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Événements

Le CNRS de retour à VivaTech

Pour la deuxième année, le CNRS sera présent au rendez-vous de la tech mondiale en Europe du 16 au 19 juin, à Paris. L’occasion pour l’organisme de présenter un large panel de son savoir-faire et d'illustrer les liens entre recherche fondamentale et « deep tech ».

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« Le CNRS est un acteur majeur du paysage français de l’innovation deep tech. Une vraie dynamique est engagée pour transformer les nombreuses découvertes scientifiques réalisées au sein des laboratoires sous tutelle du CNRS en innovations prometteuses puis pour les amener sur les marchés au travers de la création de startups. Cela passe notamment par une action volontariste du CNRS en faveur de l’entrepreneuriat ainsi qu’un financement des premières étapes de la maturation des projets d’innovation, avant de passer le relais aux SATT. », assure Jean-Luc Moullet, directeur général délégué à l’innovation de l’organisme. Pour le démontrer, un nombre record de 33 start-ups s’appuyant sur des résultats de recherche issus de son réseau de laboratoires seront présentes à l’événement VivaTech https://vivatechnology.com/ cette année, pour partie sur l’espace du CNRS et pour partie sur les espaces de ses partenaires. Après une édition 2019 « particulièrement satisfaisante pour le CNRS » qui y participait pour la première fois et un report de l’édition 2020 dû au Covid-19, l’événement revient en effet du 16 au 19 juin 2021 à Paris et « s’annonce déjà comme très prometteur ». « La présence du CNRS à Vivatech témoigne de l’engagement de l’organisme aux côtés des start-up issues des laboratoires . La variété des projets présentés raconte les travaux de recherche que nous poursuivons avec tous nos partenaires et qui contribuent à relever les défis de notre société. De la recherche fondamentale à la deeptech, le CNRS est un acteur dynamique de la relance économique », souligne Antoine Petit, président-directeur général du CNRS.

« Nous serons le premier événement de ce type à reprendre en Europe après 18 mois d’interruption. », assure Julie Ranty, directrice générale de VivaTech. « Plus grand événement européen de la tech », il accueillera des grands groupes industriels, des start-ups, des investisseurs, mais aussi des universités et organismes de recherche : « Pour façonner le monde de demain, il faut s’appuyer sur le tissu de laboratoires de recherche de qualité dont la France a la chance de disposer et qui sont essentiels à la R&D et à l’innovation. » VivaTech espère ainsi « favoriser la création de ponts » entre recherche privée et recherche publique, afin de transformer les résultats scientifiques en « applications concrètes tournées vers les enjeux sociétaux, environnementaux et vers la reprise économique1 ».

Pas de ralentissement des innovations au CNRS malgré la crise

« La participation du CNRS et d’autres organismes de recherche à VivaTech montre bien l’évolution de l’écosystème français vers la “deep tech”, ces innovations de rupture basées sur des avancées scientifiques et technologiques. », détaille Johanna Michielin, directrice générale de CNRS Innovation. Ce sont par exemple de nouvelles générations de traitement du cancer basé sur des nanoparticules capables de cibler les cellules cancéreuses, des matériaux aux propriétés peaufinées selon les besoins, ou encore des solutions logicielles de stockage, gestion et traitement de données à grande échelle. Le développement de ces deep tech s’amplifie au CNRS qui fait état de près de 100 start-up créées par an dans tous les domaines, près de 7 000 familles de brevets actives, plus de 1300 licences actives et plus de 170 laboratoires communs avec des entreprises. « La crise a freiné certaines activités de recherche mais nous n’avons pas noté de ralentissement des dépôts de brevet, créations de start-up ou signatures de licences. », ajoute la directrice générale de CNRS Innovation, saluant la « belle résilience de l’écosystème » qui se retrouvera à VivaTech. Organisé en format hybride – à la fois en présentiel et numérique –, l’événement accueillera aussi des partenaires étrangers plus nombreux, venus découvrir un écosystème français « performant », la French Tech étant le premier écosystème de l'Union européenne pour les levées de fonds2.

Une opportunité qu’entend bien saisir le CNRS pour nouer de nouvelles relations et des partenariats afin de mieux soutenir la création de « start-up d’excellente qualité » issues de ses laboratoires, dans une grande diversité de thématiques.

Des innovations au cœur des enjeux de demain

Trois domaines « en phase avec l’actualité » seront particulièrement mis en avant cette année : l’hydrogène, les medtechs et le quantique. « Parfaite illustration d’un domaine qui relève encore de la recherche fondamentale et du développement de technologies de rupture », selon Johanna Michielin, le quantique se développe rapidement.

Le CNRS présentera plusieurs start-up issues de son réseau de laboratoires, qui représentent, ensemble, une force « exceptionnelle dans le paysage français », avec notamment les sociétés Quandela, Pasqal, C12 Quantum Electronics ou encore Qubit Pharmaceuticals3. Ainsi, Quandela a développé un processeur pour le calcul quantique pour lequel le support de l’information est le photon. Elle présentera à VivaTech la première source intégrée de qubits photoniques au monde, Prometheus, première brique de leur futur ordinateur quantique optique qui « incarne l’avance technique et technologique de Quandela », explique Valérian Giesz, co-fondateur et CEO de la société. Celui-ci ajoute : « Nous venons à VivaTech pour rencontrer d’éventuels partenaires financiers, dans l’optique d’une levée de fonds à venir. Mais au-delà, il est important pour nous d’être présent sur l’espace du CNRS pour mettre en valeur la force de notre collaboration public-privé », Prometheus intégrant des briques technologiques développées au CNRS depuis plus d’une dizaine d’années, couplées à l’expertise d’ingénierie de Quandela.

Autre thématique prioritaire de stratégies d’accélération de marché mises en place par le gouvernement dans le cadre du PIA4, l’hydrogène présente de multiples enjeux, de la complexité de la mise en place des technologies de piles à combustible à la concurrence du prix faible des énergies fossiles, en passant par son stockage et son transport. Il sera représenté à VivaTech notamment par les start-up H2SYS et H2pulse4. Cofondée par Daniel Hissel, médaille de l’innovation du CNRS, la première développe des piles à combustibles durables avec un meilleur rendement et une plus longue durée de vie, et des solutions hybrides hydrogène/électrique pour des applications de transport et de production d’électricité : elle présentera pendant l’événement une nouvelle génération de groupes électro-hydrogènes pour produire de l’électricité silencieusement, partout et sans aucune émission. H2pulse accompagne pour sa part les entreprises dans leurs projets de composants ou de systèmes basés sur l’hydrogène durable et développe des outils pour étudier, tester et diagnostiquer leurs besoins.

Troisième sujet phare : les medtechs, avec notamment la startup Grapheal5, créée en avril 2019, qui se concentre sur le design et la production de biocapteurs connectés, biodégradables et sans métal, qui permettent une surveillance médicale et un diagnostic continus des patients à distance en exploitant les propriétés électroniques du graphène. Deux applications sont aujourd’hui en cours de test : un patch de suivi de cicatrisation capable de détecter de manière précoce l’infection d’une plaie et son caractère chronique, et TestNpass, un test antigénique numérique ultra-rapide couplé à un smartphone pour délivrer un pass numérique personnalisé et sécurisé, utile pour les salles de spectacles, stades, croisières et aéroports. « Cela montre les capacités d’adaptation de nos chercheurs-entrepreneurs et la diversité des solutions technologiques issues d’une même recherche menée dans un laboratoire du CNRS », s’enthousiasme Johanna Michielin. Développé pour le Covid-19, TestNpass sera présenté à VivaTech : « Nous avons besoin aujourd’hui de nous faire connaître et de trouver des partenaires financiers privés ou publics pour être capables de faire monter en volume notre production », explique Vincent Bouchiat, PDG et co-fondateur de Grapheal. À VivaTech, « caisse de résonance remarquable », il espère donc attirer de nouveaux investisseurs, notamment français.

D’autres start-up seront aussi présentes sur l’espace du CNRS, comme Vibiscus qui invente l’aménagement urbain de demain en développant des matériaux programmables pour réduire le bruit dans les espaces ouverts, ou SportsDynamics6 qui propose aux clubs professionnels des plus grandes ligues de football et aux médias spécialisés des outils d’analyse des données issues des rencontres, afin de mieux comprendre ce qui a fait basculer le match en disséquant les mouvements du ballon et de l'ensemble des joueurs sur le terrain. Plus d’une vingtaine de start-up qui illustrent la diversité et la richesse des recherches menées au CNRS seront également présentes à VivaTech sur les espaces des partenaires de l’organisme, comme Damae Medical qui développe un diagnostic des tumeurs cutanées sans biopsie, BeFC avec sa biopile au glucose, ou Everzom, cofondée par Amanda Silva Brun, médaillée de l’innovation du CNRS en 2021.

« La présence du CNRS à Vivatech témoigne de l’engagement de l’organisme aux côtés des start-up issues des laboratoires et illustre notre politique volontariste pour développer l’esprit d’entrepreneuriat et la maturation technologique des résultats de recherche scientifique. La variété des projets présentés raconte les travaux de recherche que nous poursuivons avec tous nos partenaires et qui contribuent à relever les défis de notre société. De la recherche fondamentale à la deeptech, le CNRS est un acteur dynamique de la relance économique. », conclut Antoine Petit, président-directeur général du CNRS.

Les recommandations de Scale-Up Europe remises au Président

VivaTech sera aussi l’occasion pour l’initiative Scale-Up Europe https://scaleupeurope.tech/ de remettre le 15 juin au président Emmanuel Macron une synthèse de leurs recommandations à porter au niveau européen, notamment dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne en 2022. Lancée le 4 mars dernier par Cédric O, secrétaire d'État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, et la commissaire européenne Mariya Gabriel, cette initiative rassemble plus de 150 fondateurs de start-up, investisseurs, chercheurs, dirigeants d’entreprise et institutionnels européens, dont Johanna Michielin pour CNRS Innovation. Leurs réflexions autour de l’attraction et la formation des talents, l’accès aux financements, la collaboration entre les start-up et les grands groupes, et le développement des technologies de rupture doivent permettre « d'accélérer l’émergence de champions technologiques européens » sur des sujets qui relèvent souvent d’enjeux de souveraineté (numérique, santé, quantique et sécurité) face à la concurrence américaine ou asiatique. Ces réflexions seront accessibles au grand public dès le 16 juin.

 

La liste de toutes les start-up présentes à VivaTech (PDF)

Le CNRS lance la nouvelle mini-série « Deeptech, au cœur des innovations de rupture »

 

1 Cette année, les thématiques de VivaTech sont « Tech for the environnement », « Tech for society », « Tech to watch » et « Future of work ».

2 D’après le baromètre EY du capital risque publié le 11 janvier 2021.

3 Quandela est issue du Centre de nanosciences et de nanotechnologies (CNRS/Université Paris-Saclay) ; Pasqal du Laboratoire Charles Fabry (CNRS/IOGS) ; C12 Quantum Electronics du Laboratoire de physique de l’ENS (CNRS/ENS - PSL/Sorbonne Université/Université de Paris) ; Qubit Pharmaceuticals du Laboratoire de chimie théorique et de l'Institut parisien de chimie physique et théorique (CNRS/Sorbonne Université).

4 H2SYS est issue de la fédération de recherche Fuel Cell LAB (CNRS/COMUE UBFC) ; H2pulse a bénéficié d'un programme de maturation avec le laboratoire Laplace (CNRS/Université Toulouse Paul Sabatier/INP Toulouse).

5 Grapheal est issue de l’Institut Néel (CNRS).

6 Vibiscus est issue de l'Institut Femto-ST (CNRS/Université Bourgogne Franche-Comté) et SportsDynamics du LadHyX (CNRS/École polytechnique).