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Le CNRS recrute 25 postes de Chaires de professeur junior

CNRS

Avec un « package d’entrée » avoisinant les 300 000 euros et une promesse de titularisation en fin de contrat, ces nouveaux recrutements ont notamment pour objectif d’attirer des scientifiques par-delà l’ESR français. Les candidatures sont ouvertes du 20 mai au 31 août.

Le CNRS recrute 25 Chaires de professeur junior (CPJ) dans de nombreux domaines scientifiques allant de la métallurgie durable à l’intelligence artificielle, en passant par la science ouverte ou encore l’habitabilité de la Terre (liste complète ici). « Ces postes représentent une réelle opportunité pour renforcer l’attractivité de la recherche française et celle du CNRS. Ils vont attirer des profils intéressants— notamment des scientifiques en poste à l’étranger qui auraient envie de venir travailler en France », affirme Antoine Petit, président-directeur général du CNRS.

Financées par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) et l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), les CPJ bénéficient d’un « package d’entrée » moyen de 200 000 euros sur une période allant de trois à six ans auquel le CNRS rajoute un contrat doctoral (soit environ 110 000 euros) pour permettre au candidat de mener des recherches de pointe.

Ces nouveaux contrats, prévus dans l'article 4 de la Loi de programmation de la recherche (LPR) de 2020, créent une nouvelle voie de pré-titularisation conditionnelle qui vient en complément des méthodes de recrutement existantes pour les chargés de recherche et les maîtres de conférences. En 2022, le MESRI a ouvert 137 chaires de professeur junior (CPJ) dont 88 dans les établissements d’enseignement supérieur et 49 dans les organismes, contre un total de 92 en 2021.

Les CPJ n’affecteront pas le plafond d’emploi du CNRS

Pour ses 25 CPJ, le LPR prévoit une titularisation dans le corps de directeur de recherche après un contrat de trois à six ans. « Cela permettra d’attirer des profils plus seniors que les concours classiques de chargés de recherche, qui deviendront directeurs de recherche beaucoup plus rapidement », indique Antoine Petit. « Les CPJ n’affecteront pas le plafond d’emploi du CNRS »,  indique Hugues de La Giraudière, directeur des Ressources humaines du CNRS. « En 2022, le CNRS recrutera 250 chercheuses et chercheurs—essentiellement des chargés de recherche—comme chaque année depuis 2019, et proposera – en plus – ces 25 chaires. Nous augmentons par conséquent notre offre d’emplois de chercheurs et de chercheuses ».

Adresser les grands défis scientifiques

Couvrant 25 thématiques, les CPJ proposées par le CNRS sont en adéquation avec les axes scientifiques des Programmes et équipements prioritaires de recherche du quatrième programme d’investissements d’avenir (PIA4), les EquipEx+ lancés par le PIA3, et les six défis du Contrat d’objectifs et de performance du CNRS. « Les dix instituts de l’organisme ont identifié un nombre de domaines pour lesquels ils souhaitaient obtenir des chaires, et nous avons opéré un arbitrage au niveau des thématiques », souligne Alain Schuhl, directeur général délégué à la science du CNRS.  « Une vraie stratégie scientifique s’est mise en place dans l’optique de ces CPJ ».1

A titre d’exemple, l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU) a misé sur la complémentarité de ce « dispositif important » au processus de recrutement des chargés et directeurs de recherche. « Nous avons pour mission de maintenir les grands services d’observation de la recherche qui produisent des données capitales pour la compréhension de la Terre – et qui nourrissent notamment les travaux du GIEC », explique Nicolas Arnaud, directeur de l’INSU. L’institut a voulu positionner des CPJ comme support au corps des astronomes et physiciens avec en ligne de mire la création de postes de directeurs de recherche dédiés à l’observation. L’INSU a obtenu deux chaires, la première en astronomie positionné à l’Observatoire de Paris2  et la seconde en chimie de l’atmosphère qui sera orientée en partenariat avec l'Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Côté Institut des sciences biologiques (INSB), deux orientations ont été favorisées. « Nous avons pris le parti d’utiliser les CPJ soit pour renforcer une thématique sur un besoin identifié dans un laboratoire précis – par exemple pour la chaire Microbiote et physiopathologie qui sera positionnée sur le laboratoire Immunologie et neurogénétique expérimentales et moléculaires3  à Orléans- ; soit pour renforcer une thématique que l’on estime stratégique – par exemple dans le cas de la chaire Biologie Structurale Cellulaire –  en mettant en concurrence plusieurs unités travaillant sur le sujet », observe André Le Bivic, directeur de l’INSB.

Les 25 CPJ du CNRS ont été imaginées « au sein d’un dispositif de recrutement national et reparties pour couvrir l’ensemble du territoire », souligne Antoine Petit. Si certaines sont déjà associées à un laboratoire particulier, 2/3 restent ouvertes sur différents laboratoires et seront fléchées plus précisémment en fonction du profil des lauréats. Et même si ces CPJ sont « purement CNRS », leur positionnement s’est fait en accord avec les universités ou écoles co-tutelles des unités mixtes de recherche qui encadreront les missions d’enseignement.

Les candidatures sont ouvertes du 20 mai au 31 août, 2022.

Pour la liste complète de 25 Chaires de professeur junior CNRS et pour postuler, suivez ce lien.

  • 1Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.
  • 2CNRS/Observatoire de Paris.
  • 3CNRS/Université d’Orléans.