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Le CNRS
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Communiqués de presse régionaux

Archives 2008

10 juin 2008

Remise de médaille de bronze à Yves Goddéris

Yves Godderis
Yves Goddéris, chargé de recherche CNRS au Laboratoire des mécanismes et transferts en géologie (LMTG – CNRS/Université Toulouse III/IRD) s'est vu attribuer la médaille de bronze 2007 du CNRS. Elle lui sera remise le 18 juin à 11 heures à la délégation du CNRS en Midi-Pyrénées.
« La Médaille de bronze récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste prometteur dans son domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes. »

Enfant, Yves Goddéris se plonge dans les livres d’Hubert Reeves et se passionne pour les astres, l’oeil collé à son télescope. Quelques décennies plus tard, c’est dans la peau d’un chercheur de renommée internationale qu’il explore un monde inconnu : la Terre d’il y a plusieurs millions d’années. « Remonter si loin dans le passé, c’est presque comme découvrir une autre planète. » Ainsi, ce chercheur de 38 ans est parvenu à faire un pont entre la géochimie vers laquelle il a choisi de se tourner et l’astrophysique qui l’attire depuis toujours, avant de la juger trop « mathématique » au cours de ses premières années d’études à l’université de Liège.

C’est à ce moment-là que son intérêt se porte sur le cycle du carbone et son lien avec le climat sur les longues échelles de temps. Après une maîtrise de géophysique et une thèse sur l’évolution générale du refroidissement du climat, il quitte sa Belgique natale pour un post-doctorat à Ottawa (Canada) où il étudie la reconstruction de l’évolution de l’environnement global au cours des temps géologiques à l’aide de traceurs mesurés dans les sédiments marins.

Grâce à ses talents de modélisateur, le jeune homme établit des analyses statistiques qui lui valent une première publication dans la revue Nature. N’observant pas les corrélations attendues entre dioxyde de carbone et températures, il élabore un nouveau modèle informatique visant à reproduire au mieux les conditions climatiques et géologiques du passé. Une initiative qui débouche sur une nouvelle publication très médiatisée dans Nature à nouveau : « La Terre boule de neige » où, avec Yannick Donnadieu du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE), il explique les périodes de glaciation passées par la raréfaction de dioxyde de carbone en lien avec les mouvements tectoniques alors en présence.

Depuis son arrivée au Laboratoire des mécanismes et transferts en géologie du CNRS en 2001, il évalue l’influence de l’érosion des roches sur la chimie des eaux de surface, celle des rivières par exemple. Si le modèle informatique qu’il a mis au point reste pour cela son meilleur atout, il ne s’agit plus d’envisager de longues échelles de temps, mais de compter en décennies. Un changement de perspective que ce brillant chercheur juge « aérant pour l’esprit ». « Hybride », comme il se décrit lui-même, notre lauréat continue toutefois à se pencher sur les mystères climatiques de la Terre d’antan via l’équipe de paléoenvironnement qu’il dirige aujourd’hui.

 

Contact chercheur : Yves Goddéris
05 61 33 26 15
godderis@lmtg.obs-mip.fr
Contact communication : Marie-Laure Pierucci
05 61 33 60 28
marie-laure.pierucci@dr14.cnrs.fr


Référence : portrait publié dans le document « Médaillés de bronze du CNRS » de la collection
« Talents 2007 », direction de la communication du CNRS.

 

13 juin 2008

Lancement du projet européen de recherche TB-VIR Vers une meilleure compréhension de la tuberculose

Le projet TB-VIR (« Etude de la diversité génétique de Mycobacterium tuberculosis W-Beijing : virulence comparée et réponses immunitaires chez les patients ») a été officiellement lancé début mai à Shanghai (Chine). TB-VIR est un projet de recherche collaborative coordonné par le Dr Olivier Neyrolles, responsable d’une nouvelle équipe de l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale (IPBS - Unité
mixte CNRS/Université Paul Sabatier, Toulouse), dans le Département « Mécanismes Moléculaires des Infections Mycobactériennes » dirigé par le Dr Mamadou Daffé. Il est financé à hauteur de trois millions d’euros sur trois ans par la Commission Européenne dans le cadre du 7e PCRDT (Priorité Santé). Ce
consortium regroupe d’éminents spécialistes de la tuberculose travaillant dans des institutions de renommée mondiale, pour moitié en Asie (Chine, Corée), et pour moitié en Europe (France, Allemagne et Espagne). En France, le consortium de TBVIR comprend le CNRS, l’Institut Pasteur (Unité de Génétique Mycobactérienne dirigée par le Pr Brigitte Gicquel), Inserm-Transfert (Dr Jérome Weinbach) et la PME de biotechnologie IntegraGen S.A. (Dr Emmanuel Martin).

TB-VIR a pour objectif de mieux comprendre les corrélations existant entre la diversité génétique d’une lignée particulièrement virulente de la tuberculose, M. tuberculosis W-Beijing, et les défenses immunitaires variables chez les personnes infectées par cette dernière. La lignée de type W-Beijing est présente en Europe comme en Asie, et prédominante à travers le monde parmi les souches de tuberculose, probablement en raison d’avantages génétiques et de facteurs propres de virulence et de modulation de la réponse immunitaire de l’hôte. Ainsi des études montrent que cette souche est responsable de 80 à 90% des cas de tuberculose en Chine où l’incidence de la maladie atteint en moyenne 74 cas pour 100 000 habitants, et environ 27 cas pour 100 000 dans la région de Shanghai. De surcroît, la lignée W-Beijing est associée à de nombreux cas de résistance aux traitements antibiotiques. Autant de facteurs qui justifient cet effort concerté et international visant à mieux cerner cette famille de la bactérie Mycobacterium tuberculosis.

Grâce aux connaissances générées par cette coopération en réseau, les membres du consortium TB-VIR espèrent fournir de nouveaux éléments de compréhension du succès épidémiologique de cette lignée particulière de la tuberculose. Ces résultats devraient permettre le développement de nouvelles stratégies de contrôle et d’outils de diagnostic et de pronostic mieux adaptés et plus rapides pour le bénéfice ultime du patient. De plus, les informations collectées seront intégrées dans une base de données d’accès libre pour la communauté scientifique internationale. Cette base donnera accès en particulier aux données concernant l’expression ou la régulation différentielle de gènes en réponse aux différents isolats cliniques de Mycobacterium tuberculosis et des gènes de la bactérie nécessaires au parasitisme des macrophages chez les individus infectés.

La clef du succès de ce programme - réunissant des partenaires académiques parfois opérant à l’autre bout du monde, mais aussi des PME européennes - reposera également sur un management professionnel du consortium. Celui-ci a été confié à l’Unité des projets internationaux de recherche sur les maladies infectieuses d’Inserm-Transfert, dirigée par le Dr Jérôme Weinbach et expérimentée pour de tels projets internationaux.

L'épidémie mondiale de tuberculose fait plus de 1,5 millions de victimes chaque année et s'amplifie dans certaines parties du monde, en particulier dans les pays en développement. Plus d’un tiers des habitants de la planète sont porteurs d’une infection latente à Mycobacterium tuberculosis. Les facteurs environnementaux, mais aussi la virulence et la charge de la souche bactérienne présente et les facteurs génétiques des individus porteurs conduisent 10 à 15% d’entre eux à développer la maladie. La tuberculose fait partie des cibles majeures identifiées parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) des Nations-Unies, qui visent à réduire, voire stopper l’incidence de grandes maladies d'ici 2015. Il est possible de mettre fin à cette épidémie.

Le consortium TB-VIR est coordonné par le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et comprend l’Institut Pasteur, Inserm-Transfert et la PME de biotechnologie IntegraGen S.A. (France), l’Université de Saragosse (Espagne), l’Institut Max Planck de Biologie des Infections et la PME GATC Biotech (Allemagne), le Centre de Contrôle des Maladies de la municipalité de Shanghai, l’Université de Fudan et l’hôpital de Ruijin (Shanghai, Chine), et l’Institut Pasteur de Corée (Séoul).

Contacts :
Olivier Neyrolles, Coordinateur scientifique, CNRS. olivier.neyrolles@ipbs.fr
Jerome Weinbach, Manager général, Inserm-Transfert. jerome.weinbach@inserm-transfert.fr
Carine Desaulty. carine.desaulty@dr14.cnrs.fr

 

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16 juin 2008

Remise de médaille de bronze à Rufin VanRullen

Rufin VanRullen, chargé de recherche CNRS au Centre de recherche cerveau et cognition (CERCO – CNRS/Université Toulouse III) s'est vu attribuer la médaille de bronze 2007 du CNRS. Elle lui sera remise le 20 juin à 11 heures à la délégation du CNRS en Midi-Pyrénées. « La Médaille de bronze récompense le premier travail d'un chercheur, qui fait de lui un spécialiste prometteur dans son domaine. Cette récompense représente un encouragement du CNRS à poursuivre des recherches bien engagées et déjà fécondes. »

Que se passe-t-il entre le moment où une image s’imprime sur notre rétine et celui, 150 millisecondes plus tard, où le cerveau décode cette image ? C’est sur cet insaisissable terrain que Rufin VanRullen a choisi d’exercer son analyse. Il faut dire que, pour cet adepte du snow board, la vitesse est une seconde nature.
À 33 ans, grâce à sa maîtrise des outils empruntés aux maths, à l’informatique, aux neurosciences et à la psychologie expérimentale, il a réussi des percées fulgurantes qui lui ont valu, en 2007 de rafler tous les lauriers : la médaille de bronze du CNRS, le prix EURYI1 qui va lui permettre de monter une équipe en France, une HDR (habilitation à diriger des recherches)…

Originaire du Nord de la France, notre multi-lauréat a poursuivi des études vagabondes, mais néanmoins efficaces : bac à Aix-en-Provence, DEUG à la Réunion, licence de maths et maîtrise d’informatique à Montpellier, DEA et thèse à Toulouse. Au cours de cette thèse, il travaille sur le codage neuronal et le traitement visuel rapide. Sachant qu’entre la rétine et le cortex, l’influx visuel doit traverser au moins une dizaine d’étapes synaptiques, comment expliquer la rapidité de transmission de l’information ? L’hypothèse est que c’est l’ordre d’émission des spikes (potentiel d’action émis par chaque neurone) qui est la clé : 1 % des données d’une image suffit à notre cortex pour en distinguer les formes essentielles.

Les performances du système biologique vont le conduire à créer, avec quelques collègues et sous l’impulsion de Simon Thorpe, son directeur de thèse, une start-up « Spikenet technology » qui conçoit et commercialise des logiciels de traitement d’images. Mais notre médaillé a un faible pour la recherche fondamentale. Il fait un post-doc au California Institute of Technology avec Cristof Koch « qui a remis à la mode le concept de conscience, jusqu’alors réservé aux philosophes ». Il s’intéresse alors aux mécanismes de l’attention, notamment au paradigme de la double tâche ( dual task) qui remet en question l’idée admise que les tâches cognitives de haut niveau requièrent une attention exclusive. En fait, cette attention serait nécessaire pour la reconnaissance d’objets inconnus, mais pas pour les objets familiers sur lesquels opère une forme de reconnaissance automatique.C’est au cours de la première année de ce post-doc que Rufin VanRullen est recruté au CNRS et commence à se partager entre les deux continents.

Ses recherches actuelles portent sur les mécanismes oscillatoires de la perception. Des mécanismes qui pourraient contribuer à la compréhension d’autres processus cognitifs comme la mémoire ou l’audition. Il explique patiemment, en psychologue expérimental : au cinéma ou à la télévision, les roues d’une voiture peuvent donner l’impression de tourner dans le sens inverse de la marche. Cette Wagon Wheel Illusion existe aussi en laboratoire, « comme si nous avions une caméra dans la tête ». Et puis le discours computationnel prend le dessus « De manière étonnante, ce phénomène disparaît lorsqu’on détourne l’attention du sujet en le plaçant en dual task, autrement dit, le système fonctionnerait en continu par défaut et en séquentiel quand l’attention est mise en jeu ».

Contact chercheur : Rufin VanRullen
05 6 2 17 37 76
rufin.vanrullen@cerco.ups-tlse.fr
Contact communication : Marie-Laure Pierucci
05 61 33 60 28
marie-laure.pierucci@dr14.cnrs.fr

Référence : portrait publié dans la collection « Talents 2007 », direction de la communication du CNRS

 

 

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