Origines de la vie
De la vie sur Mars?






Y a-t-il eu une forme de vie sur Mars ?


 


 

La planète Mars est, bien sûr, l'objet d'une attention toute particulière. Les lits asséchés observés par les missions martiennes Mariner 9, Viking 1 et 2, Mars Pathfinder et Mars Global Surveyor indiquent clairement que Mars a connu dans sa jeunesse des écoulements permanents de fluides.

La sonde martienne Mars Odyssey placée en 2001 en orbite martienne par la Nasa est équipée d'un spectromètre qui mesure les rayons gamma émis par le sol martien après impact des rayons cosmiques. Ce spectromètre a détecté de très importantes quantités d'atomes d'hydrogène présents en surface aux pôles mais également à soixante centimètres dans le proche sous-sol martien jusqu'à 60° de latitude nord et sud. La présence d'hydrogène signe la présence de glace d'eau, permettant ainsi d'attribuer la formation des lits d'écoulement à la présence d'eau liquide coulant jadis à la surface de Mars. La présence permanente d’eau suppose une température constamment supérieure à 0°C, température atteinte probablement grâce à l’existence d’une atmosphère dense générant un effet de serre important. Grâce à cette atmosphère, la planète a pu accumuler des micrométéorites à sa surface à l'instar de la Terre.

En 1976, les deux sondes Viking ne détectèrent ni molécules organiques ni vie à la surface de Mars sur une profondeur de quelques centimètres. En fait, le sol martien semble renfermer des oxydants puissants produits par le rayonnement solaire dans l’atmosphère et/ou par des processus photochimiques au niveau du sol. La présence d’oxydants exclut toute accumulation de molécules organiques à la surface de la planète. Des calculs de simulation suggèrent que la diffusion des oxydants dans le sous-sol ne devrait pas dépasser une profondeur de quelques mètres. L’absence de matière organique à la surface de Mars pourrait également être due à des processus de dégradation directe par les UV solaires, l’atmosphère martienne ne possédant pas de couche protectrice d’ozone. Les sondes Viking n'ont pas trouvé de molécules organiques à la surface de Mars mais en décembre 2005 on dispose de 34 météorites qui proviennent très probablement de Mars (http://www2.jpl.nasa.gov/snc/). Ce sont les météorites SNC, dont la fameuse météorite ALH 84001 présentée comme renfermant des nanobactéries martiennes fossilisées. Cette affirmation est aujourd'hui de plus en plus battue en brèche. Les microfossiles se sont très probablement formés par des processus minéraux consécutifs à des infitration d'eau terrestre. La présence de cristaux de magnétite présentée comme preuve de la présence de vie martienne dans la météorite n'est pas non plus convaincante dans la mesure où des cristaux identiques ont été obtenus en laboratoire, d'une manière non biologique. Cependant, certaines de ces météorites SNC renferment des molécules organiques. Les ingrédients qui ont permis l'apparition de la vie sur Terre étaient donc rassemblées sur Mars. Il est dès lors tentant de penser qu'une vie élémentaire de type terrestre ait pu apparaître et se développer sur la planète rouge.

En 1997, le robot martien Sojourner a analysé six sols et cinq roches autour du site d’atterrissage dans Ares Vallis. Les sols analysés sont tous identiques et très proches des sols analysés par les sondes Viking. Les roches, analysées sur quelques microns seulement, sont partiellement recouvertes de poussière du sol. La composition des roches rappelle celle de certains granites terrestres et se rapproche de celle de la croûte terrestre. Cependant, les résultats obtenus sont insuffisants pour pouvoir trancher entre une origine volcanique et sédimentaire.

Le 2 juin 2003, l'Agence spatiale européenne a lancé la mission martienne Mars Express du pas de tir de Baïkonour. La mission consistait à placer un orbiteur muni de caméras stéréoscopiques, de différents spectromètres pour analyser l'atmosphère et la composition du sol et d'un radar capable de fouiller le sol sur plusieurs kilomètres pour y rechercher l'eau liquide et la glace. Un atterrisseur, appelée Beagle 2 en hommage au bateau de Charles Darwin, devait poser une station d’analyse martienne d'environ dix kilos à la surface de Mars capablede prélever des échantillons dans le proche sous-sol à l’aide d’une "taupe" auto-enfouisseuse et dans les roches de surface à l’aide d’un bras manipulateur. Le bras manipulateur devait placer contre les roches de surface un broyeur/carottier, une caméra, un microscope, un spectromètre à rayon X (donnant la composition en éléments chimiques) et un spectromètre Mössbauer (donnant le degré d'oxydation du fer). Les échantillons prélevés devaient être analysés par un spectromètre de masse installé sur l’atterrisseur après combustion par pallier de températures, technique permettant d'analyser les molécules carbonées, c'est-à-dire d'en déterminer la nature, minérale ou organique, ainsi que sa distribution isotopique. La sonde Beagle 2 s'est correctement séparée de l'orbiteur Mars Express en décembre 2003 mais n'a plus jamais donné signe de vie depuis cette date.

Si la vie est apparue sur Mars, la recherche de ses vestiges fossilisés sera rendue plus facile que sur Terre par le fait que les sédiments martiens anciens n'ont pas été détruits par des processus tectoniques, contrairement aux sédiments terrestres.

En savoir plus…

L'eau ou la vie - vidéo - interview de Marie-Christine Maurel, biologiste, université Pierre et Marie Curie