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Lauréats 2017

par Laure Vayssettes - publié le , mis à jour le

Talents CNRS 2017 : 9 lauréat.e.s en Midi-Pyrénées

Quatre chercheur.e.s et cinq ingénieur.e.s de recherche, membres de laboratoires et des services d’appui à la recherche du CNRS en Midi-Pyrénées sont récompensé-e-s cette année par la médaille de bronze, d’argent et de cristal du CNRS.Retour ligne automatique


Médaille d’argent


- Eric Chauvet, directeur de recherche CNRS au Laboratoire écologie fonctionnelle et environnement (ECOLAB).


Relevant de l’écologie fonctionnelle, les recherches d’Eric Chauvet s’intéressent à la façon dont la biodiversité influence les processus au sein des écosystèmes. La décomposition de la matière végétale dans les milieux aquatiques (à l’instar des sols forestiers) est un processus essentiel contribuant au recyclage des éléments et faisant intervenir une diversité d’organismes. Avec son équipe, il a montré comment la diversité d’espèces, remplissant a priori les mêmes fonctions, contrôle l’intensité et la variabilité de ce processus. Il apparaît qu’une forte biodiversité, impliquant des interactions biologiques nombreuses et complexes, assure la durabilité fonctionnelle de l’écosystème. Ses travaux ont mis en évidence des relations généralisables à différents niveaux du réseau trophique et à divers types d’écosystèmes et biomes. Une application attendue de ces recherches est l’utilisation de ce processus, qui intègre le rôle de la biodiversité, comme nouvel indicateur du bon fonctionnement de l’écosystème aquatique.

Eric Chauvet est titulaire d’une thèse d’état obtenue en 1989 à l’université Toulouse III - Paul Sabatier. Il est directeur de recherche CNRS depuis 1998, et mène ses travaux actuels au laboratoire EcoLab. Il a assuré les fonctions de directeur de LaDyBio puis d’EcoLab de 2003 à 2010.

Photo : © Ecolab - Franck Gilbert

Médaille de bronze


- Christophe Gatel, maître de conférences à l’université Toulouse III - Paul Sabatier au Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (CEMES).



Christophe Gatel mène ses travaux de recherche sur l’étude des propriétés électromagnétiques locales de nanostructures et de nanosystèmes par microscopie électronique en transmission. Il utilise, entre autre, une technique d’imagerie électronique interférométrique originale (holographie électronique) pour établir des cartographies in situ de champs électrostatiques et magnétiques à l’échelle du nanomètre. Les échantillons sont des nanosystèmes soumis à des stimuli extérieurs tels que des champs magnétiques, des courants/tensions électriques à diverses températures. Ces travaux mettent en jeu des développements expérimentaux spécifiques en microscopie électronique, une préparation particulière des échantillons et l’utilisation de porte-objets dédiés permettant d’appliquer les stimuli extérieurs. Les images complexes obtenues nécessitent le développement de nouveaux codes de traitement et d’analyse des images obtenues sous forme d’hologrammes. Christophe Gatel a en particulier développé des méthodes de traitement en temps réel permettant de suivre la dynamique des phénomènes étudiés. Ces recherches participent à la compréhension fondamentale et la maîtrise des phénomènes physiques des nano-objets individuels. Les résultats attendus sont d’un intérêt majeur pour l’optimisation de nouveaux dispositifs (fiabilité et consommation d’énergie) mais aussi pour le développement de nouvelles méthodologies de microscopie électronique.

Christophe Gatel obtient en 2001 un diplôme d’ingénieur physicien de l‘INSA de Toulouse, puis soutient sa thèse en 2004. Après un post-doctorat au CEA de Grenoble, il intègre l’université Toulouse III - Paul Sabatier comme maître de conférences en 2006. En 2014, il est nommé membre junior de l’Institut Universitaire de France. Christophe Gatel est en outre le responsable du groupe I3EM « interférométrie in situ pour la microscopie électronique » du CEMES.

Photo : © Marzia Carrada




- Astrid Hopfensitz, enseignante-chercheuse à l’université Toulouse 1 Capitole à TSE Research.


Astrid Hopfensitz travaille en économie expérimentale. Cette discipline, à l’intersection entre l’économie et la psychologie, a pour but d’étudier dans des situations contrôlées le comportement des personnes face à des décisions économiques. Sa spécialité est l’étude des facteurs psychologiques dans les interactions sociales. Par exemple, les émotions ressenties par un acheteur quand il réalise qu’il a fait confiance à un vendeur qui lui a envoyé le mauvais produit. Pour mieux comprendre les réactions dans des telles situations, la chercheuse propose des expériences dans lesquelles les participants ont un le rôle d’acheteurs et voient une photo ou une vidéo de la personne qui vend. Astrid Hopfensitz a également étudié les interactions entre des personnes qui se connaissent très bienAstrid Hopfensitz a également étudié les interactions entre des personnes ayant des liens étroits. Elle s’est, par exemple, penchée sur les décisions économiques au sein d’un foyer, d’un couple ou d’une famille. Les décisions que prennent les ménages ont un impact important sur l’économie mais les mécanismes qui régissent ces décisions sont peu connus. Il est, par exemple, possible qu’un ménage prenne en compte toutes les opinions de tous les membres de la famille ou qu’une seule personne décide. Comprendre ces mécanismes est également crucial afin de mieux appréhender les conséquences des politiques familiales.

Après une thèse d’économie à l’université d’Amsterdam, Astrid Hopfensitz rejoint Toulouse School of Economics en 2007 où elle étudie actuellement l’économie comportementale et expérimentale. Ses travaux de recherche se concentrent sur les apports de la psychologie aux sciences économiques afin de mieux comprendre les comportements humains et leurs conséquences économiques.

Photo : © TSE - Studio Tchiz




- Samuel Morin, chercheur Météo-France au Centre national de recherches météorologiques (CNRM).


Les travaux de recherche de Samuel Morin concernent de manière générale l’étude de la neige au sol et de ses transformations, entre le moment de la chute de neige et sa fonte. En effet, la neige est un matériau qui se transforme en permanence et dont les propriétés physiques conditionnent la susceptibilité de déclencher des avalanches, la modulation des échanges d’énergie entre la surface terrestre et l’atmosphère, et l’appréciation de la neige en tant que ressource (ressources en eau, tourisme de montagne etc..). Depuis quelques années, ses recherches ont porté de façon croissante sur la capacité de prendre en compte les techniques de gestion de la neige dans les domaines skiables dans le modèle Crocus (damage et neige de culture) dans la perspective d’analyser de façon quantitative la viabilité de ce pan important de l’économie de montagne, dans les conditions climatiques passées, actuelles et futures. Ces travaux à l’interface des sciences physiques et des sciences humaines et sociales ont également demandé une extension de ses thématiques de recherche aux questions de représentation des conditions météorologiques et climatiques dans les zones de montagne.

Après une thèse obtenue en 2008 à l’université Paris Est, Samuel Morin effectue un post-doctorat au laboratoire de glaciologie et géophysique de l’environnement de Grenoble jusqu’en 2009. Puis, il prend la responsabilité de l’équipe « Manteau neigeux » au sein du Centre d’études de la neige du Centre national de recherche météorologique (CNRM) en tant que chercheur Météo-France. Depuis 2015, il est directeur du Centre d’études de la neige basé à Grenoble.

Photo : © Dominique Lecorps (Météo-France - CNRS, CNRM/CEN)


Médaille de cristal


- Driss Kouach, ingénieur de recherche CNRS à l’Observatoire Midi-Pyrénées (OMP).


Driss Kouach est spécialiste en développement instrumental pour la planétologie et l’astrophysique.
Il est responsable du groupe d’instrumentation scientifique de l’Observatoire Midi-Pyrénées qu’il a créé en 2001. Il apporte un soutien aux activités de recherche et développement des six laboratoires de recherche de l’OMP en proposant ses compétences en ingénierie (mécanique, thermique, optique, système), allant de la conception à l’intégration et la validation. Il a, non seulement, poursuivi le développement d’instruments d’exploration en planétologie avec les projets d’exploration à la surface de Mars, ChemCam/Curiosity et aujourd’hui SuperCam/Mars 2020, mais également apporté son expertise en astrophysique, avec le projet d’observation sol SPIRou, dont il est le chef de projet, qui partira à la recherche d’exoplanètes de type Terre depuis le CFHT en 2018.
Son nouveau défi, optimiser et fiabiliser le développement des capteurs environnementaux pour l’océanographie et l’aérologie, est en adéquation avec les nouveaux besoins des observateurs.

Après une formation allant du DUT au DESS en mécanique à Bordeaux, Driss Kouach est entré au CNRS comme ingénieur d’études en 1991. A l’Observatoire Paris-Meudon, durant 10 ans, il a participé en tant qu’architecte mécanique thermique aux projets d’instrumentation embarquée pour l’exploration du système solaire à destination de Mars, Titan, Vénus et des comètes avec la mission Rosetta. Ses instruments ont volé sur les missions Vénus Express, Mars Express ou encore Cassini Huygens.

Photo : © S. Chastanet OMP/UT3PS/CNRS




- Fatima-Ezzahra L’Faqihi-Olive, ingénieure de recherche à l’université Toulouse III – Paul Sabatier au Centre de physiopathologie de Toulouse Purpan (CPTP).

Le plateau technique de cytométrie et tri cellulaire du CPTP dont la responsabilité est confiée depuis 2002 à Fatima-Essahra L’Faqihi-Olive, mutualise des outils technologiques de pointe et regroupe des compétences de cytométrie en flux de haut niveau. Ce plateau, rattaché à la plateforme technologique des sciences du vivant Toulouse Réseau Imagerie (TRI) labellisée IBiSa, est certifié iso9001v2015 et NFX50900v2016. La cytométrie en flux étant son cœur de métier, l’ingénieure de recherche travaille au quotidien auprès d’immunologistes et de spécialistes de l’inflammation pour lesquels elle analyse et trie les cellules du système immunitaire. L’ouverture vers l’extérieur lui a donné l’opportunité de s’ouvrir à d’autres thématiques allant des maladies infectieuses et la cancérologie, à la biologie du développement en passant par la microbiologie industrielle et alimentaire. Au-delà de la fonction scientifique, elle est en charge du management du plateau ainsi que des missions de formation, de transfert technologique et d’enseignement.

Après un baccalauréat à Casablanca, Fatima-Ezzahra L’Faqihi-Olive obtient un Diplôme d’études approfondies de physiopathologie humaine à Toulouse. Elle finalise ses études avec un doctorat en immunologie avant d’être recrutée en qualité d’ingénieure d’études à l’Université Toulouse III - Paul Sabatier.

Photo : © Fatima-Ezzahra L’Faqihi-Olive



- Bernard Oriola, ingénieur de recherche CNRS à l’Institut de recherches en informatique de Toulouse (IRIT).


En collaboration avec un responsable scientifique, Bernard Oriola assume la responsabilité technique de projets de recherche, c’est-à-dire la coordination des équipes pour chaque partenaire, de la mise en œuvre et de la réalisation des différentes versions de prototypes développés et de la supervision des ingénieur-e-s et jeunes chercheur-e-s qui y sont affecté-e-s. Sa formation en informatique dans le domaine des interactions Homme-machine ainsi que son handicap visuel l’ont naturellement conduit à apporter sa contribution aux projets liés aux interactions non-visuelles et au handicap. Ces projets pluridisciplinaires s’appuient sur des méthodes centrées utilisateurs car le développement d’interfaces basées sur des modalités d’interaction non-visuelle adaptées aux déficiences des utilisateurs nécessite de prendre en compte l’utilisateur tout au long du projet. Son implication dans le milieu associatif lui a permis de créer une relation privilégiée avec l’Institut des Jeunes Aveugles (IJA) et cela s’est traduit par la création du LACII (Laboratoire Commun entre l’IRIT et IJA) en 2012. Bernard Oriola participe aux publications scientifiques et est co-auteur d’un brevet sur une technique de saisie en braille sur écran tactile.

Après un DEA d’informatique à l’université Toulouse III - Paul Sabatier, Bernard Oriola est recruté en 1996 en tant qu’ingénieur d’études en développement d’applications au CNRS, et affecté à l’Institut de recherche en informatique de Toulouse. Peu à peu ses responsabilités croissantes l’ont amené à se consacrer davantage à la conduite de projet et à l’encadrement de jeunes chercheur-e-s. En 2005, par concours interne, il devient ingénieur de recherche, chef de projet en développement d’applications.

Photo : © Philippe Truillet



- Nadine Paul, ingénieure d’études à la délégation Midi-Pyrénées du CNRS.


Nadine Paul est responsable du pôle « audit et contrôle interne » au sein du service finances, achats, comptabilité du CNRS Midi-Pyrénées. Au quotidien, elle pilote le contrôle interne comptable et financier, dispositif permettant d’assurer la qualité et la sécurité des opérations. Dès 2007, elle constitue la première équipe régionale d’audit financier des laboratoires. Au-delà des contrôles, l’audit permet de dialoguer avec les directeurs/trices, les gestionnaires, les chercheur-e-s sur les modes et processus de gestion, leur adaptation aux besoins ainsi que sur leur pertinence. Son métier s’est aujourd’hui élargi au montage de tarification auditable pour les plateformes technologiques, permettant l’éligibilité des coûts et une meilleure prise en charge par les financeurs. Le fil conducteur de son activité a toujours été d’apporter l’appui et l’expertise utiles à la communauté scientifique régionale dans un environnement financier de plus en plus exigeant et complexe.

Entrée au CNRS en 1985, Nadine Paul évolue au cours de ces années au sein de la sphère financière en explorant quasiment tous les domaines « métiers » propres à ce secteur d’activité. Elle se prépare aujourd’hui à prendre de nouvelles fonctions en tant qu’adjointe du chef du service financier, pour l’accompagner dans le management d’une équipe de 40 personnes entièrement dédiée à la gestion des budgets de recherche en Midi-Pyrénées.

Photo : © Camille Ruellan



- Christine Viala, ingénieure d’études à l’université Toulouse III - Paul Sabatier, au Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales (CEMES).


Au CEMES, la synthèse organique et la chimie de coordination représentent des thématiques importantes des fonctions de Christine Viala. En collaboration avec les chercheur-e-s, elle élabore de nouvelles molécules complexes. Sa participation va de la recherche bibliographique en passant par la conception des protocoles et leur exécution, jusqu’à l’étude physicochimique des produits et l’analyse puis l’interprétation des résultats. Elle encadre, chaque année, plusieurs stages d’étudiants en BTS ou master et forme les doctorant-e-s et post-doc chimistes lors de synthèses délicates ou pour l’utilisation d’équipements spécifiques. La bonne connaissance des équipements et des produits lui permet d’assurer l’intendance des laboratoires et de prendre en en charge l’approvisionnement et l’entretien du matériel et des produits inhérents à chaque contrat.

Dès l’obtention du baccalauréat chimie/physique en 1986, Christine Viala commence sa carrière dans le secteur privé en tant que technicienne de laboratoire en contrôle qualité puis en tant qu’assistante ingénieur-e pour l’analyse et la recherche. secrétaire médicale puis en charge des TP DEUG de l’université Toulouse III - Paul Sabatier en 1990, elle rejoint le laboratoire de chimie inorganique puis le CEMES suite à l’obtention du concours d’assistante-ingénieure en 1997 avant d’être promue ingénieure d’études en chimie de synthèse en 2015.

Photo : © Cyrielle Cordier

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