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2.4. Conclusion Les nodules et les encroûtements d’hydroxydes de fer et de manganèse sont intéressants pour leurs concentrations en nickel, cuivre et cobalt mais ils peuvent également être enrichis en platine, titane, terres rares (en particulier le cérium), zirconium, molybdène, vanadium, tellure, thallium et phosphore. Les nodules polymétalliques sont présents dans tous les océans et sous toutes les latitudes (Figure 1). Ils se forment dans des zones caractérisées par un faible taux de sédimentation et par des boues à radiolaires. Dès 1973, des champs à forte densité de nodules ont été trouvés le long d’une ceinture Est-Ouest dans le Pacifique Nord (zone dite « Clarion-Clipperton ») qui a fait l’objet de nombreuses campagnes d’exploration en vue d’exploitation minière. Les encroûtements hydrogénétiques d’oxydes ferro-manganésifères ont, quant à eux, été répertoriés dans tous les océans, dans les environnements où la combinaison de courants et de faibles taux de sédimentation ont empêché le dépôt de sédiments pendant des millions d’années. Ces encroûtements pourraient constituer le premier minerai de cobalt, ce métal étant à ce jour un sous-produit d’autres exploitations. Le platine pourrait s’avérer un intéressant sous-produit. Les sulfures hydrothermaux sont le résultat de la circulation d’eau de mer dans la croûte océanique sous l’effet de forts gradients thermiques. Ils sont par conséquent retrouvés sur toutes les structures sous-marines d’origine volcanique que constituent les 60 000 km de dorsales océaniques. Selon le contexte et la nature du substratum impliqué, les sulfures hydrothermaux peuvent être fortement concentrés en cuivre, zinc, or, argent, cobalt, plomb, baryum mais aussi en éléments plus rares tels que cadmium, antimoine, germanium, indium, sélénium, mercure. En raison de la salinité de l’eau de mer et de l’augmentation de la température d’ébullition avec la profondeur, les fluides les plus profonds ont une plus grande capacité à transporter les métaux. L’exploitation des sulfures hydrothermaux semble désormais possible considérant un certain nombre de critères tels que l’enrichissement en métaux précieux (or et argent) et métaux de base (cuivre, zinc, plomb), la localisation des gisements proche des côtes, en particulier dans les ZEE des états côtiers, la profondeur d’eau relativement faible, la présence de sites inactifs pouvant être exploités dans une zone relativement restreinte. Actuellement, un total de plus de 1,8 millions de km2 de fond océanique a déjà fait l’objet de dépôts de permis d’exploration, dont la moitié concerne des activités dans les ZEEs qui ne dépendent pas de l’AIFM (Figure 2). Il est important de souligner que la très grande majorité des activités d’exploration minière pour les ressources en sulfures hydrothermaux se sont effectuées dans les ZEEs alors que les activités en lien avec les nodules concernent la Zone régulée par l’AIFM. L’enjeu économique des ressources minérales marines est important pour la France, mais également pour l’Europe. L’économie européenne est largement dépendante, souvent à plus de 90 %, de ses importations en métaux. Toutes les recherches ne pourront pas être menées par un seul pays. L’Europe devra se positionner du point de vue géopolitique par rapport aux autres grands pôles mondiaux, financer des recherches dans les eaux internationales et ne pas se restreindre à ses seules ZEE. C’est un enjeu majeur si l’Europe veut conserver sa position de premier plan mondial du point de vue scientifique et technologique et se positionner sur les enjeux économiques que constituent les ressources potentielles des grands fonds océaniques. 24


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