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Génétique et biodiversité

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La gestion des populations en danger

Pour essayer de limiter le déclin des populations menacées, un certain nombre de recensements, règles et recommandations ont été mis en œuvre.

La Liste rouge de l’UICN

Vautour fauve, Gyps fulvus. Ces vautours ont été réintroduits au début des années 80 dans la région des gorges du Tarn et de la Jonte, sur le Causse Méjean, après y avoir été décimés dans les années quarante par des tirs ou des empoisonnements. À l'heure actuelle, la colonie comprend plus de 130 couples nicheurs. Ce programme de conservation est géré et suivi localement par la Ligue pour la Protection des Oiseaux et le Parc National des Cévennes.Grâce à la Liste rouge de l’UICN (Union mondiale pour la nature), on sait aujourd’hui de façon sure que 12% des espèces d’oiseaux, 23% des mammifères, 32% des amphibiens, 42% des tortues et un quart des espèces de conifères sont menacées d’extinction mondiale.
Adonis flammea, goutte de sang (renonculacées), espèce menacée de disparition.diaporamaLa Liste rouge de l’UICN est retenue par la Convention sur la diversité biologique comme un indicateur privilégié pour suivre l’état de la biodiversité dans le monde.
La classification par l’UICN d’une espèce ou d’une sous-espèce dans l’une des trois catégories d’espèces menacées d’extinction (en danger critique d’extinction, en danger, vulnérable), s’effectue par le biais d’une série de cinq critères quantitatifs. Ces critères sont basés sur différents facteurs biologiques associés au risque d’extinction : taux de déclin, population totale, zone d’occurrence, zone d’occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.© CNRS Photothèque/SARRAZIN François© CNRS Photothèque/DREUILLAUX Jean-Michel© CNRS Photothèque/DREUILLAUX Jean-Michel© CNRS Photothèque/DREUILLAUX Jean-Michel

Les accords internationaux

La Convention de Washington (1973) réglemente le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

Quercus rubra, chêne rouge d'Amérique, une des espèces remarquables de l'arboretum Robert Ruffier-Lanche. L'arboretum, situé au nord du campus universitaire de St Martin d'Hères à Grenoble, a été créé il y a une quarantaine d'années. Ce conservatoire d'espèces végétales rares regroupe plus de 300 essences d'arbres sur 1,5 ha.Des mesures conservatoires ont également été prévues.
- La Convention de Berne (1979) :
Entrée de la chambre forte du Svalbard Global Seed Vault. relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe, elle concerne notamment la mise en défends dans des réserves naturelles, la culture en jardin botanique ou arboretum, l’élevage en zoo.
- La Convention de Bonn (1979) :
elle porte sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage et vise à leur protection.
- D’autre part, un certain nombre d’actions témoignent aussi d’une réelle prise de conscience :
Schéma de la chambre forte du Svalbard Global Seed Vault.l’implantation en Norvège d'un conservatoire international de graines issues d'espèces et de variétés utilisées pour l'alimentation, le Svalbard Global Seed Vault, inauguré le 26 février 2008; le réseau des conservatoires botaniques nationaux; en France, la mise en place du Bureau des ressources génétiques animales, végétales et microbiennes.© CNRS Photothèque/AUBERT Serge© Mari Trefe/Svalbard Global Seed Vault – Global Crop Diversity Trust© Global Crop Diversity Trust

Les particularités des espèces domestiques

Chevaux de Camargue.diaporamaPorcelets de race Bayeux.diaporamaEn 2050, la population mondiale sera de 9 milliards d’habitants ce qui requerra une augmentation de 50% de la production d’aliments.
Il en résultera une industrialisation accrue des productions animales et végétales: peu de races, gérées par peu de compagnies commerciales dans des conditions de production industrielles standardisées, remplaceront beaucoup de races locales. Cela entraînera une perte de diversité génétique et une perte des valeurs historiques et culturelles associées, ainsi qu’une modification profonde du paysage.
Cette perte rapide de variabilité doit être contrebalancée par des actions de mise en réserve et de protection qui sont autant d’assurances vis-à-vis des changements brutaux des conditions de production.
Depuis les années 1970, les milieux agricoles se sont donc peu à peu sensibilisés à cette problématique. L’inventaire des sous-espèces domestiques menacées est maintenant réalisé à l’échelon mondial par la FAO (dans le cas des espèces domestiques, ce sont des sous-espèces que l’on cherche à conserver et non pas des espèces comme dans le cas des espèces sauvages).
Triomphe de Jodoigne, variété ancienne de poire obtenue en 1830 par M. Bouvier, bourgmestre de Jodoigne (Belgique). Peinture à l’huile de Madeleine Huau (1906–1978).Il faut maintenant:
Variété ancienne de tomates Poire jaune.- tendre à rendre l’élevage des races domestiques en voie de disparition de nouveau viable économiquement, par le jeu de produits d’appellation.
- essayer de maintenir l’effectif génétique autour de 100 ce qui contient l’augmentation de consanguinité de l’ordre de 0,5% par génération. L’usage de la cryo-conservation de sperme ou d’embryons peut alors se révéler très utile en gardant un éventail plus large d’origines et en rallongeant l’intervalle de génération par l’usage de reproducteurs anciens.
Variété ancienne de melon de type cantaloup.- conduire au mieux les populations d’effectif limité grâce à l’apport des nouvelles technologies fondées sur les puces de SNP à haute densité (single nucleotid polymorphism) afin de répondre au dilemme de Noé (quelle races sauver si nous n’avons pas les moyens de les sauver toutes, ce qui suppose de caractériser leur originalité génétique) et gérer la variabilité inter et intra-population pour mieux maîtriser les migrations ou croisements entre populations. En particulier, la situation d’identité d’un très grand nombre de marqueurs permet d’accéder à la parenté de deux individus, sans qu’il soit nécessaire de connaître leur pedigree.© CATTIAU Gilles/INRA© CATTIAU Gilles/INRA© CATTIAU Gilles/INRA© WEBER Jean/INRA© CATTIAU Gilles/INRA© WEBER Jean/INRA© LATERROT Henri/INRA© PITRAT Michel/INRA

Rédaction :

Bertrand Langlois, directeur de recherches à l’INRA, Centre de recherches de Jouy-en-Josas, Station de génétique quantitative et appliquée.


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