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Des méthodes de gestion respectant la biodiversité

Les populations humaines n'agissent pas systématiquement à l'encontre de la biodiversité. Les méthodes de gestion du paysage qui respectent l'environnement ne manquent pas, et sont appliquées, parfois depuis de nombreuses années, par de multiples acteurs (agriculteurs, gestionnaires, structures de gestion du paysage...). Voici quelques exemples :

La mise en place des bandes enherbées

Les bandes enherbées correspondent à des zones tampons, ni cultivées ni pâturées, situées principalement entre les parcelles agricoles et les bords des cours d'eau. Ces bandes de terre ne reçoivent aucun traitement de la part des agriculteurs et sont parfois plantées de végétaux particuliers qui absorbent fortement les surplus de produits phytosanitaires provenant des parcelles agricoles. Elles permettent ainsi la diminution de la contamination par des produits polluants des rivières et des nappes phréatiques.Une bande enherbée de 6 mètres correctement réalisée peut ainsi intercepter jusqu'à 85 % des produits phytosanitaires qui ruissellent. Qui plus est, elle favorise également l'infiltration de l'eau dans le sol en filtrant les eaux de ruissellement. En outre, les bandes enherbées abritent des espèces prédatrices des « organismes ravageurs » de culture. Elles servent donc de refuges aux espèces qui ne peuvent plus vivre en zone agricole intensive. Mais ce type d'aménagement n'a pas la même portée écologique que le recours à une agriculture moins intensive. Les bandes enherbées apportent un peu de biodiversité dans un milieu qui en est très pauvre.

La fauche tardive sur le bord des chemins

Cette méthode consiste à attendre la fin de l'été avant de faucher le bord des routes, le temps que les plantes fleurissent et fructifient. Les fleurs nourrissent les insectes pollinisateurs (papillons, abeilles...) qui jouent un rôle primordial dans la reproduction des plantes et donc la création des fruits de nos vergers par exemple. Les fruits des plantes de bord de route, quant à eux, nourrissent quantité d'animaux, des rongeurs aux insectes en passant par les oiseaux. Cette méthode, très favorable au maintien d'une certaine biodiversité et dont le coût est quasi nul, puisqu'elle ne consiste qu'à déplacer les dates de fauche, a été testée en plusieurs endroits de France par les différentes gestionnaires routiers et même par la SNCF.

Le maintien des haies et du paysage de bocage

Paysage bocager près du Creusot. Le bocage, paysage d'origine anthropique, est un ensemble de parcelles de prairies séparées par un réseau de haies servant de barrières naturelles. Elles remplissent de nombreuses fonctions : le maintien des sols et la diminution de leur érosion par le vent, l'abri de nombreux animaux et végétaux, l'apport d'ombre et d'humidité pour les animaux d'élevage, la mise en place de microclimats et la filtration de l'eau et de polluants. Elles servent également de corridor biologique, c'est-à-dire de chemins utilisés par la faune ou la flore, pour relier deux écosystèmes (deux forêts par exemple). Les corridors écologiques sont très importants car en faisant la liaison entre deux écosystèmes, ils diminuent la fragmentation du paysage, source importante d'érosion de la biodiversité.© Inra Photothèque  / NOTTEGHEM P.

Par les différentes fonctions qu'elles remplissent, les haies sont une véritable source de biodiversité au sein des systèmes agricoles, ce qui se répercute positivement sur ces derniers (pollinisation, qualité des sols, microclimats...).

Rédaction :

Renan Aufray (chargé de mission à la FRB) et Manuelle Rovillé (chargée de mission à la FRB)

Validations scientifiques :

Catherine Cibien (directrice du comité français du Mab) et Jean-Claude Génot (Chargé de mission « protection de la nature» au Syndicat de Coopération pour le Parc naturel régional des Vosges du Nord et actif dans le programme Mab)

Sources de l'article


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