Mante religieuse-phasme


Papillon diurne sur des feuilles de ronce


Abeille butinant une rose-trémière

 

 

 

Caméléon

 

 

 

 

Paon faisant
la roue

 

 

 

 

Coq de roche

 

 

 

 

Chêne rouge

 

 

 

 

Lis orangé

 

 

 

 

Bourdon pollinisateur

 

 

 





La diversité et l'harmonie des couleurs des paysages, des plantes, des animaux, des minéraux nous émerveillent. "Les couleurs sont les sourires de la Nature" disait le poète anglais Leigh Hunt. Qui n'est pas fasciné par la beauté des pierres précieuses, joyaux de la nature, dont les couleurs ont une origine souvent complexe, à l'exception du pur diamant incolore. Les teintes des fleurs, aussi délicates que variées, agrémentent notre quotidien ; quelle alchimie subtile en est responsable ? Quant aux couleurs des animaux, si l'on comprend bien leur origine chimique et/ou physique, elles sont loin d'avoir livré tous les secrets du rôle qu'elles jouent dans le règne animal. La nature nous offre également des spectacles lumineux souvent étonnants (arc-en-ciel, rayon vert, aurores polaires, couronnes, halos, etc.). Mais nous nous limiterons aux couleurs des minéraux, des végétaux et des animaux.

Le rôle des couleurs dans la nature et l’environnement

Les couleurs des animaux ont en particulier un rôle physiologique. La protection contre la lumière solaire, et surtout le rayonnement UV, est en effet assurée par les pigments, et principalement les mélanines, dont la formation peut être stimulée par la lumière (c’est précisément l’origine de l’aspect bronzé de la peau humaine). La quantité de lumière absorbée est d’autant plus grande que les pigments sont foncés : il en résulte une augmentation de température d'autant plus importante. Les papillons mettent à profit les pigments et la structure de leurs ailes pour capter le maximum de lumière solaire, ce qui leur permet d’échauffer leurs muscles servant à leur envol. Certaines espèces animales sont capables de réguler leur température grâce à des changements de couleur.

Les couleurs des animaux jouent également un rôle écologique, c’est-à-dire un rôle dans les relations avec d'autres animaux et avec le milieu. Les pigments sont mis à profit pour se camoufler, effrayer des prédateurs ou les abuser, attirer un partenaire sexuel, alerter d'autres animaux, etc. Plusieurs espèces ont, par exemple, la faculté par mimétisme de prendre des couleurs très voisines de celles de leur environnement (homochromie) : phasmes, papillons-feuilles, poissons plats sur des fonds sableux … et le fameux caméléon. Ce dernier peut provoquer un changement de couleurs en modifiant la répartition spatiale de pigments foncés contenus dans des cellules ramifiées situées à la surface de son corps. Lorsque les pigments sont au cœur de ces cellules, ils ne sont pas visibles de l'extérieur, et seules apparaissent les autres couleurs de l'animal. Mais lorsque les pigments migrent dans les ramifications, couvrant ainsi une grande surface, la peau prend diverses teintes plus ou moins foncées. Le caméléon stimule ce changement de couleur selon ce qu'il voit pour se camoufler bien sûr, mais aussi pour effrayer un prédateur, ou bien courtiser une femelle…

Sur ce dernier point, le rôle que jouent les couleurs dans le rapprochement entre mâles et femelles est bien connu. Le plus bel exemple est la roue multicolore et iridescente du paon mâle. En période de reproduction de certains oiseaux ou poissons, les mâles prennent des couleurs vives.

Enfin, la couleur des animaux permet également d’abuser les prédateurs. Par exemple, certains serpents inoffensifs ressemblent à des espèces venimeuses afin de ne pas être la proie des prédateurs. Autre exemple : le faux-bourdon qui ressemble à un frelon, mais ne pique pas.

Et les magnifiques couleurs de certains arbres en automne jouent-elles un rôle ? Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que les pigments rouges servent d’écrans solaires aux feuilles tandis qu’elles libèrent certains de leurs constituants (éléments nutritifs) dans les tissus de l’arbre, en vue de la croissance l’année suivante. D’autres pensent au contraire que la couleur rouge joue un rôle protecteur contre les insectes, car elle avertit de la présence de poisons, ce qui doit décourager les insectes comme les pucerons de pondre leurs œufs dans les interstices de l’écorce. Ainsi sont évités, au printemps suivant, les dégâts provoqués par les pucerons se nourissant de la sève des arbres.

Quant aux fleurs, au delà du plaisir des yeux qu’elles nous procurent, leurs couleurs jouent avant tout un rôle utile. En premier lieu, il s’agit d’un rôle physiologique qui est souvent mal connu. Par exemple, les flavonoïdes sont mis en jeu dans la plupart des oxydations végétales, d’où leur importance dans le métabolisme. Ils peuvent également avoir une influence sur la germination, la croissance et la respiration. Ils servent enfin de pigments protecteurs : antioxydants puissants, ils piègent les radicaux libres et assurent ainsi la protection de la plante vis-à-vis des agressions de la lumière solaire. Les fleurs de haute altitude, comme les roses de Colombie, se protègent de l’intense rayonnement ultraviolet à l'aide de pigments flavonoïdes.

Les couleurs des fleurs interviennent également dans la répulsion des prédateurs ou, au contraire, dans l'attraction des insectes en vue de la reproduction : il est bien connu que c’est en apportant du pollen venant d'une fleur mâle que les insectes pollinisateurs assurent la fécondation d'une fleur femelle. Les animaux ont une attirance plus grande pour certaines couleurs que pour d'autres, mais il est important de souligner que leur vision des couleurs est différente de la nôtre. Les abeilles par exemple ne distinguent pas le rouge, mais sont sensibles à l'ultraviolet.

Enfin, il faut remarquer que le parfum des fleurs joue un rôle souvent plus important que les couleurs dans l'attraction des insectes.

 Bernard Valeur
Conservatoire National des Arts et Métiers

     
 

B. Valeur, Lumière et Luminescence, Belin – Pour la Science, 2005.

S. Berthier, Iridescences. Les Couleurs Physiques des Insectes, Springer, Paris, 2003.

D. K. Lynch, W. Livingston, Color and Light in Nature, Cambridge University Press, 2001.

P. Murphy, P. Doherty, The Color of Nature, Chronicle Books, San Francisco, 1996.

   
 

 

Pour en savoir plus...

  Les couleurs des minéraux

Les couleurs des végétaux

  Les couleurs des animaux

 

     
 


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