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Agriculture productiviste : et la biodiversité dans tout ça ?

Après la dernière guerre mondiale, l'agriculture s'est orientée vers la productivité, par sélection et amélioration des variétés végétales et animales, usage d'engrais et de produits phyto et zoo-sanitaires, mécanisation et changement d'usages des sols : déforestation, démembrement des bocages, urbanisation, infrastructures de transports... Rappelons qu'en ce moment même, sévissent encore famines et disettes dans les pays les moins favorisés ; que celles-ci touchent plus de 850 millions d'êtres humains et que l'agriculture manuelle, sans tracteurs ni machines... et sans animaux de trait, reste dominante aujourd'hui dans le monde.

De nombreux problèmes environnementaux

Pivot d'irrigation de 360 mètres de long sur une parcelle de maïs dans une ferme berrichonne près de Brinay (18). Le maïs est une plante introduite qui demande de grandes quantités d'eau pour pousser.Les techniques productivistes induisent de nombreux problèmes environnementaux : déforestation ; érosion des sols due à la mécanisation ; destruction d'habitats d'espèces « emblématiques » ou non ; désertification ; pollution des eaux souterraines, fluviales et marines ; traitements chimiques entraînant des pollutions pouvant affecter les insectes pollinisateurs ou les micro-organismes régénérant les sols agricoles ; concentration de polluants chimiques dans les chaînes alimentaires, et donc dans l'homme lui-même : le lait maternel se trouve ainsi contaminé par les pesticides, les plastifiants, les antibiotiques... Sans parler des migrations de populations et de l'urbanisation croissante, de la surproduction, de l'uniformisation des goûts, de la surconsommation et des problèmes de santé qui en découlent.© Inra photothèque / BOSSENNEC Jean-Marie

Une perte de biodiversité constatée

L'agriculture, dont la pression augmente avec l'accroissement de la population et l'urbanisation, devient un des facteurs majeurs des dégâts subis par la biosphère.
Ces zones d'agriculture intensive sont souvent dites de « biodiversité ordinaire ». On y observe une perte de biodiversité directement corrélée à la monoculture, à la mécanisation et aux intrants qui y sont utilisés, et certains groupes fonctionnels (recycleurs, pollinisateurs...) sont particulièrement touchés par l'intensification agricole. Ces zones ont par ailleurs tendance à occuper de plus en plus de surface dans les pays développés et dans les pays émergents. La recherche scientifique commence seulement à s'intéresser à la connaissance, à la gestion et la préservation de la diversité biologique de ces zones : le champ de l'agronomie s'ouvre maintenant sur celui de l'écologie.

Prise de conscience

Moisson de blé dur dans une parcelle agroforestière expérimentale adulte près de Vézénobres. La complémentarité des arbres (ici des peupliers) et des cultures permet aux parcelles agroforestières d'être plus productives qu'un assolement de parcelles de cultures pures. Par ailleurs la biodiversité d'une parcelle agroforestière est beaucoup plus importante que celle d'une parcelle agricole : l'arbre et la bande de sol non cultivé au pied des arbres abritent de très nombreuses espèces végétales et animales qui sont exclues des parcelles agricoles, et qui peuvent contribuer à la protection des cultures contre les ravageurs.La prise de conscience s'est opérée, surtout après le Sommet mondial de la Terre de Rio de Janeiro en 1992 : comment rendre l'agriculture compatible avec un développement durable global ? Accroissement de la population, tendance forte à l'augmentation de l'apport en viande dans le régime alimentaire des sociétés industrialisées ou en passe de le devenir -production carnée très gourmande en ressources agricoles-, recherche de nouvelles sources d'énergies sous forme d'agro-carburants ... vont encore augmenter la pression sur les sols et donc sur la biodiversité. Des choix doivent s'envisager : par exemple la baisse de la consommation de viande pourrait réduire les besoins en espaces productifs.© Inra photothèque / DUPRAZ Christian

Rédaction :

Maryvonne Tissier (directrice de communication à la FRB)

Validation scientifique :

Pierre Zagatti (directeur de recherche à l'Inra)


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