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MATIÈRE NOIRE En s’appuyant sur l’analyse de 25 milliards de particules détectées durant 18 mois, l’expérience AMS révèle avec une précision sans précédent l’existence d’un excès d’antimatière d’origine inconnue dans le flux des rayons cosmiques qui bombardent notre planète. Cet excès est-il la signature de l’existence de particules de matière noire, comme le prédisent les théories de supersymétrie ? Affaire à suivre, avec des analyses complémentaires… ASTROPARTICULES Depuis sa formation, l’Univers baigne dans un véritable « océan » de photons appelé lumière extragalactique diffuse, dont des astrophysiciens viennent de déterminer l’intensité avec une précision de l’ordre de 20 %. Pour cela, ils ont évalué, avec l’expérience HESS, l’effet de l’interaction entre la lumière extragalactique diffuse et les rayons gamma très énergétiques émis par des galaxies lointaines appelées blazars. Donnant des clés pour comprendre la formation des premières étoiles. 35 UNIVERS Astronomy & Astrophysics Février 2013 © ESA - Collaboration Planck COSMOLOGIE  PRIX  Carte dressée par Planck du rayonnement cosmologique sur tout le ciel. LA PRIME JEUNESSE DE L’UNIVERS RÉVÉLÉE Quelles étaient les caractéristiques de l’Univers aux balbutiements de son existence ? En permettant d’établir une carte du fond diffus cosmologique d’une extrême précision, la mission Planck de l’Agence spatiale européenne apporte des éléments de réponse inédits à cette question fondamentale. « Cette image de la lumière de l’Univers émise 380 000 ans à peine après le Big Bang nous apporte de nouveaux éléments sur la composition et l’agencement de l’Univers à cette époque », résume François Bouchet, cosmologiste à l’Institut d’astrophysique de Paris et coresponsable de l’analyse scientifique des données de la mission Planck. L’obtention de cette image à très haute résolution de notre Univers primordial repose en grande partie sur l’analyse des quinze premiers mois de mesure de l’instrument haute fréquence (HFI)1 qui équipe l’observatoire spatial lancé en 2009. « La difficulté de ce travail d’analyse a consisté à isoler le faible signal du rayonnement cosmologique émis par l’Univers primordial de toutes les sources de rayonnements parasites, provenant aussi bien du satellite que de la Voie lactée et d’autres galaxies qui nous entourent », souligne François Bouchet. Cette tâche d’ampleur considérable a mobilisé pendant quatre ans une équipe internationale de 450 chercheurs, parmi lesquels de nombreux scientifiques français. L’étude des données collectées par Planck a notamment permis d’affiner l’estimation de l’âge et du taux d’expansion de l’Univers. La carte du ciel établie par l’observatoire spatial a surtout permis de caractériser très finement les régions de densités légèrement différentes qui portent en elles les germes des étoiles et des galaxies actuelles. Ce qui a permis de mieux cerner quels mécanismes microscopiques ont pu les engendrer. Enfin, si l’analyse des données collectées par Planck durant ses quinze premiers mois d’observation confirme avec une précision inégalée le modèle cosmologique standard, elle fait également apparaître certaines caractéristiques énigmatiques de l’Univers primordial qui suggèrent de nouvelles avancées théoriques pour les expliquer et requièrent l’achèvement des analyses pour les confirmer. 1 Le consortium HFI, coordonné par Jean-Loup Puget de l’Institut d’astrophysique spatiale (IAS, CNRS/Université Paris-Sud) et François R. Bouchet de l’Institut d’astrophysique de Paris (IAP, CNRS/UPMC) mobilise quatre-vingts chercheurs de dix laboratoires du CNRS, du CEA et d’universités. ArXiV Mars 2013 COSMOLOGIE Les théories de formation des galaxies prévoient que celles-ci grandissent par accumulation de matière noire provenant de galaxies naines agrégées de manière aléatoire. Une découverte vient battre en brèche ces théories : la plupart des nombreuses galaxies naines qui entourent la galaxie d’Andromède, que l’on imaginait indépendantes les unes des autres, sont en fait organisées en une structure aplatie de plus d’un million d’années-lumière de long, en rotation sur elle-même. Nature Janvier 2013 JEAN-FRANÇOIS CARDOSO, LAURÉAT DU PRIX PAUL DOISTAU-ÉMILE BLUTET Le prix Paul Doistau-Émile Blutet en sciences de l’Univers, décerné par l’Académie des sciences, a distingué en 2013 Jean-François Cardoso pour sa contribution à la mission Planck. Afin de séparer des données de Planck le rayonnement fossile, ce chercheur CNRS a développé une méthode originale d’analyse en composantes indépendantes, une branche du traitement du signal sur laquelle il travaille depuis une dizaine d’années au Laboratoire traitement et communication de l’information1. À la clé, une carte plein-ciel de l’Univers âgé de 380 000 ans qui a fait la Une des quotidiens du monde entier. 1 LTCI, Télécom ParisTech/CNRS.


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