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Amazonie - Analyse, modélisation et ingénierie des systèmes amazoniens

Directrice scientifique : Françoise Gaill
Directions scientifiques concernées : EDD, Chimie, SDV, ST2I, SHS, PU/INSU, MPPU
Directeur du programme : Alain Pavé
Contact Mission pour l'interdisciplinarité : Laurence El Khouri

 

 

Présentation du programme

Contexte

Le CNRS a décidé de s’implanter en Guyane en 2002 et, depuis, développe son dispositif de recherche dans cette région. Il a établi et renforcé ses coopérations internationales. Un appel à candidatures en 2002 a permis de sélectionner la première génération de chercheurs affectés en Guyane à partir de 2003. Cette sélection a été opérée sur la base des programmes scientifiques proposés. Ensuite, le Programme Amazonie a été un outil essentiel d’application de cette politique et malgré la modicité de ses moyens, il a permis :

  • De lancer des opérations de recherches nouvelles.
  • De renforcer les moyens de recherche du CNRS en Guyane, notamment la station de terrain des Nouragues (construction du COPAS : Canopy Observatory Permanent Access System, équipement de la station, description détaillée du terrain et des communautés végétales et animales dans la zone d’étude). D’autre part, le programme a contribué à développer les moyens analytiques.
  • D’agir pour le développement de la recherche interdisciplinaire et interorganisme (association de chercheurs d’autres organismes, CIRAD, INRA, IRD, ONF, ONCFS et enseignants chercheurs de l’UAG et de l’ENGREF). Se situer dans le cadre du GIS Silvolab, présidé par le directeur du programme et du CNRS-Guyane, a été très efficace pour renforcer ces collaborations.

L’action du programme a donc permis de développer les moyens techniques et de terrain. Il a aussi été un élément de structuration scientifique et institutionnelle.

La phase II de ce programme doit prolonger et renforcer ces actions. Nous proposons aussi de recentrer son domaine d’intervention scientifique sur des problématiques relatives à la biodiversité, à tous les niveaux d’organisation du vivant, en développant aussi bien les aspects théoriques et cognitifs (évaluation, dynamique et perception de la biodiversité), que finalisés et appliqués (gestion, santé et valorisation). Les moyens de terrain doivent être développés, notamment par une instrumentation et une automatisation importantes, en impliquant des laboratoires du secteur ST2I, spécialistes de ces domaines, et en mobilisant des compétences de l’INSU sur les grands instruments. L’objectif est de constituer, à terme, un TGE, ou un élément d’un TGE plus vaste, pour la recherche sur les systèmes écologiques intertropicaux. Enfin, la coopération internationale de « proximité » avec les chercheurs brésiliens doit être accentuée, notamment en chimie des substances naturelles et en sciences du bois.

Objectifs et plus-value attendue

Faisant le constat, au niveau international, que l’approche scientifique de la biodiversité consiste essentiellement en une accumulation d’études de cas, et bien que nous en ayons encore besoin, nous pensons, avec quelques équipes internationales, et nous avons commencé à le démontrer, qu’une élaboration théorique et conceptuelle un peu plus globale de la biodiversité est possible (débat sur la théorie neutraliste, ses limites et ses extensions, esquisse d’une théorie synthétique). Observant, par ailleurs, que disposer d’une « bonne théorie » est un moyen efficace et économique de développer des applications, nous proposons d’entrer dans cette logique, tout en sachant bien que le processus n’est pas séquentiel, à savoir qu’il y a fécondation réciproque entre recherche finalisée et élaboration théorique. Ce sont ces rapports très serrés qui assurent les plus grandes innovations.

Concrètement, nous pensons apporter ainsi des connaissances utiles, voire indispensables, pour la gestion et la valorisation de la biodiversité. Par exemple, en ayant une approche dynamique, spatiale et territoriale, base d’une ingénierie écologique, on doit pouvoir associer préservation et valorisation de la biodiversité, objectifs souvent considérés comme contradictoires. À un autre niveau, par le développement d’une véritable biologie déductive, on peut espérer guider la recherche de substances naturelles d’origine biologique, qui soient biologiquement actives.

Enjeux scientifiques interdisciplinaires

La pratique de l’interdisciplinarité n’est pas nouvelle, pour nous. Nous en connaissons l’efficacité, mais nous évaluons aussi les limites des montages interdisciplinaires et les freins à la mobilisation de chercheurs de diverses disciplines autour d’une problématique commune. Dans le document I, nous proposons une analyse de la situation qui constitue, au-delà d’un discours idéologique, une réalité de terrain donnant les limites raisonnables des ambitions qui, d’une certaine manière, définit un « univers des possibles ». Ainsi, les liens sont fortement établis entre la chimie des substances naturelles, la biologie fonctionnelle, la génétique, et l’écologie. De même, la mécanique et les sciences des matériaux se regroupent avec l’écologie, la biologie, la génétique et la chimie, pour les matériaux d’origine biologique, notamment le matériau bois. Par ailleurs, les relations entre écologues, biologistes, épidémiologistes et médecins, permettent un véritable développement d’une écologie de la santé. Nous avons aussi l’espoir de mobiliser des collègues des sciences géologiques et physiques de l’environnement, pour une approche intégrée des milieux de type amazonien. En revanche, nous peinons toujours à mobiliser les sciences de l’homme et de la société à part, et encore pour une faible part, l’anthropologie et l’archéologie.

Nous pensons, dans la phase II :

  • En priorité, réaliser ou renforcer ces interdisciplinarités et, par un centrage précis sur la biodiversité, mobiliser des collègues anthropologues, ethnologues et linguistes autour d’une approche comparative des représentations de la biodiversité dans les sociétés amazoniennes.
  • De même, il serait précieux d’associer des géographes (présents au début de notre action, mais qui ont été attirés ailleurs, ou ont été dispersés par leurs institutions) et des historiens, pour une approche historique et spatialisée de la dynamique des territoires amazoniens. L’association de l’anthropologie biologique et de la linguistique permettrait de reconstituer, simultanément, une histoire de certaines sociétés amazoniennes.
  • Nous souhaitons également que la modélisation et la simulation soit intégrées « naturellement » dans la plupart de nos actions, et là nous avons une certaine expérience.

En effet, nous savons que l’espace amazonien évolue « spontanément », suite à une pression anthropique de plus en plus importante, mais peu ou pas « gérée ». De plus, les besoins prévisibles en terres agricoles accentueront cette pression. Nous savons ainsi qu’il est illusoire de vouloir mettre l’Amazonie sous cloche et si l’on tente une action protectionniste, les choses évolueront quand même d’elles-mêmes, notamment dans sa dimension sociale, mais alors de façon incontrôlée, voire débridée. Il s’agit donc de mettre en place des modes de gestion, qui autorisent un développement de ces territoires tout en utilisant et en préservant une part essentielle de leur biodiversité. Au bout du compte, il s’agit donc de mieux évaluer cette « part essentielle » et de s’attacher à mieux comprendre les processus fondamentaux gouvernant la dynamique de cette biodiversité. Il faut également identifier et examiner les relations entre les sociétés humaines d’Amazonie, ou impliquées en Amazonie, avec leur environnement biologique et écologique. Tout cela afin d’imaginer des politiques, des règles et des techniques de gestion et de valorisation, non destructrices et porteuses d’un développement économique et social à long terme.

La question est vaste, bien sûr, mais nous pensons contribuer à y répondre à travers les quelques actions scientifiques que nous pourrons raisonnablement lancer, en réunissant, autour de nos objectifs, les compétences scientifiques réellement mobilisables. L’expérience de la phase I du programme est, à ce titre, très précieuse ; nous avons maintenant une meilleure appréciation de « l’univers du raisonnablement possible ».

Enfin, notre but est aussi d’acquérir des connaissances, de développer des théories, des méthodes et des techniques à valeur générique valable au-delà de l’espace amazonien, même s’il est grand.

Partenariats

Nous avons fait et nous continuons à faire un effort important pour mettre en commun nos compétences et mutualiser nos moyens avec nos partenaires en Guyane. Actuellement nous jouons un rôle important dans deux structures coopératives : l’UMR ECOFOG (CIRAD, CNRS, ENGREF, INRA et UAG), dirigée par B. Thibaut (CNRS) et le GIS Silvolab (CIRAD, CNRS, ENGREF, INRA, IRD, MNHN, ONF, ONCFS, Parc Amazonien de la Guyane et UAG), présidé par A. Pavé (CNRS), pour la coordination et l’animation scientifique. Nous contribuons aussi de façon importante à l’élaboration du GIS Irista (Institut de recherche interdisciplinaire sur des systèmes et territoires amazoniens) qui devrait succéder à Silvolab.

 

Colloques - Rendez-vous

Journée des directeurs de PIR le 26 juin 2009 à Gif sur Yvette

Rendez-vous media - 29 avril 2009

Journée des directeurs de PIR le 27 juin 2008 à Gif sur Yvette

Présentation du programme "Amazonie" (ppt)

 

Archives des AO

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