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mesure, sur le nickel et le platine. De par leur très faible vitesse de formation, les encroûtements sont plus épais dans l’océan Pacifique du Nord-Ouest, où la croûte océanique est la plus ancienne et les volcans sous-marins les plus nombreux. Les encroûtements du Pacifique Nord-Ouest sont également très riches en métaux, ce qui a permis de définir cette large zone comme « Zone Principale à Encroûtement » ou « Prime Zone for Crust ». Bien que toujours incertaines, les estimations de ressources qui ont été réalisées dans cette zone montrent qu’elle renferme presque deux mille fois plus de thallium, quatre fois plus de cobalt et neuf fois plus de tellure que la totalité des ressources terrestres globales directement exploitables et d’importance économique moindre réunies. A noter également que les concentrations les plus élevées en cobalt (1,8 %) et en platine (3,5 g/tonne) sont situées en Polynésie, entre 1 500 et 2 000 mètres de profondeur. En revanche, aucune estimation de ressources n’a été établie à ce jour pour le Pacifique Sud et en particulier pour la ZEE française. Du point de vue économique, il reste beaucoup à faire pour évaluer les dépôts, localiser les zones les plus fortement concentrées en métaux et identifier des zones relativement planes et continues sur lesquelles un ramassage serait possible sans trop de dilution avec du substrat rocheux. Actuellement, il n’existe aucune méthode d’évaluation selon les codes de classification des ressources en vigueur. Ainsi, il est difficile de présenter précisément les degrés d’évaluation ou d’exploitation de ces minéralisations. Par contre, des zones prospectives ont pu être définies à partir de critères empiriques pour orienter la prospection, l’évaluation et l’exploitation des encroûtements. Les équipes de recherches allemandes et américaines ont été particulièrement actives dans l’exploration et l’étude scientifique des encroûtements dans le Pacifique Nord et plus particulièrement dans les ensembles Hawaii - Iles de la Ligne. La France a également été active dans la prospection de sa zone économique exclusive du Pacifique Sud. En Janvier 2014, l’Autorité Internationale des Fonds Marins a accordé un permis d’exploration à la JOGMEC (Japan Oil, Gas and Metals National Corporation). Un permis d’exploration est également en cours de signature avec la COMRA (China Ocean Minerals Ressources Research and Development Association). Les demandes de la COMRA et du JOGMEC portent sur une étendue totale d’environ de 6 000 km2 située dans l’Ouest de l’océan Pacifique. 2.3.3. Les sulfures hydrothermaux Après trente-cinq années d’exploration dans tous les océans, la découverte de près de 150 sites hydrothermaux (Figure 1) démontre l’importance des processus hydrothermaux associés au volcanisme sous-marin. Les gisements de type sulfures massifs des fonds océaniques représentent les minéralisations les plus prometteuses en milieu marin. Ceci est lié à leur richesse en métaux de base (cuivre, zinc, plomb), métaux précieux (argent et or) mais également parfois en éléments rares (ex : indium, sélénium, germanium,...). Ainsi, depuis une décennie, plusieurs compagnies privées et organismes scientifiques se sont intéressés à ces gisements et à l’évaluation de leurs ressources. L’exploitation de sulfures hydrothermaux semble désormais possible considérant un certain nombre de critères : (1) de fortes concentrations en métaux de base (cuivre et zinc) (2) l’enrichissement significatifs en métaux précieux (or et argent) ; (3) une localisation des gisements proches des côtes, ce qui explique l’intérêt particulier pour les ZEE des états côtiers ; (4) une profondeur d’eau relativement faible, de préférence moins de 2 000 m ; et (5) l’identification de plusieurs sites inactifs dans une zone relativement restreinte. Il est important de souligner que les sites hydrothermaux actifs ne sont pas à considérer en priorité comme des sites d’intérêt minier potentiel en raison de la température (jusqu’à 400°C) des fluides qui y circulent. En revanche, les gisements matures inactifs (dont la croissance est achevée) constituent les ressources principales, ce qui nécessite de développer des méthodes spécifiques permettant de localiser et d’évaluer ces gisements. 22


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