CNRS La lettre innovation

Partenariats, création d'entreprises, brevets, licences, événement... Retrouvez tous les mois les dernières actualités de la valorisation et de l'innovation au CNRS.

Partenariats et stratégie

Géodernergies lance ses premiers projets dédiés à une énergie sans carbone

Créé en juillet 2015, le Groupement d’intérêt scientifique Géodenergies réunit industriels et organismes publics de recherche pour promouvoir une utilisation rationnelle et une gestion durable du sous-sol au service d’une énergie décarbonée, et l’émergence de filières consacrées. Les cinq premiers projets viennent de démarrer.

illustration

Cinq projets de Géodenergies ont démarré en début d’année 2016. Le CNRS, par l’intermédiaire de quatre laboratoires1, est directement impliqué dans trois d’entre eux : « CO2 dissolved » a pour but de mettre au point un prototype couplant stockage du CO2 en sous-sol et production de chaleur géothermale ; le projet Reflet2 cherche à augmenter le succès des forages géothermiques en précisant, en amont, l’implantation et les trajectoires des puits de production et d’injection, et en réduisant les incertitudes géologiques ; Temperer3 s’intéresse à l’enregistrement d’évènements micro-sismiques de très faible magnitude pour la caractérisation de réservoirs géothermiques profonds. Les deux derniers projets lancés, Carphymcheau et Kappa Server, s’attachent respectivement à développer des connaissances sur les échangeurs géothermiques et à mettre en place une plateforme logicielle commune. 

Une deuxième salve de quatre projets, impliquant notamment quatre laboratoires CNRS4, est d’ores et déjà amorcée. Deux d’entre eux démarreront ce printemps : « Monitoring-box », qui explore une méthode de suivi du comportement d’un réservoir, en lien avec le laboratoire souterrain à bas bruit (CNRS/Université Nice Sophia-Antipolis/Université Avignon Pays de Vaucluse) ; et Rostok-H, qui s’intéresse au stockage de l’hydrogène dans les roches. Le lancement d’une troisième salve de projets devrait avoir lieu à la fin de l’année. 

Avec ces projets, Géodenergies renaît donc aujourd’hui de ses cendres sous une forme juridique différente. Au sein d’un Groupement d’intérêt scientifique (GIS) créé le 15 juillet 2015, ce consortium réunit sous une même bannière industriels et organismes de recherche du secteur de l’utilisation du sous-sol. Succédané de l’IEED (Institut d’excellence pour des énergies décarbonées) du même nom labellisé en avril 2012, ce GIS mobilise aujourd’hui 18 partenaires : 7 établissements publics de recherche5, dont le CNRS, 9 entreprises6 et un pôle de compétitivité7. Son credo : faire émerger trois filières industrielles à vocation mondiale, dédiées une exploitation rationnelle et une gestion durable des ressources du sous-sol, au service des énergies sans carbone. Il s’agit du stockage géologique du CO2, du stockage d’énergie/chaleur et de la géothermie. Bénéficiaire d’un financement de 15,9 millions d’euros alloué par le Programme d’investissement d’avenir pour trois ans, Géodenergies devrait ensuite ouvrir son capital et basculer vers une société patrimoniale. Gabriel Marquette, délégué aux relations industrielles à l’Institut national des sciences de l’univers (INSU) du CNRS, est l’actuel directeur de Géodenergies.

Les missions, en lien avec la transition énergétique, n’ont guère changé depuis les débuts : réunir, autour de projets de R&D, les différents acteurs du secteur pour mutualiser moyens et savoir-faire, accroître la connaissance, et assurer le développement technologique et la fertilisation croisée entre les trois filières à des stades de maturité contrastés. La géothermie, qui englobe les pompes à chaleur et la géothermie profonde pour des réseaux de chaleur ou production d’électricité, ne représente encore qu’un marché de niche. Le stockage géologique du CO2, gaz à effet de serre emblématique des énergies carbonées, en aquifères profonds, dans des réservoirs d’hydrocarbures déplétés ou des veines de charbon, ne sort guère du périmètre des organismes de recherche. Et le stockage massif de l’énergie sous diverses formes (air comprimé, chaleur et froid, dihydrogène H2) s’inscrit dans une réponse futuriste à l’intermittence des énergies renouvelables et la mise en place d’un circuit énergétique plus intelligent. La richesse de Géodenergies réside bien dans cette capacité à traiter un objet géologique dans son ensemble et à pouvoir gérer tous les conflits d’usage rencontrés.

Résolument tourné vers la recherche industrielle, Géodenergies espère prochainement attirer dans son giron d’autres talents et investisseurs prêts à s’impliquer dans de nouveaux projets R&D pour apprivoiser plus avant l’impact sociétal et technologique de ces filières.

1 Laboratoires impliqués dans la première salve de projets : Laboratoire d'économie et gestion de Reims (Université de Reims) ; Institut de recherches sur l’évolution de la Nation et de l’Etat (Université de Lorraine) ; Institut des sciences de la Terre d'Orléans (CNRS/Université d’Orléans/BRGM) ; GéoRessources (CNRS/Université de Lorraine/CREGU) ; Laboratoire d’économie d’Orléans (CNRS/ Université d’Orléans/Université François Rabelais) ; Laboratoire Passages (CNRS/Université Bordeaux-Montaigne/Université de Bordeaux/Université de Pau et des Pays de l’Adour/Ministère de la Culture et de la Communication/ENSAP Bordeaux).

2 Reflet : méthodologie pour la construction d’un modèle conceptuel de réservoir géothermique de type Faille dans un contexte de fossé d’effondrement.

3 Temperer : Techniques de sismiques passives pour la mise en exploitation, le suivi et l’évaluation du comportement dynamique d’un reservoir géothermique profond.

4 Laboratoires impliqués dans la deuxième salve de projets : Laboratoire sous-terrain à bas-bruit (CNRS/Université Nice Sophie Antipolis/Université Avignon Pays de Vaucluse) ; Institut des sciences de la Terre (CNRS/IRD/Université Savoie Mont Blanc/IFSTTAR/Université Grenoble Alpes) ; Observatoire des sciences de l'Univers de Rennes (CNRS/Université de Rennes 1/Université de Haute Bretagne/INRA/Agrocampus Ouest) ; Institut méditerranéen d’océanographie (CNRS/IRD/Université Aix-Marseille/Université de Toulon).

5 BRGM, CNRS, Mines Paris Tech, Université des Antilles, Université de Lorraine, Université d’Orléans, Université de Pau et des Pays de l’Adour.

6 Actys-Bee, CFG Services, DrillScan, Electerre de France, Enertime, Entrepose, Fonroche Géothermie, Géothermie Bouillante, Kappa Engineering, Solexperts.

7 Pôle S2E2.

 

Contacts :

Gabriel Marquette / Relations Industrielles de l’Institut des sciences de l’univers du CNRS / gabriel.marquette@cnrs-dir.fr

Marie Gastine / GEODERGIES / m.gastine@geodenergies.com