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Laboratoires communs

P2R met au point des détecteurs de nouvelle génération pour la radioprotection

Le Centre d'études nucléaires de Bordeaux Gradignan1 et la société Carmelec ont créé le laboratoire commun Physique des particules pour la radioprotection (P2R). Ensemble, ils vont développer et industrialiser des appareils innovants de détection d'émission radioactives, pour l'industrie nucléaire, mais aussi pour répondre aux nouveaux enjeux de santé publique et de sécurité.

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Le Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan1 et la société Carmelec ont appris à travailler ensemble à l'occasion d'une thèse Cifre2. Cette première collaboration recherche-industrie pour les deux partenaires s'est révélée concluante : la thèse, suivie d'une année d'industrialisation par la PME, a débouché sur un nouvel appareil de radioprotection répondant à un besoin spécifique d'EDF. D'autres idées de développement ont ensuite germé et le laboratoire et l'industriel ont décidé de s'associer plus étroitement pour les mener à bien. C'est ainsi qu'est né le laboratoire commun3 P2R soutenu par l'ANR.

« L'activité du Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan nous conduit à être à la pointe en matière de détection de particules. L'idée est d'utiliser ces technologies pour répondre aux besoins croissants en radioprotection », indique Cédric Cerna, ingénieur au Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan et co-dirigeant du laboratoire commun P2R, avec Vincent Maussire de Carmelec.

Notamment en raison du recours à de grands instruments (accélérateurs de particules...), l'IN2P3 du CNRS a la particularité de travailler en réseau. Deux autres laboratoires4 qui lui sont rattachés sont également associés au laboratoire commun.

Avec Carmelec, spécialiste des appareils de radioprotection, les chercheurs peuvent identifier les besoins émergents en radioprotection. Ainsi, dans le secteur du nucléaire, les opérations de modernisation ou de démantèlement des centrales vont accroître la demande sur les équipements de détection qui permettent de limiter les risques pour les personnels. Le laboratoire commun va proposer des solutions innovantes, plus précises que les techniques actuelles, qui arrivent à obsolescence. Dans le secteur de la santé publique, la réglementation sur la détection du radon5 va devenir plus contraignante. L'expertise acquise par les chercheurs dans la détection du radon est mise à profit pour développer de nouveaux détecteurs portables. Enfin, certains services de sécurité peuvent eux-aussi être demandeurs de moyens efficaces de détection de substances radioactives. Des réflexions sont entamées sur l'utilisation de capteurs en réseau.

Les nouveaux détecteurs, développés en collaboration par les chercheurs et les ingénieurs de Carmelec, seront par la suite transférés à l'entreprise qui assurera leur industrialisation et leur commercialisation. D'ici deux ans environ, les partenaires devraient disposer de nouveaux prototypes industriels.

 

1 CNRS/Université de Bordeaux

2 Le dispositif Cifre subventionne toute entreprise de droit français qui recrute pour une durée de trois ans un doctorant pour le placer, jusqu’à sa soutenance de thèse, au cœur d'une collaboration de recherche avec un laboratoire public

3  Les laboratoires communs ANR permettent à un laboratoire publique et à une entreprise privée de définir en commun un programme de recherche structuré sur au moins 4 ans. Ils se caractérisent par la mise en place d’une gouvernance commune et d'une stratégie de pérennité de la collaboration visant à assurer en continu la valorisation du travail collaboratif par l’innovation.

4 Le Laboratoire souterrain de Modane (CNRS/Université Grenoble Alpes) et le Centre de physique des particules de Marseille (CNRS/Aix-Marseille Université)

5 Le radon est un gaz radioactif inodore, incolore et inerte provenant de la transformation du radium issu de l’uranium et du thorium, éléments radioactifs présents dans les roches granitiques et volcaniques. Présent dans les sols, le radon est la composante principale de la radioactivité naturelle de l’environnement. Il peut aussi s’exhaler de certains matériaux de construction utilisant des roches naturellement radioactives comme le granit, le gneiss ou le basalte.

Contacts :

Cédric Cerna / Centre d'études nucléaires de Bordeaux-Gradignan / cerna@cenbg.in2p3.fr

Vincent Maussire / Carmelec / vincent.maussire@carmelec.fr