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| Accueil CNRS > Programmes interdisciplinaires > Longévité et vieillissement | |||
| INC | INEE | INP | IN2P3 | INSB | INSHS | INSMI | INS2I | INSIS | INSU |Longévité et vieillissementDirecteur scientifique : Patrice Bourdelais
Présentation du programme1/ ContexteL’allongement de la durée de la vie est un phénomène démographique récent sans précédent dans l'histoire des peuples. Le nombre des personnes âgées de plus de 65 ans ou de plus de 80 ans a très fortement augmenté au cours de la deuxième moitié du 20ème siècle. Ce phénomène très général qui touche tous les pays présente néanmoins une grande variabilité selon les régions du monde. Cette longévité accrue représente à la fois un extraordinaire succès pour l’humanité et une évolution dont l’impact pourrait être comparable à celui du réchauffement climatique. L'analyse du vieillissement des individus et des populations, et de ses conséquences démographiques, sociales, économiques, psychologiques, philosophiques dans la société contemporaine requiert une démarche interdisciplinaire. Le phénomène de vieillissement appelle tout d’abord des recherches en biologie fondamentale et des recherches cliniques, physiopathologiques, pharmacologiques, épidémiologiques pour remédier à ses conséquences. Les recherches doivent aussi explorer la capacité que proposent les nouvelles technologies pour améliorer l’environnement des personnes âgées, notamment dans le domaine des communications, des transports et de la robotique. Le vieillissement de la population a d’ores et déjà et aura encore plus à l'avenir d'importantes conséquences économiques, sociales et de santé publique, qui demandent une modélisation prenant en compte les différents aspects du problème. À ce jour quelques pays (Etats–Unis, Canada, Angleterre) ainsi que la Commission Européenne ont développé des programmes intégrés pour aborder ce phénomène complexe. En France, le GIS « longévité » créé en 2002 a entrepris de fédérer les recherches dans ce domaine. Cependant, si le thème du vieillissement est présent dans la recherche, et a fait l’objet d’un appel à projet à l’ANR, il est souvent abordé de façon segmentée, laquelle ne répond pas aux multiples enjeux de connaissances fondamentales, qui font encore largement défaut notamment pour certaines disciplines des sciences de l’homme et de la société, et surtout ne permet pas de mettre en regard les perspectives venant de disciplines différentes. 2/ Objectifs et plus-value attendueLe programme proposé couvre un grand nombre de domaines depuis la biologie fondamentale et les sciences biomédicales jusqu’aux sciences de l’homme et de la société et aux nouvelles technologies, et comporte des objectifs pluridisciplinaires et interdisciplinaires. Un premier enjeu est d’accroître les connaissances fondamentales sur les mécanismes moléculaires, cellulaires et physiologiques qui gouvernent la longévité et de développer des traitements préventifs et thérapeutiques afin de pallier les dysfonctionnements, dérégulations et /ou diminutions des défenses de l’organisme et par là améliorer le bien-être des populations vieillissantes. Un deuxième enjeu concerne le problème fondamental de l’évolution des fonctions cérébrales et cognitives avec l’âge et des maladies neurodégénératives du sujet âgé, qui posent d’ores et déjà des questions de société importantes. Pour remédier aux problèmes de l’âge, un troisième enjeu est d’utiliser les nouvelles technologies dans leurs développements les plus récents pour pallier à l’isolement, aux risques et au handicap. Le quatrième enjeu est d’approfondir un ensemble de connaissances fondamentales sur des thématiques prioritaires depuis l’examen de la place sociale du sujet âgé jusqu’à celui de l’économie et des politiques publiques. En rassemblant les capacités de la recherche dans tous ces domaines, il devient possible de traiter de manière transversale les grandes questions liées au vieillissement et à la longévité, en comprenant mieux l’origine des maladies, des dysfonctionnements et des handicaps qui apparaissent avec l’âge, en y remédiant par des avancées médicales ou avec l’aide de technologies adaptées, en identifiant mieux les comportements de la société vis-à-vis des âges et des générations, et en évaluant les impacts économiques attendus et les politiques à mener. 3/ Enjeux scientifiques interdisciplinairesIl est clair que les différents volets présentés ci-dessus sont appelés à contribuer à la résolution de grandes questions transversales qui devront faire appel à des connaissances venant de disciplines différentes. Quelques exemples sont donnés ci-dessous.
4/ Communautés visées et structuration de la communautéToutes les communautés de Sciences humaines et sociales, de Sciences de la vie et de Sciences et technologies de l’ingénierie et de l’information. 5/ Modes d’actionConsultation par appel à proposition de rechercheL’appel à propositions de recherche sera ouvert pour l’ensemble des thèmes. Les propositions reçues feront l’objet d’une analyse par des experts qui examineront leur caractère novateur et interdisciplinaire. Des porteurs de projets de disciplines différentes pourront être invités à se regrouper. Les financements seront attribués sur la base d’une procédure souple et rapide. Avant l’appel d’offre, un état des lieux sera fait pour prendre en compte les AAP de l’ANR sur la thématique (notamment « Vulnérabilité »). Action de coordination pour les équipes retenuesDes séminaires d’échange et de valorisation seront organisés afin de coordonner les différentes recherches, de mettre en relation les équipes afin de structurer les communautés autour de ces thématiques de recherche. Les équipes retenues s’engagent à participer à ces réunions. 6/ PartenariatsPartenariats envisagés avec le GIS « Longévité », l’Inserm, l’INED, l’IreSP, le CEE, l’IRDES (panel SHARE). 7/Descriptif du programmeVolet 1 : Longévité: génome et organismeLes grandes avancées de la biologie moderne (génomique, post-génomique, biologie cellulaire, moléculaire et du développement….) ouvrent de nouvelles perspectives sur l’allongement de la durée de la vie. A l’inverse, certains changements, qu’ils soient d’origine environnementale, induits par l’industrialisation et la pollution ou dus à l’émergence de nouveaux pathogènes sont des « freins » qui impactent sur la longévité des êtres vivants. Il apparaît donc indispensable d’identifier les risques et les causes de la fragilité/ vulnérabilité, d’approfondir les connaissances sur les mécanismes qui sont à la base des capacités d’adaptation les plus idoines et de se doter de stratégies et de méthodes nouvelles pour augmenter la résistance des organismes vivants aux perturbations de leur propre fonctionnement ou des modifications de leur environnement. Par suite d’un manque de « modèles des systèmes vieillissants », nous n’avons pas encore aujourd’hui une compréhension claire des mécanismes génétiques intégrés et épi génétiques qui contrôlent les processus de la longévité, de la survie et de la réponse au stress et à l’environnement. Du coté biologique, l’étude de la longévité normale implique l’ensemble de l’analyse des grandes fonctions de tout organisme vivant et tout dysfonctionnements/altérations de ces fonctions sont des problèmes majeurs de vulnérabilité rencontrés aujourd’hui au sein de populations de plus de 60 ans.
Volet 2 : Les neurosciences, les fonctions cognitives et le vieillissementLe vieillissement chez l’homme est caractérisé par des altérations de la mémoire même en l’absence de démence, et par des déficits des fonctions sensorielles (systèmes olfactif, visuel, auditif et vestibulaire) et motrices. Les démences séniles, telles que la maladie d’Alzheimer représentent un problème majeur associé au vieillissement. Ces altérations peuvent tout d’abord être mises en relation avec des dégradations neuronales. Au niveau du système nerveux, les grands problèmes concernent la plasticité des réseaux de neurones et des synapses, l’apoptose neuronale et les cellules souches neurales. Cependant les relations entre vieillissement comportemental et modifications biochimiques, anatomiques et physiologiques identifiées sont encore mal connues et constituent un des grands enjeux des recherches. Les études neuropsychologiques devront aborder donc des fonctions particulièrement touchées: mémoire, humeur, attention, fonctions exécutives, anxiété, réponse au stress et chercher à identifier en identifier l’origine physiologique. Des connaissances fondamentales sont nécessaires pour identifier les mécanismes affectés et épargnés par le vieillissement dans la mémoire (mémoire de travail, mémoire à long terme,) dans l'attention (attention sélective, attention partagée) dans les fonctions exécutives, les conduites langagières. Si l'on sait que la variabilité interindividuelle est considérable, on ignore encore largement ses déterminants. En particulier, l'identification des mécanismes d'adaptation et de compensation cognitifs et neuronaux mis en œuvre par les personnes âgées qui connaissent ce qu'on appelle un "vieillissement réussi" n'a pas reçu une attention suffisante. Les effets du vieillissement normal sur les conduites émotionnelles est un champ émergent des neurosciences et de la psychologie cognitives. Expérience et expression émotionnelles, reconnaissance des émotions faciales exprimées par "l'autre" constituent un vecteur essentiel de la communication sociale. Dans le domaine du vieillissement normal, l'analyse des fonctions cognitives aux très grands âges constitue un champ quasi inexploré notamment dans le domaine des relations entre langage et cognition, domaine considéré comme moins vulnérable. De la même manière, les déterminants de la mortalité aux très grands âges sont encore largement méconnus tout comme l'évolution avec l'âge de l'hétérogénéité de la population. Des recherches nouvelles sur l'optimalisation du fonctionnement cognitif, sur l'entraînement et la plasticité comportementale et cognitive du sujet âgé doivent intégrer l'évaluation de la pertinence sociale des programmes d'intervention. Le recours à la perspective comparative vieillissement normal vs vieillissement pathologique demeure une stratégie de recherche productive pour comprendre les modalités du vieillissement normal des grandes fonctions cognitives. Volet 3 : La construction sociale du vieillissementCette thématique met préférentiellement en synergie les disciplines historiques, philosophiques, anthropologiques, linguistiques et sociologiques. Les sociétés occidentales sont en effet dominées par une vision des âges et des générations qui repose sur la surinterprétation des données biologiques alors que dans bien d’autres cultures la succession des générations relève d’une construction sociale, de rites de passage impliquant un travail sur le corps autant que sur les composantes de la personne. Le programme visera à l'avancement des connaissances fondamentales dans les domaines suivants :
Volet 4 : Economie et vieillissementSi les changements démographiques liés à la longévité et leurs conséquences sur l'évolution de la population active sont à peu près connus, d'autres facteurs (baisse de la fécondité) moins prévisibles vont peser sur la taille de la population active et les ratios de dépendance. Les travaux interdisciplinaires requièrent d'une part des comparaisons internationales et d'autre part des analyses longitudinales particulièrement adaptées à l'étude des changements. Les projets concerneront :
Volet 5 : Vieillissement et technologiesVieillissement et handicap sont bien souvent appréhendés ensemble lorsqu’il s’agit de concevoir et de développer des technologies innovantes visant à améliorer le confort de vie. En effet, même si les problématiques sociétales et philosophiques sont bien distinctes, les problèmes techniques et pratiques que l’on va chercher à résoudre présentent de nombreux aspects communs. Bien que le champ des technologies adressables pour un objectif de prise en charge du vieillissement soit très vaste, on peut cependant proposer trois grandes familles de technologies visant respectivement (i) le corps vieillissant, (ii) la surveillance/monitoring de l’état de santé et de la sécurité de personnes âgées dans un contexte individuel ou collectif, et (iii) l’assistance aux personnes âgées pour les tâches de la vie quotidienne, en soutien ou en suppléance. Lorsque l’on aborde la problématique du vieillissement sous l’angle des technologies, on est inévitablement conduit à adopter une démarche pluridisciplinaire. En effet, la capacité à déployer des technologies innovantes pour appréhender la question du vieillissement n’a de sens qu’en relation étroite avec des domaines scientifiques essentiels comme les sciences de la vie pour les questions liées au corps vieillissant, et comme les sciences humaines et sociales pour les questions liées à la surveillance, à la sécurité et à l’assistance/suppléance aux personnes âgées. Technologies pour imager, soigner et suppléer le corps vieillissantCes technologies incluent l’imagerie médicale et les techniques d’investigation intracorporelles. Sont également concernées : les procédés et dispositifs de fourniture de médicaments (« drug delivery »), les bio micro et nano systèmes et les équipements de chirurgie. Les prothèses et orthèses constituent aussi un important champ de recherche. Une spécificité du corps vieillissant réside dans le fait que les techniques d’imagerie et d’investigation employées doivent être compatibles avec des organes particulièrement fragiles. Par ailleurs, se posera inévitablement avec le grand âge la question de l’accumulation de dispositifs intracorporels et de prothèses, avec en corollaire la question de tolérance et l’acceptabilité d’un accroissement des technologies par les personnes concernées. Technologies de communication pour le télédiagnostic et la surveillance de l’état (de santé) de personnes âgéesLe souhait de plus en plus largement exprimé de maintien des personnes âgées à domicile a pour conséquence une demande forte en matière de solutions technologies fiables et économiquement viables pour assurer des télédiagnostics médicaux et plus généralement surveiller l’état et la situation des personnes âgées isolées. Les solutions technologies recherchées sont intrinsèquement de nature collective dès lors qu’il va s’agir de collecter et de transmettre des données sur une très large échelle pouvant atteindre plusieurs millions de nœuds d’un réseau. Ce domaine technologique est à l’interface des capteurs, de la microélectronique, des réseaux de communication et de l’informatique. Les recherches sur les réseaux de capteurs auront un rôle clé dans l’obtention de solutions technologiques. Technologies pour assister les personnes âgées dans leur cadre de vieLes technologies d’assistance et de suppléance pour les personnes âgées dans leur cadre de vie s’inscrivent aussi dans l’objectif du maintien à domicile et présentent dans un cadre commun avec les technologies développées pour le handicap. Il s’agit de fournir à des personnes à capacités cognitives ou physiques diminuées des solutions technologiques leur permettant de pouvoir vivre dans des conditions aussi favorables que possible dans des environnements complexes rencontrées dans la vie quotidienne. Il peut s’agir tout autant du lieu de vie, du quartier, que des transports urbains. Les solutions technologiques visées incluent de façon non limitative :
Ces solutions technologiques n’auront de sens que si elles s’inscrivent dans une démarche cohérente en termes d’environnement et développement durable, en particulier dans un contexte de plus en plus urbain. Les disciplines scientifiques et technologiques concernées incluent :
ColloquesJournée des directeurs de PIR le 26 juin 2009 à Gif sur Yvette3 septembre 2008 (après-midi) - Workshop, ParisParticipants à ce workshop : non seulement les membres des projets retenus et non retenus, mais également la centaine de participants au 10ème Colloque de Psychologie du « Vieillissement Cognitif » organisé par Anne-Marie Ergis (Professeur, Paris 5) qui s'est tenu les 4 et 5 septembre à Paris.
Journée des directeurs de PIR le 27 juin 2008 à Gif sur Yvette
Archives des appels d'offres
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