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19 VIVANT  BIODIVERSITÉ LES ESPÈCES RARES ASSURENT DES FONCTIONS PRÉCIEUSES Régulièrement placées sous le feu des projecteurs à cause de leurs forts taux d’extinction, les espèces rares sont paradoxalement considérées comme peu utiles au bon fonctionnement des écosystèmes. Une équipe internationale1 démontre pour la première fois que certaines de ces espèces rares jouent en fait un rôle écologique unique y compris dans les écosystèmes les plus diversifiés. Pour arriver à cette conclusion les scientifiques ont d’abord répertorié les traits fonctionnels de 846 espèces de poissons de récifs coralliens, 2 979 espèces de plantes alpines et 662 espèces d’arbres tropicaux. « Ces informations qui englobent des données telles que la morphologie, le rythme biologique ou le régime alimentaire de ces espèces servent à déterminer leurs fonctions écologiques », explique David Mouillot, de l’unité Écologie des systèmes marins côtiers de Montpellier. Au sein de ces trois grands systèmes, les scientifiques ont ensuite cherché à déterminer si les fonctions les plus originales étaient assurées par les espèces communes ou les espèces rares. « Sur l’ensemble de ces écosystèmes particulièrement riches, notre analyse démontre que la plupart des rôles uniques sont joués par les espèces rares, suggérant ainsi leur utilité dans le maintien à long terme du fonctionnement des écosystèmes », souligne David Mouillot. L’exemple de la murène géante javanaise est à ce titre emblématique. En se nourrissant de cadavres et d’animaux malades qu’elle traque dans les moindres interstices du récif corallien, cette espèce accélère le recyclage des nutriments et participe à la bonne santé de l’écosystème corallien. Parce qu’elles sont essentiellement portées par des espèces rares qui sont vulnérables, de telles fonctions clés ont de grandes chances de disparaître en cas de changements environnementaux majeurs. Dans ce contexte, mener une politique de conservation de la nature tenant compte de la rareté fonctionnelle permettrait de préserver l’ensemble des fonctionnalités des écosystèmes tout en limitant l’impact des perturbations qui les affectent. 1 Plusieurs laboratoires et unités de recherche réunissant des chercheurs du CNRS, de l’université Montpellier 2, de l’Inra, de l’EPHE et de l’IRD ont contribué à cette étude. Plos Biology Mai 2013 La murène géante javanaise (Gymnothorax javanicus) chasse la nuit dans le labyrinthe des récifs coralliens, participant à la bonne santé de cet écosystème. BIOLOGIE CELLULAIRE BACTÉRIENNE La plupart des bactéries s’organisent en biofilm, c’est-à-dire qu’elles adhèrent entre elles et à une surface et adoptent un comportement coopératif, par exemple en échangeant des protéines et des lipides. Ces échanges, des biologistes sont parvenus à les visualiser : ils interviennent par simple diffusion à travers une « synapse » formée par fusion locale des membranes externes des bactéries en contact. eLIFE Juillet 2013 CANCÉROLOGIE Quand les réserves en glucose s’épuisent dans l’environnement des cellules cancéreuses, leur infligeant un stress métabolique, elles réagissent de façon variable. Si le stress est modéré, elles s’adaptent, si le stress est sévère, elles s’autodétruisent… mais dans les deux cas, sous l’effet des mêmes voies de signalisation cellulaire ! Cette différence de destinée serait en partie arbitrée par l’activité d’une protéine appelée p58IPK. Molecular Cell Mars 2013 INNOVATION UNE MÉTHODE DE RECONSTRUCTION DU CARTILAGE BREVETÉE Il n’existe à l’heure actuelle aucune technique satisfaisante de reconstruction du cartilage après une lésion. Un manque qui va peut-être être comblé : des chercheurs ont développé et breveté un procédé permettant de produire des amorces de substituts de cartilage humain utilisables pour la régénération tissulaire. Avantages des agrégats cellulaires obtenus : une taille importante compatible avec leur implantation et une forme modulable pour s’adapter au site de la lésion. © Michael J. Kramer


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