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Lunettes intelligentes
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 "Parmi mes étudiants en informatique, des non-voyants utilisaient une plage tactile, une tablette hérissée de minuscules picots amovibles, se levant ou s’abaissant, afin de former des caractères en braille ", se souvient Edwige Pissaloux, du Laboratoire de Robotique de Paris, à Fontenay-aux-Roses (CNRS FRE 2507).

"La tablette traduisait aussitôt les mots affichés sur l’ordinateur. Cela m’a donné l’idée d’en fabriquer une pour afficher en braille un plan de ce que nous voyons en marchant." Bref de " traduire " instantanément en 2D une scène 3D. Donc, si devant vous se dressent un poteau et un bureau, sur la tablette se lèveraient une poignée de picots délimitant un petit cercle d’une part, et un rectangle d’autre part, tout en respectant les distances à l’échelle de la tablette.

 L’utilisateur n’aurait qu’à passer la main sur la scène miniature ainsi affichée pour appréhender les obstacles qui lui font face. Tandis que sa propre position serait signalée par une encoche sur le bord de la tablette. L’estimation des distances est immédiate, sachant que l’espace entre deux picots correspond à un pas de l’utilisateur.

" Les picots signalant les trous, obstacles des plus dangereux, seront pointus", précise Edwige Pissaloux. Et, afin d’indiquer un obstacle en déplacement (une voiture par exemple), les picots pourront vibrer.

 


 


 "Notre dispositif, baptisé " lunettes intelligentes ", complèterait parfaitement la canne blanche des non-voyants", s’enthousiasme la chercheuse.
"Car celle-ci se révèle peu pratique dans les escaliers descendants. Les non-voyants n’y ont en effet généralement pas la place de promener leur canne à cause du monde. Même en se tenant aux rampes, ils tombent souvent ", fait-elle remarquer.

"Sans parler des obstacles en déplacement et de ceux qui se trouvent en hauteur (contre lesquels on risque de se cogner) tout aussi inaccessibles à la canne balayant le sol". Avec le système développé au LRP, en collaboration avec le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) de Fontenay-aux-Roses et L’Australian National University, le non-voyant accède au contraire à une perception globale et instantanée de la scène. Et il peut anticiper les obstacles.


 Bien sûr, avant de les afficher sur la tablette, il faut identifier arbres, poteaux, trou, mur, etc. La méthode, totalement non-invasive par rapport à l’environnement, est fondée sur la vidéo. Deux caméras miniatures montées sur les branches d’une monture de lunettes ordinaires se chargeront donc de capter la scène à traduire, à 3 ou 4 m devant.

" Avec une seule caméra, précise Edwige Pissaloux, on n’obtient que des images en deux dimensions. Impossible dans ce cas de savoir à quelle distance se trouvent les objets. Mais avec deux images vidéos, il est possible d’accéder à la troisième dimension, la profondeur ", rappelle la chercheuse. Exactement comme avec nos deux yeux. Ils captent chacun une image du paysage sous deux angles légèrement différents. Ensuite, notre cerveau les superpose, et obtient une vue en 3D, ce qui nous permet d’appréhender les distances. Dans le cas des " lunettes intelligentes ", un traitement mathématique des images captées par les caméras permettra de repérer les obstacles et leur éloignement.


 Un premier prototype devrait voir le jour en 2005 ou 2006. Dans la version finale, vers 2013 sans doute, la tablette de la taille d’une disquette informatique tiendra dans la poche. Grâce aux progrès des nanotechnologies, elle comportera des milliers de picots, à moins de deux millimètres les uns des autres ! Et fonctionnera aisément au rythme de la marche de l’utilisateur. Inquiète de la future utilisation de son invention, Edwige Pissaloux s’est adressé à l’Institut National des Jeunes Aveugles (INJA).
" Je voulais vérifier que cette façon de représenter l’environnement serait facilement interprétable pour les non-voyants ", raconte-t-elle.

" J’ai été plus que rassurée : Mme Monique Cierco, professeur de locomotion, m’a dit qu’elle faisait faire à ses élèves exactement le même type de carte en 2D après leur avoir fait toucher les objets et murs qui les entourent ! "

 



 


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