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Défi Genre

Année de démarrage : 2012

Contexte :
Ce Défi pourrait se définir « comment le genre transforme l’activité de recherche et l’interdisciplinarité ». Le Défi Genre a été initié en 2012 avec pour objectif de développer les recherches sur le genre et la différence des sexes de façon interdisciplinaire et spécifiquement dans les sciences non humaines. Le CNRS a été pionnier dans la recherche SHS interdisciplinaire sur le genre et ses apports dans le domaine ont été remarqués dans le tout récent rapport de la SNRI sur « Les orientations de la recherche sur le Genre » (p. 16). L’InSHS depuis 2010 a placé le genre dans ses priorités thématiques avec des résultats : lancement du RTP Etudes Genre, coloriage de postes de CR ouverts au concours 2011, 2012, 2013 dans 7 sections SHS, mise en place d’un Institut du Genre (GIS) regroupant 35 UMR SHS dans 30 universités et écoles. Il s’agit maintenant de développer ces recherches de façon interdisciplinaire et de mettre en évidence l’importance du Genre dans d’autres champs de recherche Jusqu’à présent la problématique des différences de sexe et du genre est absente des recherches au CNRS hors SHS, alors que cette réflexion est indispensable, et développée dans la recherche internationale. Cee défi vise à introduire et soutenir des recherches sur le Genre dans des domaines nouveaux : sciences biologiques, chimie, environnement, ingénierie, science de l’information … en suivant le principe scientifique qui en a constitué l’innovation en SHS – voir et analyser la différence que fait la prise en compte de la différence de sexe dans la science.

Objectifs :
La question des constructions genrées et des rapports de sexe concerne toutes les connaissances et pratiques, et traverse tous les champs de la science. Le genre n’est pas le sexe, mais le produit d’une construction sociale, d’un rapport social qui organise les divisions du travail, du pouvoir, et de la pensée sur la base de la différence de sexe. Cette catégorisation sert à fonder une hiérarchie sociale entre les hommes et les femmes. La recherche sur le genre permis de développer l’interdisciplinarité intra SHS (articulant, par exemple, l’éthique, l’économie, l’histoire pour décrire les inégalités sociales entre sexes ; la sociologie, le droit et la géographie pour étudier les modes de visibilisation et de légitimation des minorités sexuelles…. ) L’objectif du défi est d’étendre la prise en compte du genre (de la différence de sexe) à l’ensemble des disciplines scientifiques, le genre étant le premier domaine où un objet de recherche a émergé des SHS pour se diffuser aux autres sciences. En France, la connaissance du genre et de la situation des femmes dans la société, dans l’histoire, dans l’espace, s’est construite au fil de 40 années de recherches en SHS. Au CNRS, les recherches sur les femmes, puis le genre ont commencé dès les années 70 avec les audacieuses démonstrations de pionnières ;
Exemples :
• démonstration que le travail ne se réduit pas au travail professionnel ou productif, mais qu’il inclut le travail domestique (l’INSEE a fini par appeler les tâches domestiques un « travail » et à ne plus les inclure dans les « loisirs », mais il a fallu 25 années de recherche pour aboutir à ce résultat simple)
• démonstration que la vision dite « universaliste » des droits de l’homme exclut les femmes...

Au plan international on assiste à l’introduction du concept genre dans les recherches non seulement en SHS, mais aussi en clinique, santé, biologie, chimie, écologie-environnement, ingénierie ; il faut profiter de l’acquis des SHS dans la recherche française et des possibilités exceptionnelles de coopération qu’offre l’interdisciplinarité au CNRS pour engager les laboratoires et les chercheurs à prendre en compte le genre dans leurs études.
Le genre est un thème de recherche fondamentale, même lorsqu’on veut aussi valoriser les résultats de la recherche à travers des politiques d’égalité hommes-femmes et notamment dans les métiers de la recherche.
Exemples :
Comment penser la question du changement climatique et de la gestion de l’accès aux ressources naturelles sans s’occuper de la division sexuelle du travail ?
Comment étudier l’impact de nouveaux médicaments sans prendre en compte les cycles hormonaux ?
Peut-on continuer à concevoir les nouvelles technologies sans se poser la question de l’accès différentiel des hommes et des femmes à ces technologies ? D’une façon générale, comment l’objectivation des résultats et leur généralisation peuvent-elles se passer de la prise en compte du sexe du chercheur, du sexe de l’expérimentateur, du sexe des animaux d’expérimentation ? L’absence de prise en compte de cette donnée est un point de vue androcentré (malestream) qui ne se reconnaît pas pour tel et par conséquent,
- usurpe son titre de point de vue objectif et général,
- peut conduire à des omissions, à des généralisations erronées, etc. Les publications internationales sur le genre en clinique-santé-biologie émanent de pays étrangers. En France les termes genre et sexe sont absents du répertoire Labintel SDV. En clinique/santé/biologie, ces données sur le genre sont fournies par des chercheurs étrangers (UK, USA, Allemagne, Danemark, Suède, Pays-Bas, Autriche). Il existe dans ces pays, cf. RTP Genre, des programmes, des équipes ou des revues scientifiques intégrant le genre dans la construction des questions de recherche. La France et notamment le CNRS ont un décalage par rapport aux autres pays de recherche avancée sur ce thème. Il n’existe aucun laboratoire français affichant parmi ses thématiques genre et biologie, genre et environnement...

Mode d’actions :
AAP pour actions innovantes d’un an, pour des équipes interdisciplinaires impliquant des chercheur-e-s non SHS (et éventuellement SHS) sur des budgets allant de 5000 à 10000 euros. Journées de restitution et de rencontres.

Périmètre 2013 :
Le Défi va aborder la question du genre et de l’ingénierie, un thème déjà très développé dans différents pays et qui permet d’envisager une pluridisciplinarité plus étendue. Le nouvel appel à projets 2013 sera élargi à ces nouveaux thèmes (pharmacologie, ingénierie, informatique...) et donnera le temps nécessaire (date de lancement en février 2013) à l’élaboration de projets plus fortement interdisciplinaires.
D’autre part ce DEFI sera un lien pertinent avec le projet ERA NET Gender-NET porté par la Mission pour la Place des Femmes du CNRS, où le WP3 autour de la recherche comprendra une tâche sur la prise en compte du genre dans la recherche, comme ressource pour soutenir l’égalité.
Ainsi, le on montrera que la prise en compte du genre permet de répondre à des défis scientifiques et technologiques, tout comme à des enjeux socio-économiques et de justice.