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Bio-indicateurs

Précieux révélateurs vivants, les bio-indicateurs, tels que lichens, animaux, plantes, bactéries, sont des organismes utilisés pour surveiller la santé de notre environnement.

Bactéries, champignons, animaux ou végétaux, certaines formes de vie sont de précieux révélateurs de la dégradation de notre environnement. .
L'impact d'une pollution peut ainsi s'apprécier à l'aide de « bio-indicateurs » qui se situent à différentes échelles : présence ou absence de telle ou telle espèce, densité des populations ; modifications comportementales ou physiologiques observées à l'oeil nu sur des organismes considérés individuellement ; effets biologiques « invisibles » sur le métabolisme ou l'ADN, décelables seulement grâce à des analyses en laboratoire.
Des espèces vivantes ont également la propriété de concentrer dans leurs tissus les substances polluantes : l'élément toxique peut alors être dosé dans l'organisme « bio-accumulateur ».
« Bio-indicateurs et bio-accumulateurs nous aident à surveiller les pollutions, ils contribuent plus largement à une gestion écologique des milieux qui intéresse aussi bien les collectivités locales que les industriels ou les agriculteurs », résume Antonio Bispo, du département Gestion biologique et sols de l'Ademe.

Les Agences de l'eau utilisent depuis longtemps des indicateurs biologiques tels que les algues ou certaines espèces de poissons, pour jauger la qualité des cours d'eau et des lacs. S'agissant de l'air, «l'intérêt de la biosurveillance végétale n'est plus à démontrer, affirme Laurence Galsomiès du département « Surveillance de la qualité de l'air » à l'Ademe. Par exemple, le jaunissement des feuilles de tabac ou de trèfle, associé aussi à des nécroses spécifiques, indique la pollution à l'ozone ; de même, les mousses accumulent les métaux lourds issus des retombées industrielles. Les Associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) intègrent de plus en plus souvent ces outils pour cartographier les pollutions ou fournir des indices intégrés de la qualité de l'air. »

Pour le sol, ce sont souvent des espèces vivant sous la surface (micro-organismes, vers de terre...) ou en contact direct avec celle-ci (escargots, petits rongeurs...), qui sont mises à contribution en tant que bio-indicateurs.
« La bio-indication permet de mieux appréhender les pollutions locales d'origine industrielle, les pollutions diffuses dues aux retombées atmosphériques et à l'agriculture, mais aussi l'impact physique des gestions agricoles sur la qualité des sols et la biodiversité », précise Antonio Bispo.
Complémentaire des méthodes physicochimiques qui mesurent des taux de concentration de polluants, les méthodes biologiques permettent de connaître l'impact sur le monde vivant, en prenant en compte la complexité des phénomènes environnementaux : effet cumulé des différentes pollutions ; interactions entre l'air, l'eau et le sol ; diffusion de la pollution via les chaînes alimentaires liant les espèces, y compris le chaînon humain...
Simple, l'approche présente aussi un grand intérêt pédagogique : « On voit concrètement qu'une plante se porte bien ou pas, c'est plus parlant pour le public qu'un chiffre abstrait », souligne Laurence Galsomiès.

Source et rédaction :

Antonio Bispo (Coordinateur du programme Ademe "Bioindicateurs de qualité des sols") et Laurence Galsomies (Département « Surveillance de la qualité de l'air » à l'Ademe), dans le dossier Ademe et vous, N°7, Juillet 2007 « Biosurveillance, vivante vigie »


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