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Histoire et peuplement humain des déserts

 

 

Les arts rupestres, une approche culturelle et environnementale

 

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Le "Grand Dieu" peint dans un abri-
sous-roche de Séfar (Tassili-n-Azjer).
© Jean-Loïc Le Quellec

 

Contrairement à une situation très fréquente en Europe, les arts rupestres des déserts sont presque toujours en plein air, car il n’y a généralement pas de vraies grottes en ces régions, où l’on trouve essentiellement des abris-sous-roche.

 

Les images, gravées ou peintes, ont été réalisées presque partout où des roches étaient disponibles, et elles s’étagent de la Préhistoire à nos jours. Leur chronologie est difficile à mettre en place car, à la différence de ce qui se passe en grottes, des datations directes par l’analyse des pigments ne sont pas toujours possibles.

 

Le plus souvent, les chercheurs s’appuient sur des considérations paléoclimatologiques, sur l’étude des styles, des superpositions, des patines et des animaux représentés, ainsi que sur la présence de divers éléments culturels. Ainsi, le mouton ayant été introduit en Afrique par l’homme au cours du VIe millénaire avant notre ère, la présence de cette espèce sur des gravures ou peintures sahariennes ne peut nulle part être antérieure à cette introduction.

 

De même, les bovins domestiques ne peuvent se trouver au Sahara central avant le Ve millénaire. Par ailleurs, la détérioration du climat, bien connue par d’autres études, indique la date limite à partir de laquelle certaines espèces ne pouvaient plus survivre. Ainsi, les images montrant par exemple des Eléphants au Sahara central sont très probablement antérieures au troisième millénaire avant notre ère.

 

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Gravure représentant un Grand buffle antique (une espèce disparue),
sur la falaise d’une vallée sèche du Messak, dans le désert libyen.
© Jean-Loïc Le Quellec

Enfin, si l’inventaire des espèces figurées livre d’utiles informations sur la faune environnante à l’époque où travaillaient les artistes, il ne faut pas perdre de vue que ceux-ci n’ont jamais représenté toutes les espèces de leur environnement, et que leurs œuvres ignorent presque toujours la végétation.

En effet, dans leur vision du monde comme dans la nôtre, des filtres culturels ont joué, qui valorisaient certaines espèces et en dévalorisaient d’autres, selon des choix propres à leur culture. On touche ici, par l’intermédiaire de l’art, aux productions symboliques des diverses populations du passé, et en particulier à la mythologie, qui se laisse entrevoir par certaines images d’êtres chimériques et mythiques.

 

Contact :
Jean-Loïc Le Quellec
Unité toulousaine d'archéologie et d'histoire
Tél. 02 51 97 43 67
rupestres@club.fr

 

 

 

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