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Malgré des connaissances encore parcellaires, plusieurs auteurs ont tenté d’estimer les quantités de métaux accumulés dans les minéralisations hydrothermales. Ces approches sont souvent limitées par le fait que les techniques d’exploration efficaces ne permettent de localiser que les sites actifs. En raison de leur richesse en métaux, de leur emprise minime (quelques hectares) sur le fond et de la profondeur plus faible que celle des nodules, l’exploitation des sulfures constituera sans doute, avant les encroûtements cobaltifères et les nodules, la première exploitation minière dans les grands fonds océaniques. Les deux principales sociétés privées qui travaillent sur ce sujet sont la société Nautilus Minerals, Inc. et la société Neptune Minerals, Inc. La plupart des sites appartenant à ces deux acteurs industriels sont en cours d’évaluation et par conséquent quasiment aucune valeur de ressources n’est disponible. Toutefois, il existe deux sites situés dans la ZEE de Papouasie-Nouvelle-Guinée et appartenant à Nautilus Minerals (Inc.) où les données sont suffisantes pour proposer une estimation des ressources. A part le cas de la Papouasie-Nouvelle-Guinée qui est actuellement le seul pays à avoir délivré des permis d’exploitation minière des sulfures hydrothermaux en eau profonde, d’autres pays ont délivré des licences d’exploration ou réalisé des campagnes d’exploration concernant les ressources en sulfures hydrothermaux inclus dans leur ZEE, en particulier le Royaume des Tonga (bassin de Lau), les Iles Salomon, les Fidji (bassin nord-fidjien), le Vanuatu et la Nouvelle-Zélande. Des dépôts de sulfures hydrothermaux ont également été identifiés dans les ZEE du Canada (Middle Valley), de l’Equateur (Galápagos Rift), du Japon (Okinawa Trough), de la République des Palaos et d’une collectivité d’outre-mer de la France (Wallis et Futuna). A noter également la présence de niveaux à sulfures hydrothermaux dans la fosse d’Atlantis II Deep dans la mer Rouge qui font l’objet de permis d’exploitation dans les ZEEs de l’Arabie Saoudite et du Soudan. Concernant les activités dans la Zone régulée par l’AIFM, des contrats d’exploration des sulfures hydrothermaux ont été délivrés ou sont en attente de signature dans l’océan Atlantique au gouvernement de la Fédération de Russie et à l’Ifremer. D’autres permis ont également été accordés ou sont en cours de signature dans l’océan Indien avec le gouvernement de la République de Corée, la Chine et l’Inde (COMRA). Enfin, des permis d’exploitation ont été délivrés en 2010 et 2011 sur des champs hydrothermaux des ZEE de la mer Rouge. 23 Figure 2 : Localisation des permis d’exploration et d’exploitation attribués dans les ZEE et des permis d’exploration attribués par l’AIFM. Les zones en gris clair, dans les océans, permettent de visualiser les principaux champs de nodules polymétalliques. Les losanges, sur les dorsales (traits noirs, au centre des océans) indiquent les principaux champs hydrothermaux connus.


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