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Les bio-indicateurs du sol

Les méthodes d'évaluation de la biodiversité

Résultat d'une extraction par culot de Berlèse des microarthropodes d'un sol brun forestier : on distingue divers acariens dont un Oribate (le gros rond au centre).Les indicateurs utilisés jusqu'à maintenant pour évaluer la qualité des sols étaient basés sur des propriétés physico-chimiques, les paramètres biologiques étant souvent considérés comme difficiles à quantifier et à prédire. Cependant, les organismes vivants du sol sont de précieux révélateurs des perturbations de l'environnement car ils intègrent l'ensemble des stress environnementaux (pollution chimique, état physique du sol, variations climatiques, modifications biologiques...) et renseignent ainsi sur l'état global du sol. Ils peuvent constituer des indicateurs très sensibles de changements d'état ou de fonctionnement des sols car les processus biologiques (ex : recyclage de la matière organique, symbioses racinaires, structuration du sol...) qu'ils assurent contribuent de manière importante à de nombreuses fonctions-clés du sol (Voir le chapitre C).© Inra Photothèque / FOUCHARD Marc

Des recherches sur la composante biologique des sols et le développement de bio-indicateurs - organisme (ou partie d'un organisme ou communauté d'organismes) qui renseigne sur l'état et le fonctionnement d'un écosystème - sont désormais nécessaires pour compléter les outils disponibles et renseigner sur les modifications et/ou altérations des écosystèmes du sol et plus globalement des écosystèmes terrestres.
Emissions de gaz à effet de serre (Costa-Rica)Les bio-indicateurs permettent de mieux appréhender les perturbations humaines - pollutions locales d'origine industrielle, pollutions diffuses dues aux retombées atmosphériques et à l'agriculture, impact physique des gestions agricoles sur la qualité des sols et la biodiversité - qui peuvent agir à différentes échelles : présence ou absence de telle ou telle espèce, modification de la densité des populations ; modifications comportementales ou physiologiques des organismes, effets biologiques sur le métabolisme ou l'ADN des organismes, etc.© Bruno Locatelli (www.locatelli1.net)

Un grand nombre de bio-indicateurs sont actuellement disponibles pour évaluer la biodiversité des sols et son évolution sous l'effet de facteurs anthropiques et environnementaux. Toutefois, pour être utilisable dans les programmes de surveillance des sols, un bio-indicateur doit:
-être scientifiquement connu : sa biologie et son écologie doivent être maîtrisées : alimentation, voies d'exposition aux polluants, reproduction, place dans la chaîne alimentaire...,
-être lié ou corrélé à des fonctions de l'écosystème,
-être sensible aux nuisances et aux modifications du milieu (pour rendre compte notamment des méthodes de gestion des sols et de leurs différents types de pollution)
-être facile à mesurer et à interpréter,
-être compatible avec des indicateurs physiques et chimiques de la qualité des sols,
-être robuste pour ne pas être affecté par des variations naturelles à court terme,
-avoir un faible coût.

Pour le sol, ce sont souvent des espèces animales vivant sous la surface (micro-organismes, vers de terre...) ou en contact direct avec celle-ci (escargots, petits rongeurs...), qui sont mises à contribution en tant que bio-indicateurs.

Rédaction :

Manuelle Rovillé

Validation scientifique :

Antonio Bispo (Coordinateur du programme ADEME «Bioindicateurs de qualité des sols») et Laurent Charasse (chargé de mission « Enseignement agricole et biodiversité » - FRB)

Sources de l'article


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