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© L. Benedetti  SISMOLOGIE Des chercheurs ont ouvert une nouvelle piste pour anticiper la magnitude et la période d’occurrence des prochains grands séismes. Ils ont retracé l’histoire sismique de sept failles actives en Italie centrale au cours des derniers 12 000 ans. Ces enregistrements, parmi les plus longs obtenus à ce jour sur des failles actives, montrent un comportement inattendu de cet ensemble de failles où trente forts séismes se sont produits en salves synchrones. 43 TERRE INTERNATIONAL LA FRANCE ET LE JAPON S’ASSOCIENT POUR ÉTUDIER LES CONSÉQUENCES DE FUKUSHIMA En partenariat avec le ministère des Affaires étrangères, l’université Lille 1 Sciences et technologies, l'université Doshisha à Kyoto et l'université de Fukushima, le CNRS a créé en octobre 2013 un Laboratoire international associé consacré à la protection humaine et aux réponses au désastre de Fukushima. Des chercheurs japonais et français confrontent leurs approches sur les politiques publiques et la variété des réponses au désastre, la production de savoir et la démocratie après Fukushima. GÉOCHIMIE L’un des escarpements étudiés par les chercheurs, qui a été exhumé par des séismes au cours des derniers milliers d’années. Journal of Geophysical Research Septembre 2013 INTERDISCIPLINARITÉ LANCEMENT D’UNE PÉPINIÈRE INTERDISCIPLINAIRE EN GUYANE Afin de favoriser la rotation et le renouvellement des équipes sur un thème et un site en émergence, la mission pour l’interdisciplinarité du CNRS a lancé en 2013 un nouveau dispositif incitatif : la pépinière interdisciplinaire. Fondé sur une logique de projet, ce label décerné pour trois ans finance des recherches respectant trois fondamentaux : des projets communs définis aux interfaces des disciplines, des équipes projets accueillies lors de visites sur un site dédié et une plateforme de haut niveau permettant de partager les résultats. C’est la Guyane qui a étrenné le dispositif, avec une pépinière centrée sur le thème du littoral. ATMOSPHÈRE ET CROÛTE TERRESTRE SONT APPARUES DE CONCERT Une grande partie de la croûte et de l’atmosphère terrestres actuelles étaient déjà présentes il y a 3,5 milliards d’années. C’est ce que révèlent deux études d’une équipe franco-britannique1. Pour réaliser cette double découverte, les scientifiques ont analysé la composition de quartz australiens âgés de 3,5 milliards d’années. « Ces roches ont emprisonné dans des inclusions fluides microscopiques l’eau et les gaz atmosphériques formés à cette époque », précise Bernard Marty, du Centre de recherches pétrographiques et géochimiques de Nancy. Déterminer les caractéristiques géochimiques de ces inclusions donne ainsi accès aux propriétés de l’environnement terrestre aux temps les plus reculés. En irradiant des échantillons de ces roches ancestrales, les géochimistes ont tout d’abord mesuré la concentration des différents isotopes de l’argon, un élément chimique intimement lié à l’histoire de la formation de la croûte terrestre. Leur analyse révèle qu’en ces temps anciens, le rapport 40Ar/36Ar était inférieur seulement de moitié à sa valeur actuelle. « En intégrant cette donnée dans un modèle de croissance de la croûte terrestre au cours du temps, nous avons pu déterminer que 80 % de la croûte se serait formée entre 3,8 et 2,7 milliards d’années », poursuit le chercheur. L’analyse des bulles d’eau piégées dans ces mêmes quartz australiens a par ailleurs permis de déterminer la pression et la composition isotopique du diazote, qui forme 78 % de l’atmosphère actuelle, dans l’atmosphère primordiale. Les scientifiques ont ainsi constaté que la valeur de ces deux paramètres n’avait presque pas évolué depuis 3,5 milliards d’années. Selon Bernard Marty, « la présence, depuis cette période, d’un champ magnétique d’une intensité au moins égale à la moitié de celle du champ magnétique actuel permettrait d’expliquer une telle stabilité de notre atmosphère au cours du temps ». En contribuant à améliorer la compréhension de la dynamique géologique de notre planète aux premières heures de son existence, ces résultats devraient notamment permettre de mieux cerner les circonstances de l’apparition de la vie sur Terre. 1 Centre de recherches pétrographiques et géochimiques de Nancy (CNRS/Université de Lorraine) ; Université de Manchester (Royaume-Uni) ; Institut de physique du Globe de Paris (CNRS/Université Paris Diderot/Sorbonne-Paris Cité). Nature Science Express Juin 2013 Septembre 2013


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