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Allez voir ailleurs... si j'y suis !

L'espèce humaine est quasiment la seule à avoir colonisé l'ensemble du globe. Les moyens de transports nous permettent de traverser la planète en un temps record. Seulement, nous ne voyageons jamais seuls. Chacun de nous porte un cortège d'espèces vivantes avec lui.
Les populations humaines sont souvent accompagnées de chats, de chiens, de rats et de blattes qui se nourrissent de nos restes. De plus notre corps et celui de nos animaux transportent en permanence un panel de bactéries et de virus qui circulent d'individus à individus. Nos vêtements et nos chaussures contiennent quelques graines qui peuvent se déposer n'importe où et germer sur notre passage. Sans parler des introductions volontaires de plantes et d'animaux pour la chasse, la pêche, l'ornementation ou l'agriculture.

Ainsi, la mondialisation touche aussi la biodiversité. Lorsqu'une espèce se trouve en terrain nouveau et inconnu, les conditions sont parfois trop mauvaises pour qu'elle se développe. Mais à l'inverse, il arrive que les conditions soient excellentes et dans ce cas elle peut proliférer. Par exemple, l'absence de prédateur peut favoriser le développement de populations (animales ou végétales) de manière dramatique. Ces espèces sont dites envahissantes (invasive species en anglais). Le terme d'espèces invasives est également utilisé bien que la différence entre ces deux mots soit sujette à discussion.

Une espèce devient envahissante lorsqu'elle trouve des conditions idéales pour sa multiplication dans un milieu qui n'est pas son habitat d'origine. Le lapin par exemple vit dans nos contrées normalement, sans provoquer de dégâts importants. Cependant, introduit sous d'autres latitudes, il peut devenir un dangereux ravageur, en l'absence de prédateur pour réguler sa population. Des populations de lapins ont ainsi complètement bouleversé des écosystèmes d'Australie et des îles Kerguelen, dévorant les herbes rases et allant jusqu'à décimer des espèces rares comme le chou des Kerguelen (Pringlea antiscorbutica).
Les espèces envahissantes (plantes, animaux) sont en train de modifier la composition des milieux et des grands pâturages, de la savane africaine aux pâturages de rennes du Nord. Ces changements de la composition des espèces agissent sur la santé du bétail et menacent les modes de subsistance basés sur l'élevage. Les Inuits de la région arctique et les habitants des petits Etats insulaires en développement ressentent cette perturbation en raison de son incidence sur les moyens de subsistance, qui dépendent de la chasse et de la pêche.

La France compte plusieurs espèces envahissantes. Ce sont pour la plupart des végétaux introduits comme plantes ornementales dont les graines se sont disséminées hors des jardins. Il ne faut cependant pas confondre espèce envahissante et espèce étrangère. De tout temps les animaux et les végétaux ont circulé sans se soucier des frontières. Le lapin ou la carpe sont des exemples d'espèces introduites dont la présence sur notre territoire ne pose pas de problèmes.

Rédaction :

Renan Aufray (chargé de mission FRB) et Manuelle Rovillé (chargée de mission FRB)

Validation scientifique :

Robert Barbault (Directeur du département « écologie et gestion de la biodiversité » du Muséum national d'histoire naturelle)

Sources de l'article


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