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CAMPAGNE DE MESURES Étudier finement la dispersion des particules radioactives durant les mois et les années suivant l’accident de Fukushima : c’est l’objet du programme TOFU lancé six mois après l’accident nucléaire du 11 mars 2011 au Japon. « Les premiers jours suivant l’accident, les vents soufflaient vers le Pacifique et ont évacué le nuage radioactif vers l’océan. Le 15 mars, ils ont tourné vers le nord-ouest et la région montagneuse située à plusieurs dizaines de kilomètres de Fukushima. La pluie a plaqué les substances radioactives au sol et celles-ci se sont liées aux fines particules de terre », décrit Olivier Evrard, du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, partie prenante de TOFU avec l’université de Tsukuba au Japon. Entre les typhons, typiques des étés japonais, et la fonte des neiges au printemps, l’érosion des sols est forte en montagne et les chercheurs s’attendaient à retrouver des particules radioactives dans les rivières à plus ou moins longue échéance. Les résultats des cinq campagnes de mesures menées depuis 2011 confirment cette hypothèse, tout en réservant une vraie surprise aux scientifiques : la vitesse à laquelle le transfert s’est effectué. « En vingt mois, une baisse des niveaux de radioactivité en altitude et une redistribution progressive de la contamination vers les zones aval ont été constatées », précise le chercheur. Après les typhons de 2011, une diminution générale des niveaux de contamination a été mesurée en 2012. La campagne de mai 2013 a confirmé cette baisse des niveaux de contamination dans les rivières, plus rapide qu’attendu. Celle-ci peut s’expliquer par l’occurrence de typhons moins violents en 2012 qu’en 2011. Couvrant une zone d’environ 3 000 km2, cette étude appelée à se poursuivre jusqu’en 2019 est la première à réaliser un état des lieux complet, dans le temps et dans l’espace, de l’évolution de la dispersion de polluants radioactifs. « Elle fournit des informations précieuses pour les autorités de la préfecture de Fukushima, et permet aussi aux chercheurs d’affiner les modèles théoriques de dispersion des particules radioactives », rappelle Olivier Evrard. 1 LSCE/IPSL, CEA/CNRS/UVSQ. Anthropocene Scientific Reports Août 2013 Octobre 2013 38 2013, UNE ANNÉE AVEC LE CNRS MÉTÉOROLOGIE Les épisodes de pluies intenses, qui provoquent régulièrement d’importants dégâts dans le sud-est de la France, sont difficiles à prévoir avec précision et fiabilité. Difficulté en partie levée : des chercheurs viennent de quantifier, dans le cas où la vitesse du vent est faible, l’importance relative pour la qualité des prévisions de deux processus, la turbulence atmosphérique et la micro-physique des hydrométéores (pluie, neige et grésil). Quarterly Journal of the Royal Meteorological Society Novembre 2013  SISMOLOGIE La cause des séismes profonds a peut-être enfin été démontrée. En utilisant des technologies de pointe, des chercheurs français et américains ont reproduit expérimentalement, dans des conditions extrêmes de température et de pression, le mécanisme physique auquel on les impute selon l’hypothèse communément admise, à savoir les transformations de phases du principal minéral constituant le manteau terrestre, l’olivine. Science Septembre 2013 LE VOYAGE DES PARTICULES CONTAMINÉES APRÈS FUKUSHIMA Rassemblement de compétences et de haute technologie analytique dans le maquis, au super-site ChArMEx sur les hauteurs du Cap Corse. PROGRAMME La propagation de ces fractures remplies d’olivine en phase de haute pression émet des ondes ultrasoniques similaires à celles des séismes profonds. © A. Schubnel et al. 2013 © François Dulac, LSCE/IPSL TRAQUE EXCEPTIONNELLE DE LA POLLUTION ATMOSPHÉRIQUE EN MÉDITERRANÉE Établir l’état des lieux le plus complet de la pollution atmosphérique en Méditerranée : tel est l’objet de la campagne de mesures coordonnée entre le 10 juin et le 10 août 2013 par le CNRS et le CEA dans le cadre de ChArMEX (Chemistry-Aerosol Mediterranean Experiment), un projet international faisant partie du méta-programme MISTRALS. Les résultats contribueront à améliorer notre compréhension des interactions entre pollution atmosphérique et climat.


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