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L'origine des grandes crises d'extinction

La plus connue des crises d’extinction - la crise « Crétacé – tertiaire » - est survenue il y a 65 millions d’années et entraîna l’extinction des dinosaures, des ammonites et de beaucoup d’autres espèces marines et terrestres. Elle transforma de façon profonde la composition des écosystèmes et eut de ce fait une influence considérable sur le déroulement ultérieur de l’évolution du monde vivant. De très nombreuses causes ont été proposées pour expliquer cette crise majeure. Aujourd’hui, la cause première semble avoir été découverte, avec la mise en évidence de la collision avec la Terre d’une énorme météorite il y a 65 millions d’années, dans le golfe du Mexique.

Bien que l’extinction en masse de la limite Crétacé-Tertiaire soit très probablement due à l’impact d’un météorite, cela n’implique pas que toutes les grandes crises d’extinction aient une cause du même type. En fait, il n’a pas encore été possible de mettre en évidence un lien entre les autres grandes extinctions et d’éventuels impacts météoritiques, même si des indices en ce sens ont parfois été signalés. Il est clair aussi qu’aucune extinction en masse n’a été étudiée avec autant de soin que celle de la fin du Crétacé.

Des phénomènes purement terrestres ont été suggérés pour rendre compte de certaines de ces extinctions. Le développement de l’anoxie (le manque d’oxygène dans les fonds marins) a par exemple été évoqué tant pour la crise de la limite Frasnien-Famennien que pour celle de la fin du Trias (dans ce dernier cas, cela explique difficilement les extinctions en milieu terrestre). Pour ce qui est de la limite Permien-Trias, des causes multiples ont été suggérées : baisse du niveau des mers, volcanisme basaltique important en Sibérie, anoxie… Force est de constater que les raisons de la plus grande des extinctions en masse restent assez obscures.
Il faut signaler que des indices d’un événement extra-terrestre ont été signalés à la limite Permien-Trias, notamment sous forme de fullerènes (molécules particulières formées uniquement d’atomes de carbone) qui seraient d’origine extra-terrestre. Le rôle d’un impact n’est donc pas forcément à écarter. De même, des indices d’un impact à la fin du Trias, avec des effets sur la végétation, ont été signalés tout récemment, et il a même été suggéré que cet événement, en provoquant des extinctions chez les vertébrés terrestres, aurait pu favoriser le développement des dinosaures, qui en étaient alors aux débuts de leur évolution. Il est trop tôt pour se prononcer de façon définitive sur la signification de ces indices d’événements d’origine extra-terrestre en liaison avec d’autres crises que celle de la limite Crétacé-Tertiaire. Mais, de même qu’on ne peut exclure des causes différentes pour chaque extinction en masse, on ne peut a priori exclure qu’elles aient toutes la même origine, venue de l’espace. Seules des recherches plus poussées le diront (peut-être).

La dernière grande crise d’extinction (la 6e) se déroule en ce moment et est liée à l’apparition d’Homo sapiens sapiens et à son extraordinaire expansion...

Pour en savoir plus : Les grandes crises biotiques et leurs causes physiques, Eric Buffetaut, dossier sagascience « Evolution, de l’origine de la vie aux origines de l’homme »

Rédaction :

Eric Buffetaut (directeur de recherche au CNRS)

Sources :

Dossier Sagascience sur l’évolution


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