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Créations d'entreprise

UroMems : révolutionner le traitement de l'incontinence urinaire sévère

UroMems, start-up issue de deux laboratoires sous co-tutelle du CNRS1, développe un sphincter artificiel intelligent : un produit médical novateur pour le traitement de l'incontinence urinaire d'effort sévère qui touche plus de 30 000 nouvelles personnes par an.

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L'incontinence urinaire sévère chez les hommes, généralement consécutive à l’ablation radicale de la prostate, touche plus de 30 000 nouvelles personnes par an. Les patients qui en sont atteints sont obligés de porter un sphincter artificiel qui exerce une pression constante sur l'urètre, de façon à remplacer le muscle qui ne parvient plus à assurer l’étanchéité de la vessie. Or cette pression aboutit souvent à une atrophie, voire à une érosion des tissus et, dans bien des cas, à une récidive d'incontinence.

Hamid Lamraoui a mis au point un dispositif expérimental pour le traitement de l’incontinence urinaire sévère, dans le cadre de son doctorat sous la direction de Skandar Basrour, d’Agnès Bonvilain, de Philippe Cinquin et de Pierre Mozer au sein de deux laboratoires CNRS1 et à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière. Cela lui a valu en 2010 un prix de thèse national conjoint de plusieurs sociétés savantes dans le domaine du génie bio-médical. Pour développer le produit, Hamid Lamraoui, a ensuite créé la société UroMems en juillet 2011 avec Pierre Mozer, urologue, et Stéphane Lavallée, développeur d'affaires.

UroMems propose un sphincter urinaire artificiel « robotisé ». Cette technologie, brevetée, consiste à remplacer le mécanisme de pompe manuelle de l’implant classique par un système implantable comprenant des mini-capteurs et une mini-pompe intelligente. Les informations sur l’activité du patient, mesurées par des capteurs, sont transmises à un processeur qui calcule la pression d’occlusion optimale à appliquer (modérée, élevée ou au repos). L'implant exerce ainsi une pression optimisée sur l'urètre tout en offrant une efficacité maximale.
Grâce à une télécommande, le patient peut manier ce dispositif avec facilité et le médecin peut personnaliser l'implant, après la pose.

La société UroMems a reçu plusieurs prix d’innovation. Elle a notamment été lauréate en 2012 du concours national d’aide à la création d’entreprises innovantes du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et reçoit le soutien de Bpifrance (Oséo).
Le dispositif expérimental que propose UroMems nécessite des études de plusieurs années pour obtenir l’autorisation d’être implanté en routine sur un patient. Il a jusque-là été testé avec succès et pourrait passer en évaluation clinique d'ici quelques années.

1 Laboratoire Techniques de l’ingénierie médicale et de la complexité-Informatique, mathématiques et applications de Grenoble (CNRS / Université Joseph Fourier / Institut polytechnique de Grenoble / Agro sup) ; Laboratoire Techniques de l'informatique et de la microélectronique pour l’architecture des systèmes intégrés (CNRS/ Institut polytechnique de Grenoble / Université Joseph Fourier).

 

Contacts :
Hamid Lamraoui / UROMEMS / hamid.lamraoui@uromems.com / www.uromems.com
Philippe Cinquin / Laboratoire Techniques de l’ingénierie médicale et de la complexité-Informatique, mathématiques et applications de Grenoble / philippe.cinquin@imag.fr / T. +33 4 76 76 87 50 / http://www-timc.imag.fr /
Pierre Mozer / Hôpital de la Pitié-Salpétrière / pierre.mozer@psl.aphp.fr / T. +33 1 42 17 71 50
Agnès Bonvilain / Laboratoire Techniques de l'informatique et de la microélectronique pour l’architecture des systèmes intégrés / agnes.bonvilain@imag.fr / T. +33 4 76 57 46 12 / http://tima.imag.fr/