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CNRS_RA2013

UNE NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE POUR L’IST En 2013, le CNRS est à nouveau l’institution de recherche qui a publié le plus d’articles scientifiques dans le monde. Une excellente raison pour impulser dans l’environnement de l’enseignement supérieur et de la recherche une stratégie de mutualisation en matière d’information scientifique et technique, afin de mieux partager les connaissances. Prise dans l’effervescence numérique des dernières années, l’information scienti-fique et technique (IST) a perdu ses repères habituels. Règles de l’édition, droit d’auteur, modèles économiques, stockage des don-nées ou encore questions de sécurité… tout est bouleversé ! Sans parler de l’intensité des flux, le nombre d’articles publiés (hors SHS) chaque année ayant été multiplié par deux1 dans le monde entre 1996 et 2012. Cependant, pour atteindre l’objectif d’ou-verture de libre accès aux résultats de la re-cherche, porté depuis une vingtaine d’an-nées par le mouvement de l’open access2, les obstacles économiques et techniques sont encore nombreux. « En réalité, c’est tout le dispositif de diffusion de la science qui doit évoluer », observe Renaud Fabre, nommé en 2013 à la tête de la direction de l’information scientifique et technique (DIST) du CNRS. En France, la dynamique de changement est bien lancée et le CNRS y participe activement en s’impliquant dans les instances nationales de pilotage comme la Bibliothèque scientifique numérique (BSN) et de négociation comme le Consor-tium Couperin. « Face à l’enjeu de partage des connais-sances, situé au coeur de sa mission, le CNRS veut aller plus loin et jouer un rôle moteur dans la dynamique de l’enseigne-ment supérieur et la recherche », indique le directeur de la DIST. D’où l’élaboration, en 2013, d’un Schéma d’orientation straté-gique de l’IST par le CNRS. Fruit de la colla-boration de quatre-vingts services issus du CNRS, des organismes de recherche et des universités, cette « feuille de route » pour tous les acteurs de l’IST qui souhaitent y participer est structurée autour de deux défis principaux. FACILITER L'ACCÈS AUX DONNÉES Alors qu’à peine 20 % des articles scienti-fiques sont en open access en France, le pre-mier défi concerne l’accès aux données de la recherche. D’importants chantiers sont donc lancés sur les conditions d’accès à l’IST dans ses dimensions juridiques, éthiques ou de sécurité… sans omettre le volet écono-mique. En effet, l’abonnement aux revues représentant pour le CNRS un budget d'environ 15 millions d’euros, les solutions d’open access pourraient, à terme, limiter les coûts tout en accroissant la diffusion de l’IST. Pour cela, il est prévu de renforcer les infrastructures publiques comme HAL, l’ar-chive ouverte pluridisciplinaire développée par le CNRS, mais aussi d’appuyer davan-tage les négociations et la stratégie d’achats en matière d’IST, aux niveaux nationaux et locaux. L’amélioration de l’accès passe éga-lement par une évolution de l’architecture et des périmètres des portails, et par la mise en place de normes et de standards pour décrire les données et les règles de partage, de stockage et d’archivage. 58 2013, UNE ANNÉE AVEC LE CNRS L'ÉDITION SCIENTIFIQUE, UN MODÈLE EN MUTATION SE DOCUMENTER VALORISER ACCOMPAGNER CHERCHEUR PUBLIER PUBLIER HYPOTHÈSES ANALYSES DONNÉESIDÉES EXPÉRIENCES ÉCHANGES RÉSULTAT ARTICLES, DONNÉES, VIDÉOS, PROGRAMMES Ce schéma représente un système en mutation très rapide, aussi bien du point de vue des modèles économiques ou des pratiques de communication scientifique que des méthodes d’évaluation par les pairs. Le numérique fait par exemple émerger l’open peer review (évaluation ouverte par les pairs) ou encore l’évaluation après publication (par exemple dans le cas des épijournaux). ACCÈS SOUS CONDITIONS OPEN ACCESS © CNRS / Sarah Landel


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