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INTERVIEW D’ALAIN FUCHS Vous venez d’être renouvelé pour quatre ans à la tête du CNRS. Qu’est-ce qui a marqué ce premier mandat selon vous ? Notre organisme, présent depuis 75 ans sur la scène scientifique, a été capable de se hisser au meilleur niveau mondial et d’y rester. Cette constance représente, à mes yeux, la plus belle des réussites. Les il-lustres fondateurs du CNRS, Jean Perrin, dont nous avons fêté en 2013 les 100 ans de l’ouvrage Les atomes, ainsi que le ministre de l’époque, Jean Zay1, qui va entrer au Panthéon, pourraient en être fiers. Se maintenir à un tel niveau ne va pas de soi dans le contexte hyper mondialisé qui est celui de la recherche d’aujourd’hui. De nouveaux acteurs interviennent dans la recherche de base à un haut niveau d’excellence. Je ne crois pas qu’il faille s’en préoccu-per mais au contraire s’en féliciter : la bonne science est bonne à prendre d’où qu’elle vienne. Mais tout en résistant aux adeptes du « déclin » français, force est de constater que notre pays doit faire face à ces nouveaux compé-titeurs qui montrent des capacités d’investissement considérables tandis que la France, à l’instar de la plupart des pays développés, est confrontée à une situation budgétaire difficile. Les indicateurs scientifiques restent donc au vert… Avec environ 43 000 publications par an en moyenne2, nous de-meurons le premier opérateur mondial en matière de publica-tions scientifiques. Cette production considérable est le résultat « LE CNRS RESTE LE PREMIER OPÉRATEUR SCIENTIFIQUE MONDIAL. » de l’agrégation des productions des quelque 1 100 laboratoires soutenus par le CNRS et qui sont pour la plupart des unités mixtes avec nos partenaires universitaires. La moisson de résultats et de découvertes publiés cette année encore a été exceptionnelle. Autant de résultats acquis grâce à la passion et à l’engagement de nos chercheurs et de nos ingénieurs et techniciens. Sans céder au fétichisme des indicateurs, je me dois également de souligner que le CNRS continue de faire partie du club assez fermé des 100 principaux innovateurs mondiaux, le Top 100 Global Inno-vators établi par la société Thomson Reuters, aux côtés de grandes entreprises comme Alcatel Lucent, Arkema ou EADS. Les quelque centaines de start-up créées en dix ans, dont 80 % sont encore en activité, les milliers de brevets déposés par nos chercheurs, la participation de notre organisme aux sociétés d’ac-célération du transfert de technologies (SATT) montrent de quelle manière la recherche de base contribue au développement éco-nomique et au bien-être de notre pays et nous en sommes fiers. Ces résultats en matière de valorisation et de transfert représen-tent pour nous un point de départ et non d’arrivée. Nous devons nous améliorer et nous y travaillons. Plus en amont, nous avons également resserré nos liens avec le monde de l’entreprise en créant le Réseau des entreprises parte-naires. Ce « think tank » qui regroupe quelques grands groupes avec lesquels nous avons déjà des liens étroits au plan scientifique doit nous permettre d’échanger des idées et des bonnes pratiques au plus haut niveau. 4 2013, UNE ANNÉE AVEC LE CNRS © CNRS Photothèque - Francis Vernhet Comue, emploi scientifique, international… Alain Fuchs, président du CNRS, revient sur les temps forts de 2013, année qui clôture son premier mandat à la tête de l’organisme.


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