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CNRS_RA2013

Cap sur les mystères de l’Univers Le CNRS construit sa politique scientifique en astrophysique autour de la résolution de deux énigmes fondamentales : la quête des origines et la caractérisation de la matière et de l’énergie noires. Cette politique se traduit concrètement par l’attribution de financements et de ressources humaines aux grands projets internationaux qui sondent l’Univers. Mais aussi par un leadership scientifique dans le développement des instruments ou encore par une stratégie de mutualisation de ses compétences et de ses bases de données. À la recherche des origines de l’Univers et de la vie Le 21 mars 2013, la mission Planck dévoilait l’image la plus fine jamais réalisée du fond diffus cosmologique, dressant un tableau inestimable des premiers instants de l’Univers. Une réussite due en grande partie à son instrument haute fréquence HFI, réalisé sous la responsabilité scientifique d’un chercheur du CNRS. Et qui place la France, principale contributrice en termes de chercheurs et d’ingénieurs à la collaboration Planck, au premier rang des cartographes du cosmos en 2013. Ce résultat majeur, Denis Mourard, directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences de l’Univers (INSU), en attribue aussi le mérite à une démarche résolument interdisciplinaire : « Parce que la quête des origines de l’Univers conduit immédiatement à la question de la répartition de la matière et des particules aux premiers instants du Big Bang, l’apport des chercheurs de l’INSU, de l’IN2P3 et de l’INP a été fondamental dans l’obtention et l’interprétation des données de Planck. » Fort de son expertise, le CNRS – en étroite collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d’études spatiales (CNES) – a également joué un rôle majeur dans le développement de Gaia. Ce satellite a pris son envol le 19 décembre 2013 pour une mission d’astrométrie de cinq ans qui permettra in fine d’approfondir les connaissances sur les stades primordiaux de la Voie lactée. Principal contributeur en moyens humains pour la mise en place de l’architecture matérielle et logicielle du satellite, le CNRS confortera ce leadership lors de l’exploitation future des données. Enfin en planétologie, Curiosity, le rover de la Nasa, a apporté courant 2013 la preuve que la planète rouge a présenté des conditions permettant l’émergence de la vie. Le CNRS a largement pris part, en partenariat avec le CNES, au développement de deux instruments qui équipent le rover, ChemCam et SAM, dont des laboratoires CNRS assurent la responsabilité scientifique. Scientifiques et ingénieurs du CNRS participent également à l’analyse des données 34 2013, UNE ANNÉE AVEC LE CNRS et au pilotage de ces instruments depuis le Fimoc, un centre de contrôle de la mission basé au CNES à Toulouse. Pour Denis Mourard, coordonnateur d’Astronet, le consortium d’instituts européens piloté par le CNRS qui établit la feuille de route de l’astronomie européenne, « l’excellence de ces trois projets d’envergure traduit la forte volonté du consortium de consolider la place de l’Europe dans ce domaine ». Pari gagné. En quête de la matière et de l’énergie noires Si l’expansion de l’Univers prévue par la théorie du Big Bang est bien confirmée par l’observation des galaxies, cette expansion est en accélération, alors que l’on supposait jusqu'à la fin des années 1990 un ralentissement. Une mystérieuse composante de l’Univers appelée énergie noire, qui représenterait 71 % du contenu de l’Univers, serait en cause, et sa caractérisation pourrait ouvrir les portes d’une nouvelle physique au-delà du modèle standard. Pour comprendre la nature de cette énergie noire, deux programmes de cosmologie majeurs ont été lancés, auxquels le CNRS apporte une contribution déterminante. Lancée à l’initiative de la France – à travers le CNES, le CNRS et le CEA –, la mission Euclid de l’Agence spatiale européenne a pour objet l’étude de l’expansion de l’Univers et de l’énergie noire. Avec 27 % du budget du consortium, la France tient le premier rang dans ce projet européen d’envergure. Dirigé par un chercheur de l’Institut d’astrophysique de Paris1, le consortium de 120 laboratoires européens – dont dix du CNRS – en charge de la fourniture des instruments et du système de traitement des données est le plus important jamais rassemblé autour d’une mission spatiale en Europe. L’organisme a également acté en 2013 sa participation au Large Synoptic Survey Telescope (LSST), un télescope grand champ installé au Chili qui effectuera un relevé complet du ciel en six couleurs. Avec huit laboratoires du CNRS mobilisés pour développer des éléments-clé de la caméra du LSST, d’une résolution de 3,2 milliards de pixels, et participer aux groupes de travail sur la calibration atmosphérique, « la France est un partenaire essentiel de la LSST Corporation, un consortium par ailleurs très largement américain », souligne Gabriel Chardin, directeur adjoint scientifique de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (IN2P3). Prévues pour 2020, les premières observations photométriques du télescope devraient contribuer à révolutionner les connaissances sur la matière et l’énergie noires. 1 CNRS/UPMC.


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