Page 15

CNRS_RA2013

Cortex cingulaire forme simple Cortex cingulaire forme double Hémisphère gauche Hémisphère droit 13 VIVANT NEUROLOGIE DANS LES MÉANDRES DU CERVEAU MUSICAL Vos proches vous font régulièrement remarquer que vous chantez faux ? Peut-être souffrez-vous, sans le savoir, d’amusie congénitale. Ce trouble, qui affecte 2 à 4 % de la population, se traduit notamment par une difficulté à reconnaître des mélodies même familières. Une étude menée par deux équipes du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL)1 a identifié les régions du cerveau impliquées dans ce handicap. Ces travaux fournissent en outre de précieuses informations sur le « cerveau musical », c’est-à-dire sur les réseaux cérébraux impliqués dans le traitement de la musique. « Lorsqu’on sollicite la mémoire d’une personne amusique, en lui demandant par exemple de reconnaître une brève mélodie, elle va éprouver de grandes difficultés à accomplir cette tâche », explique Barbara Tillmann, du CNRL. Afin d’identifier les régions cérébrales concernées par ces difficultés de mémorisation, la chercheuse et ses collaborateurs ont fait écouter à un groupe de personnes amusiques deux séquences musicales espacées par un silence de deux secondes. Les volontaires devaient déterminer si les mélodies qu’ils entendaient étaient identiques ou différentes entre elles. Grâce à une technique permettant de mesurer, à la surface de leur tête, de très faibles champs magnétiques, les scientifiques ont constaté que ces personnes présentaient un traitement altéré du son dans deux régions de l’hémisphère cérébral droit : le cortex auditif et le cortex frontal. « La réponse de ces deux régions cérébrales au stimulus musical était non seulement diminuée mais elle était également retardée par rapport aux personnes non-amusiques », précise Barbara Tillmann. Des observations par IRM des deux régions du cerveau impliquées ont permis d’y déceler des anomalies anatomiques permettant d’expliquer ces dysfonctionnements. En montrant que l’amusie congénitale est due à un problème de communication entre le cortex auditif et le cortex frontal, ces travaux laissent entrevoir un programme de réhabilitation ciblant à la fois les étapes précoces du traitement des sons par le cerveau et leur mémorisation. Et redonnent ainsi l’espoir aux personnes souffrant d’amusie de pouvoir apprécier la subtilité d’une mélodie. 1 CNRS/Inserm/Université Claude Bernard Lyon 1. Brain Mai 2013  PSYCHOLOGIE DU DÉVELOPPEMENT La forme du cerveau joue sur la capacité d’apprentissage des enfants, qui pourraient en conséquence avoir des besoins pédagogiques différents : c’est la conclusion d’une étude qui s’est intéressée, chez des enfants de 5 ans, à l’anatomie du cortex cingulaire, une région du cerveau où s’effectue le contrôle cognitif. Quand les plis de cette région sont asymétriques entre les deux hémisphères, les enfants présentent en moyenne une plus grande capacité de contrôle cognitif. Journal of Cognitive Neuroscience Août 2013 online Dans chaque hémisphère cérébral, le cortex cingulaire peut adopter deux configurations : une forme simple (à gauche) ou double (à droite). Cette image illustre la variabilité des formes du cortex cingulaire antérieur selon les enfants : chaque trait correspond au sillon d’un enfant.  BIOLOGIE CELLULAIRE Une protéine régulant la migration cellulaire, capacité de certaines cellules à se mouvoir, vient d’être découverte. Appelée Arpin, elle constitue un frein à la migration et permet également à la cellule de contrôler la direction de sa migration. Migration cellulaire et métastases étant étroitement liées, ce résultat devrait fortement impacter la recherche contre le cancer. Nature Octobre 2013 La protéine Arpin (en vert) se localise à l’extrémité de lamellipodes, des structures formées de réseaux d’actine (en rouge) que la cellule utilise pour projeter sa membrane et se déplacer. © Roman Gorelik/CNRS © CNRS/UPD/CEA © CNRS/UPD/CEA


CNRS_RA2013
To see the actual publication please follow the link above