Le voyage d'un naturaliste autour du monde

ETAPE 8

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Le voyage de Darwin

ETAPE 8

Du 10 juin 1834 au 4 février 1835
Iles Chiloé, Valparaiso, les Andes, archipel des Chonos, éruption volcanique, tremblement de terre


Dans la matinée du 10 juin, le Beagle se jette dans le Pacifique! Après un arrêt sur les îles Chiloé battues par la pluie, le navire se dirige vers la ville chilienne de Valparaiso qu’il atteint le 23 juillet. Les explorateurs resteront près de trois mois et demi sur cette partie de la côte du Chili. Ce sera l’occasion de nombreuses expéditions au pied des Andes qui émerveilleront Darwin.

Au nord du port de Valparaiso, il observe de grandes couches de coquillages situées quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Pour notre naturaliste, il est évident que toute cette ligne de côte a été soulevée. La région est aussi creusée de nombreuses mines témoignant de la fièvre de l’or embrasant le pays. A Jajuel et à Yaquil, Charles découvre des mineurs au teint blafard, passant leurs journées entières dans ces sous-sols riches en minerais. Dans ce contexte de pauvreté aiguë, Darwin rencontre un vieillard qui a bien du mal à comprendre que l’Angleterre envoie au Chili un homme dont la seule occupation semble consister à pourchasser lézards et scarabées ou à casser des pierres! La végétation du pays est bien maigre: vilains palmiers, plantes rappelant les cactus, vergers et quelques acacias rabougris. La faune n’est pas plus abondante. Certains oiseaux amuseront toutefois Darwin comme le Tapacolo qui montre son postérieur, le ridicule Turco aux cris assourdissants et un oiseau-mouche très rapide. En revanche, les pumas sont nettement moins divertissants. L’un d’entre eux tuera deux hommes et une femme durant le séjour dans ces contrées chiliennes!

Fin septembre, Darwin tombe malade. La fièvre le cloue au lit, à Valparaiso, jusqu’à la fin du mois suivant. Mais il parvient tout de même à envoyer un lot de spécimens en Angleterre. Une fois remis, il apprend que le capitaine FitzRoy a fait une dépression. La surcharge de travail et la réprobation de l’Amirauté concernant l’Adventure, un bateau de renfort que FitzRoy avait acheté sans en informer ses supérieurs, l’ont épuisé. Il a même ordonné à un de ses lieutenants de le remplacer aux commandes du Beagle, de terminer le relevé des côtes au Sud, de se diriger vers le Cap Horn, puis de rentrer directement en Angleterre! Fort heureusement, le lieutenant refusa. Une décision inverse… et la théorie de la sélection naturelle n’aurait peut-être jamais vu le jour. Finalement, le capitaine se ressaisit et, le 10 novembre, le voilier quitte Valparaiso pour une deuxième visite aux îles Chiloé.

Le 21 novembre, le navire jette l’ancre dans la baie de San Carlos, capitale des Chiloé. Ces îles balayées par la tempête sont couvertes de forêts marécageuses et souvent impénétrables. Quelques jours plus tard, le volcan Osorno se met à cracher des torrents de fumée… Darwin rencontre des habitants très pauvres dont des Indiens convertis au christianisme. Toutefois, il se murmure que ces derniers pratiquent encore quelques étranges cérémonies au cours desquelles ils converseraient avec le diable dans des cavernes… Sur les différentes îles de l’archipel, le jeune naturaliste observe la faune et la flore. Il découvre une sorte de gigantesque rhubarbe sauvage, des lauriers odoriférants, des cèdres rouges, des pins Alerce, des hêtres méridionaux rabougris et un renard apparemment indigène.

Vers la mi-décembre, le bateau pénètre dans l’archipel des Chonos, au sud des Chiloé. Lors d’une magnifique randonnée, Darwin tombe sur des traces témoignant du passage d’un homme dans cette contrée pourtant inhabitée… L’explication viendra quelques jours plus tard. En effet, les explorateurs tombent nez à nez avec des matelots qui ont déserté un baleinier américain. Ils errent depuis quinze mois sur la côte sans savoir où ils se trouvent! Leur accueil à bord du Beagle les sauve d’une mort certaine. Le nouvel an 1835 sera marqué, sans surprise, par une énième tempête. Ce temps épouvantable n’empêche pas le courageux naturaliste de multiplier ses observations affûtées: troupeaux de phoques puants, vautours prêts à dévorer leurs cadavres, cygnes à cou noir, cormorans, sternes, goélands, loutres, castors, oiseaux aboyeurs, myriades de pétrels, champs de fuchsias…

Le 18 janvier, le voilier est de retour dans la baie de San Carlos aux Chiloé. Le lendemain, Darwin assiste à l’éruption de l’Osorno! Il apprendra plus tard que plusieurs volcans de cette partie de l’Amérique du Sud sont entrés en éruption le même jour et s’interrogera sur leur possible communication souterraine.
Le 4 février les explorateurs filent vers Valdivia sur la côte chilienne où les attend…un tremblement de terre!

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