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CNRS_RA2013

UN BÂTISSEUR AUDACIEUX Le CNRS a poursuivi en 2013 sa politique d’adaptation de ses infrastructures immobilières à l’évolution de l’activité scientifique. Zoom sur trois projets immobiliers de grande envergure livrés ou inaugurés en 2013, dont le CNRS a assuré la maîtrise d’ouvrage. Surmontant, dans certains cas, de véritables défis techniques. 66 2013, UNE ANNÉE AVEC LE CNRS UN BÂTIMENT « ANTI-VIBRATIONS » DÉDIÉ AUX NANOSCIENCES Autre projet d’envergure : le bâtiment Nanosciences de l’Institut Néel à Grenoble. Ce laboratoire développe des équipements scientifiques permettant de fabriquer et d’étudier des échantillons de plus en plus petits, qui tendent vers l’échelle atomique et sont particulièrement sensibles aux variations de leur environnement. Or les performances de ces équipements étaient limitées par les caractéristiques intrinsèques des locaux qui les abritaient. C’est pourquoi le bâtiment Nanosciences a été spécialement conçu afin de limiter au maximum l’influence des vibrations mécaniques et des perturbations électriques, acoustiques, thermiques, hygrométriques et magnétiques sur les expérimentations qui y sont réalisées. Les expériences sont par exemple installées sur des plots de béton de plusieurs centaines de tonnes pour se prémunir des vibrations. Grâce à ses caractéristiques exceptionnelles et uniques en Europe, le bâtiment Nanosciences, inauguré en avril 2013, permettra aux équipes de recherche de rester au plus haut niveau mondial dans des domaines aussi variés que l’information quantique, la cristallogenèse, la microscopie, l’optique ou encore la nanofabrication. Financée dans le cadre du Contrat de projets État-Région (CPER 2007-2013), cette opération a impliqué, outre le CNRS, l’État, la Région Rhône-Alpes, la ville de Grenoble et la communauté d’agglomérations Grenoble-Alpes Métropole. © CNRS Photothèque / Cyril Frésillon © CNRS/LNCA UN LABORATOIRE SOUTERRAIN DANS L’ENCEINTE D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE Initiée par la France, l’expérience internationale Double Chooz a pour objectif d’étudier les neutrinos, ces particules élémentaires qui ont la particularité de changer de « saveur », autrement dit de forme, au cours de leur déplacement. L’idée : détecter les flux de neutrinos émis par une source bien connue – la centrale nucléaire de Chooz dans les Ardennes – à deux distances différentes, afin de les comparer. Si le détecteur le plus lointain, situé à un kilomètre des réacteurs de la centrale, existait déjà, restait à réaliser le détecteur « proche », en l’enterrant à 45 mètres sous terre pour le protéger des rayons cosmiques. La construction du laboratoire qui l’héberge, situé à seulement 400 mètres des coeurs de la centrale, a ainsi nécessité des travaux d’excavation à l’explosif sur un site nucléaire, et la réalisation d’un tunnel d’accès de 155 mètres de long. Cette prouesse technologique a été rendue possible par l’investissement constant, pendant quatre ans, des services d’appui à la recherche de la délégation Centre-Est du CNRS et du CEA. Livré aux scientifiques en mai 2013, ce laboratoire a été cofinancé principalement par le FEDER1, le CNRS, le CEA, la Région Champagne-Ardenne et EDF. Avec cet outil, les chercheurs sont armés pour la compétition internationale autour du neutrino. 1 Fonds européen de développement économique et régional.


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