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Les forces d'érosion de la variabilité génétique

Pépinière de lignées de pois pour la sélection variétale.Dérive génétique, consanguinité et sélection sont les forces qui conjointement contribuent à éroder la variabilité génétique. La liaison entre la variabilité génétique et l’effectif apparaît assez clairement car, étant donné le nombre de combinaisons génétiques possibles, le nombre des individus d’une population est toujours limitant pour qu’elles soient toutes réalisées. De plus, étant donné les contributions très différentes de chaque reproducteur à la génération suivante, on a cherché à définir un effectif génétique Ne qui est l’effectif équivalent à No celui qui est observé, mais où chaque individu aurait la même contribution génétique. Du fait en particulier d’un déséquilibre de production entre sexes et du fait de l’apparentement des reproducteurs, Ne est en général très inférieur à No.© ALBARET Pierre/INRA

La dérive génétique

Lignées d'endives rouges obtenues par croisement d'endives et de chicorée Chioggia.La dérive génétique est le phénomène qui conduit à la fixation des allèles dans les lignées d’effectif génétique limité. Elle se produit à chaque génération du fait du faible effectif des fluctuations aléatoires des fréquences alléliques qui vont jusqu’à entraîner la perte de certains allèles et la fixation de certains autres. Le processus de dérive conduit donc à une érosion complète de la variabilité génétique s’il n’est pas compensé par un certain degré de migration, venant éventuellement d’autres lignées en dérive, mais qui n’auront pas fixé les mêmes allèles puisque c’est un processus totalement aléatoire.© DORE Claire/INRA

La consanguinité

Coqs des souches Y11 (à gauche) et Y33 (à droite). Le premier a été sélectionné depuis 1984 sur le poids, le poids de filet et contre l'engraissement. Le second a été laissé sans sélection.Tête de coq X33 sélectionné sur le poids vif.La consanguinité consiste à accoupler des individus parents. Elle conduit aussi à la fixation aléatoire et complète d’un allèle de chaque gène. En fait, elle ne diffère pas de la dérive lorsqu’elle est subie. En effet, en effectifs limités, un individu qui a 2n ancêtres à la nième génération retrouvera forcément des ancêtres communs à son père et à sa mère lorsque le nombre de ses ancêtres au nième degré dépassera l’effectif efficace de la population. En ce sens, dérive et consanguinité décrivent le même phénomène par des moyens différents. Toutefois, l’application de systèmes de croisements consanguins de manière active peut parvenir plus vite à la fixation des allèles. On considère en effet que 10 générations de croisements frères par sœurs suffisent pour obtenir l’homogénéité d’une lignée.
Que ce soit la dérive ou la consanguinité, c’est la variabilité intra-lignée qui s’amenuise et non la variabilité entre lignées.© SLAGMULDER Christian/INRA © SLAGMULDER Christian/INRA

La sélection

C’est la sélection seule qui, en décidant finalement de ne retenir que certaines lignées, va occasioner la grande chute de variabilité.

Rédaction :

Bertrand Langlois, directeur de recherches à l’INRA, Centre de recherches de Jouy-en-Josas, Station de génétique quantitative et appliquée.


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