E.S.S. situé en Namibie et ceux embarqués à bord des satellites INTEGRAL et Fermi.

Du service d'Astrophysique du CEA au Laboratoire univers et particules de Montpellier (LUPM), en passant par l’Institut Max-Planck de physique nucléaire d'Heidelberg et le Laboratoire astroparticule et cosmologie à Paris, les résultats qu’il a obtenus sont remarquables. Il a notamment découvert un vestige de supernova (l’explosion d’une étoile massive) et identifié un pulsar (le résidu compact associé), des phénomènes parmi les plus énergétiques de notre Galaxie. Corresponsable d’un groupe d’analyse au sein de la collaboration internationale H.E.S.S. pendant deux ans, Matthieu Renaud est également féru de vulgarisation auprès du grand public. Il participe à la préparation du futur Observatoire Cherenkov Telescope Array, projet phare de son domaine à l'échelle mondiale.

 

La Médaille de cristal

La Médaille de cristal, créée en 1992, distingue chaque année des ingénieurs, des techniciens et des administratifs. Il récompense celles et ceux qui, par leur maîtrise technique et leur sens de l’innovation, contribuent, aux côtés des chercheurs, à l’avancée des savoirs et à l’excellence de la recherche française.

Jocelyn Méré (Délégation régionale) et Jérôme Vitre, délégué régional du CNRS
© CNRS / N. Hovnanian

Recruté en 2005 comme chargé d’affaires à la délégation Languedoc-Roussillon du CNRS, Jocelyn Méré conduit plusieurs projets de valorisation d’envergure. Il se démarque par la création de laboratoires communs et de start-up devenues des sociétés de biotechnologie prometteuses. En 2009, il devient responsable du service du Partenariat et Valorisation où il est notamment chargé de créer, avec les partenaires du site, la société d'accélération du transfert de technologies AxLR.

Nommé en 2013 adjoint au délégué régional, il s’attache à moderniser les processus administratifs. Il coordonne la création de l’application Webcontrat qui assure de manière dématérialisée la gestion des contrats de recherche. Suite au fort engouement suscité par cet outil dans les laboratoires de la circonscription, le CNRS décide en 2015 de le déployer au niveau national. Jocelyn Méré est chargé par le directeur général délégué aux ressources de piloter, avec son homologue de Grenoble et la mission pilotage et relations avec les délégations régionales et les instituts, le déploiement de Webcontrat dans les 18 délégations et les plus de 1100 laboratoires du CNRS. Il adapte l’application pour permettre le passage du CNRS à la gestion budgétaire et comptable publique, en manageant plusieurs équipes transversales dans une démarche d’amélioration continue de l’outil. Désormais, Webcontrat administre la totalité des contrats de recherche du CNRS.

 

 

 

Par ailleurs, trois autres distinctions nationales sont remises chaque année par le CNRS :

  • La Médaille d'or du CNRS distingue l'ensemble des travaux d'une personnalité scientifique qui a contribué de manière exceptionnelle au dynamisme et au rayonnement de la recherche française. Il s’agit de la plus haute distinction scientifique française. La Médaille d’or du CNRS sera remise le 14 décembre prochain, au Collège de France, à Alain Brillet et Thibault Damour, physiciens.
  • La Médaille de l'innovation du CNRS, créée en 2011, distingue des recherches exceptionnelles sur le plan technologique, thérapeutique, économique ou sociétal. Les lauréats 2017 sont Jean-Marie Tarascon, Raphaèle Herbin, Jean-Pierre Nozières et Jamal Tazi. Ce dernier rejoint les montpelliérains déjà distingués : François pierrot et Claude Grison.
  • La Médaille d’argent du CNRS distingue un chercheur pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux, reconnus sur le plan national et international.

 

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