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25 Impacts environnementaux de l’exploitation des resources minérales marines profondes 3. Techniques d’exploration et d’exploitation Ce chapitre décrit les principales techniques d’exploration des fonds océaniques puis les techniques de connaissance et de suivi des environnements profonds, avant d’aborder les techniques d’exploitation envisagées pour les ressources minérales profondes suivant le type de ressources considérées. Une liste non exhaustive des principaux acteurs impliqués est ensuite présentée avant quelques remarques sur les points de vigilance à garder en mémoire. 3.1. Techniques d’exploration scientifique des ressources minérales L’exploration des grands fonds océaniques requiert une stratégie multi-échelles mettant en oeuvre des technologies spécifiques (directes et indirectes) pour comprendre les processus géologiques et chimiques à l’oeuvre, évaluer qualitativement et quantitativement les minéralisations et caractériser les environnements et la biodiversité. Ces travaux reposent sur l’utilisation de navires hauturiers et d’une instrumentation adaptée, mise en oeuvre à partir des navires, puis d’engins sous-marins déployés à proximité du fond (engins remorqués, drones sous-marins ou AUV, robots téléopérés ou ROV, et submersibles habités). Les stratégies de recherche mises en oeuvre voient se dérouler une succession de techniques emboitées à différentes échelles, dans une approche pluridisciplinaire impliquant géophysique, géologie, étude de la colonne d’eau et finalement biologie. La plupart de ces techniques sont communes aux opérateurs académiques, industriels et militaires. Les investissements réalisés, lorsqu’ils sont publics, conduisent à l’archivage des données et des échantillons collectés dans des bases de données, ainsi qu’à leur mutualisation au sein de la communauté scientifique nationale et internationale. Aucune exploration ne peut être entreprise sans disposer d’une connaissance générale approfondie de la zone potentiellement intéressante, connaissance qui passe par des levés de surface à grande échelle réalisés à l’aide de méthodes indirectes telles que les méthodes acoustiques (bathymétrie, réflectivité), potentielles (gravimétrie et magnétisme) ou sismiques. L’étude scientifique de ces premiers levés (morphologie, tectonique, nature du substrat…) permet de mieux comprendre le contexte géologique général (présence et, le cas échéant, épaisseur de sédiments, environnement basaltique ou ultramafique), les relations entre les structures tectoniques (failles, fissures) et les sorties de fluides. Dans le cas spécifique des sulfures hydrothermaux, la réalisation de prélèvements d’eau permet de reconnaître la présence d’anomalies physiques et Expertise scientifique colective CNRS-Ifremer


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