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Les lianes d'Amazonie

Parfois, le changement d'un seul paramètre (température, humidité, composition chimique de l'atmosphère) peut favoriser le développement d'une espèce présente au détriment de celui des autres qui, jusque là, vivaient ensemble, en interaction.

Prenons l'exemple de la forêt amazonienne qui joue un rôle important dans le climat global de la planète. Si la quantité de CO2 dans l'air augmente, la photosynthèse sera plus importante, et les végétaux vont se développer en principe plus vite. Le problème c'est que les différentes espèces d'arbres et de plantes ne répondent pas toutes de la même manière à l'accroissement du CO2. Donc à terme, certains végétaux vont prendre le dessus et les autres disparaître petit à petit.

Prenons le cas des plantes qui poussent surtout dans l'ombre comme les lianes. Des quantités élevées de CO2 vont leur permettre de capter la lumière de manière beaucoup plus efficace et de se développer dans des zones où elles ne pouvaient pas le faire avant l'élévation du taux de carbone. Et bien que toutes les plantes bénéficient de ces mêmes conditions, celles capables de s'étendre rapidement comme les lianes, vont avoir un avantage certain sur les autres. Les forêts tropicales et amazonienne en particulier stockeront donc moins de carbone par mètre carré de végétation car la mortalité des espèces sera plus grande et le turn over plus rapide.
De plus, comme partout ailleurs, certaines plantes n'arriveront pas à s'adapter à l'accroissement de la température. Si leur vitesse de migration est trop lente, elles disparaîtront. Résultat : la biodiversité globale de cette forêt tropicale diminuera avec pour conséquence une plus grande vulnérabilité face aux différents agents pathogènes et une plus grande fragilité face aux feux par exemple qui, à leur tour, alimenteront les émissions de carbone dans l'atmosphère.

D'ailleurs, lorsque les chercheurs modélisent l'impact du changement climatique sur la végétation terrestre en prenant l'hypothèse d'une biodiversité extrêmement pauvre, la température augmente considérablement dans la forêt amazonienne. Si l'on injecte une plus forte biodiversité dans ce modèle, on observe très peu de modifications des températures dans la simulation du climat de l'Amazonie. Le maintien de la biodiversité va donc jouer le rôle d'assurance dans le fonctionnement des écosystèmes.

Rédaction :

Françoise Harrois-Monin ( Journaliste scientifique)

Validation scientifique :

Serge Morand (Directeur de recherche à l'Institut des sciences de l'évolution de Montpellier - Université Montpellier 2)

Sources de l'article


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