Le voyage d'un naturaliste autour du monde

ETAPE 1

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Le voyage de Darwin

ETAPE 1

27 décembre 1831
Plymouth


Plymouth, côte sud-ouest de l’Angleterre. Bloqué à quai depuis plus d’un mois par le mauvais temps, un voilier de 240 tonneaux affrété par l’amirauté britannique quitte enfin le port : c’est le HMS Beagle (His Majesty’s Ship Beagle). A son bord, 76 hommes d’équipage et passagers dont l’un va révolutionner notre vision du monde vivant… Mais pour l’heure, Charles Darwin n’est encore qu’un jeune homme de 22 ans, enthousiaste et complètement novice. Il est le naturaliste de l’expédition et récoltera des échantillons tout au long du voyage. Robert FitzRoy, capitaine de la marine royale, de quatre ans son aîné, est en charge de cette expédition autour du monde. L’objectif premier de l’équipage n’est pas d’étudier la flore, la faune ou les fossiles. Il s’agit de procéder à des relevés cartographiques et à des mesures chronométriques débutées lors du premier voyage du Beagle de 1826 à 1830. Trois passagers très atypiques font également partie de l’aventure. Ce sont des "sauvages" de la Terre de Feu, la pointe sud du continent américain, pris en otages lors de la mission précédente. Après avoir reçu un brin d’éducation à l’anglaise, ils vont être ramenés chez les leurs!

Darwin, "le philosophe", comme le baptiseront rapidement les marins du bord, est arrivé là un peu par hasard. Fraîchement diplômé de Cambridge où il a suivi des études de pasteur, ponctuées de cours de botanique et de géologie, cette invitation au voyage ne lui était pas destinée. Mais, le naturaliste initialement choisi ayant décliné l’offre, une opportunité hors du commun lui est ainsi offerte.

Fils et petit-fils de médecin, il s’était d’abord lancé dans des études de médecine qu’il arrêta en raison d’une trop grande sensibilité. Mais son goût pour la nature, la biologie et la géologie est resté intact. Un intérêt que semblait partager son grand-père. En témoigne son ouvrage Zoonomie dans lequel on décèlera les prémices de l’évolutionnisme. En 1831, cette théorie selon laquelle les espèces ont évolué en s’adaptant à leur milieu est déjà dans l’air du temps grâce aux travaux de scientifiques tels Maupertuis, Buffon et Lamarck. Mais il ne s’agit encore que d’hypothèses pour la communauté scientifique de l’époque. Le voyage sur le Beagle sera donc déterminant. Car c’est de cette expérience unique qu’aboutira, 28 ans plus tard, la publication du livre L’Origine des espèces dans lequel Darwin expose le mécanisme de l’évolution au travers de sa théorie sur la sélection naturelle. Cet ouvrage provoquera un véritable scandale en bousculant le dogme religieux alors en vigueur selon lequel toutes les espèces vivantes ont été créées par Dieu et n’ont pas changé depuis. Et dire que le capitaine FitzRoy avait failli éconduire le jeune Charles sur le seul critère de la forme de son nez qui ne lui paraissait pas témoigner d’une énergie et d’une détermination suffisantes pour une telle aventure!

Mais en cette fin du mois de décembre, Darwin est bien loin de deviner la révolution qu’il va engendrer. Jeune explorateur naturaliste, un peu dilettante, mais ayant un sens aiguisé du détail, il a les yeux rivés sur la prochaine étape, prêt à tout noter dans son petit cahier jaune. Cap sur les îles Canaries, à l’ouest du Maroc.

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