Page 25

SyntheseESCo

2.3. Degré d’évaluation et d’exploitation actuel des ressources minérales marines. 2.3.1. Les nodules polymétalliques Dès 1973, la présence de champs particulièrement riches avec une forte densité de nodules a été démontrée dans le Pacifique équatorial Nord, le long d’une ceinture Est-Ouest limitée par les zones de fracture de Clarion et de Clipperton d’où le nom de la zone « Clarion Clipperton Fracture Zone » ou « CCFZ » (Figure 1). Afin d’estimer les réserves potentielles en métaux des nodules et de les comparer à celles des dépôts terrestres, des efforts importants ont été menés depuis plus de 40 ans pour déterminer l’abondance en nodules et les tonnages en métaux stratégiques de la zone CCFZ, notamment sous l’impulsion de l’AIFM et grâce au travail de compilation de plusieurs organismes. Historiquement, la France (CNEXO puis Ifremer) a joué un rôle très important dans la prospection des nodules. Contrairement à l’exploration des sulfures hydrothermaux et des encroûtements qui a essentiellement été motivée par des objectifs purement scientifiques, l’exploration des nodules a ainsi été réalisée dans un cadre de prospection minière. Les estimations montrent que les nodules de la zone CCFZ renferment six mille fois plus de thallium, trois fois plus de cobalt et plus de manganèse et nickel que la totalité des ressources terrestres globales, qui comprennent les réserves directement exploitables mais aussi celles de moindre importance économique. La zone de CCFZ a donc suscité un grand intérêt économique, avec 13 permis d’exploration (représentant chacun une zone de 75 000 km2) accordés ou en cours de signature avec l’AIFM. Alors que la position et la stratégie des différents pays (Etats-Unis, Allemagne, France, URSS puis Russie, Inde) qui se sont lancés historiquement dans la prospection minière sont très diverses, de nouveaux acteurs sont à la base du plus grand nombre de campagnes de prospection nodules au cours des dernières années. Il s’agit de la Chine, la Corée du Sud et le consortium IOM qui effectuent notamment leurs campagnes dans des zones peu explorées du Pacifique Nord. Cinq Etats ont fait également une demande d’approbation d’un plan de travail relatif à l’exploration de nodules polymétalliques dans la Zone de Clarion-Clipperton devant l’AIFM en août 2012 : la république de Nauru, le royaume de Tonga, la république de Kiribati, la Belgique et le Royaume-Uni par le biais de sociétés parrainées par leur gouvernement. Malgré les investigations et le développement actif de techniques d’exploration et d’exploitation, l’exploitation des nodules n’a pas encore abouti pour diverses raisons: incertitude sur la rentabilité d’une exploitation, coût des traitements métallurgiques, problèmes politiques liés au droit de la mer, fluctuations du cours des métaux et questions concernant l’impact environnemental de leur extraction sur de grandes surfaces. Ils constituent cependant une réserve potentielle importante qui permettrait de diversifier les sources d’approvisionnement en cas de tension sur les ressources continentales. Dans ce contexte, la France a obtenu un permis minier dans le Pacifique Nord équatorial afin de réaliser des cartes à haute résolution, de comprendre les processus de formation des nodules les plus riches et de connaître la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes associés. 2.3.2. Les encroûtements Contrairement aux sulfures hydrothermaux et aux nodules polymétalliques, peu d’études se sont focalisées sur le potentiel minier des encroûtements hydrogénétiques. Traditionnellement, l’intérêt économique des encroûtements s’est porté sur les ressources en cobalt et, dans une moindre 21 Expertise scientifique colective CNRS-Ifremer


SyntheseESCo
To see the actual publication please follow the link above