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Alimentation et biodiversité

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Questions d'aujourd'hui

Diversité des espèces et sécurité alimentaire


Les variétés alimentaires utilisées aujourd'hui, ont été produites à partir d'espèces sauvages. Ces dernières constituent donc les réservoirs génétiques indispensables en cas de « coup dur » pour leurs parentes cultivées (évolution climatique, maladies, parasites...) : elles doivent être préservées comme une « assurance-vie » pour l'espèce humaine. C'est ce qu'ont compris de tout temps les paysans à travers le monde, de façon empirique ou raisonnée.

Variabilité des semences de pois. Aujourd'hui, la recherche agronomique met aussi en évidence la nécessité de préserver la diversité des espèces végétales cultivées ou des races animales élevées résultant de brassages génétiques et de sélections, au même titre que celle des espèces sauvages apparentées : d'où la création de « banques de gènes » et de collections qui permettront de créer, de sauver, de re-créer des espèces nouvelles, menacées ou disparues.© Inra photothèque / ALBARET Pierre

Départ d'un chalutier pour la pêche en mer. Du côté des ressources marines, la FAO évaluait en 2003 qu'un quart des espèces pêchées dans le monde avaient disparu, étaient épuisées ou surexploitées tandis que la moitié d'entre elles étaient déjà pleinement exploitées. On observe aussi un autre phénomène : la diminution inquiétante de la taille des poissons induite par la surpêche.© Inra photothèque / WEBER Jean

Pour satisfaire la demande croissante en poissons et contrer cette surpêche, l'aquaculture se développe, non sans risques pour les ressources marines, l'environnement, la santé humaine ainsi que pour la survie des espèces marines sauvages.

Monocultures contre cultures vivrières


Une plantation de cannes à sucre au Nord Est de la Thaïlande.L'Amazonie est défrichée pour planter des champs de soja afin de nourrir le bétail des pays occidentaux ; ou bien encore l'Asie et l'Afrique sont en partie consacrées aux monocultures d'hévéa, de café, de blé, de canne à sucre ou de coton, c'est-à-dire aux matières premières spéculatives de l'économie mondiale : tout ceci se passe au détriment des cultures vivrières ! Sans oublier l'impact des changements climatiques perturbant également l'agriculture - et l'économie - par toutes sortes de catastrophes...© IRD photothèque / Maeght, Jean-Luc

On peut même envisager une aggravation de cette compétition monocultures / productions vivrières en raison de l'extension de monocultures destinées à la fabrication de carburant, en attendant que des solutions acceptables (valorisation des déchets, autres sources d'énergie) soient mises en œuvre à grande échelle.
Ni l'agriculture de subsistance, ni la protection des écosystèmes ne pèsent lourd en comparaison des échanges mondiaux, des bénéfices financiers générés. Les émeutes de la faim - entre autres celles de 2008 - ont posé le problème de la finalité des terres agricoles : nourrir une population humaine croissante ou faire rouler des véhicules ?

Débat polémique autour des OGM

Essai de peupliers OGM Orléans. L'essor fulgurant de l'étude des génomes des espèces a permis de mieux comprendre les processus du vivant et d'intervenir sur eux.
Les organismes génétiquement modifiés (OGM), proposés en agriculture par la recherche scientifique et commercialisés par les grands groupes de semenciers en réponse à l'utilisation trop massive des engrais, des pesticides et de la nécessité d'accroître encore les rendements deviennent sujets à la polémique.
Pour les uns, seules les biotechnologies viendront à bout de la malnutrition. Pour les autres, le mil résistant à la sécheresse et autres patates douces vaccinées contre les virus ne feront qu'aggraver la pauvreté. De plus, certains rappellent que la malnutrition n'est pas une affaire de sous-production alimentaire mais d'accès aux terres, de mauvaise infrastructure de distribution et de stockage des aliments récoltés, de concurrence économique mondiale et de conflits politiques... Pourtant, dans son Rapport 2001, le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) rallie la bannière des « oui », en soulignant le « potentiel unique » des OGM pour l'alimentation du monde.© Inra photothèque / PILATE Gilles

Aujourd'hui, on ne peut se faire encore d'idée précise sur les conséquences de la dissémination dans l'environnement des caractères spécifiques portées par ces OGM ni sur la dépendance économique des pays envers les groupes de semenciers que leur utilisation risque d'entraîner.

Rédaction :

Maryvonne Tissier (directrice de communication à la FRB)

Validation scientifique :

Pierre Zagatti (directeur de recherche à l'Inra)

Sources de l'article


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