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chimiques (salinité, néphélométrie, présence de méthane, de manganèse ou d’hydrogène…) dans la colonne d’eau et de cerner la localisation de sites hydrothermaux actifs, alors que seules les méthodes géophysiques permettent de repérer les sites inactifs. Dragages et carottages donnent ensuite de premiers éléments de vérité sur le terrain pour tous les types de minéralisation, offrant la possibilité d’analyser leur nature et leur composition. L’exploration voit ensuite la réalisation d’études in situ avec la mise en oeuvre d’engins sous-marins déployés près du fond sur lesquels les outils de levés cartographiques permettent la réalisation de cartes de haute résolution (bathymétrie, imagerie). Dans le cas des sulfures hydrothermaux, ces données, notamment le mode «réflectivité de la colonne d’eau», permettent d’orienter les plongées sur des cibles préalablement identifiées (panaches hydrothermaux, présence suspectée de cheminées fossiles) et de trouver rapidement des sites actifs et inactifs. Les méthodes potentielles (magnétisme et, de façon plus prospective, gravimétrie) complètent cette panoplie de techniques en présentant des signatures spécifiques permettant de détecter et de caractériser les sites hydrothermaux actifs et inactifs de différents types, notamment en fonction de leur substrat. Les observations visuelles du ROV ou des submersibles permettent ensuite une description détaillée de ces sites. Des prélèvements de roche, de faune, de fluide, des mesures et des analyses complètent l’étude de détail sur tous les types de minéralisations. Des forages plus ou moins profonds permettent enfin d’affiner la connaissance de la géométrie en profondeur et des teneurs en différents métaux des minéralisations. 3.2. Techniques de connaissance et de suivi des environnements profonds Deux types de techniques, basées sur l’utilisation d’engins sous-marins et d’une instrumentation adaptées, sont utilisés : d’une part les techniques de surveillance ponctuelle à intervalles de temps (relativement) réguliers, d’autre part la mise en place de dispositifs d’observation continue à moyen ou long terme. Les techniques de surveillance ponctuelle incluent la réalisation répétée d’observations in situ : images photo et vidéo ou imagerie, mosaïques photographiques de haute résolution, qui permettent la description des écosystèmes profonds et de la dynamique temporelle des assemblages hydrothermaux caractéristiques. Les prélèvements répétés d’eau, de faune, de sédiment ou de roche sont également une composante de cette observation in situ. L’échantillonnage de la macrofaune s’effectue de diverses manières, suivant le type de substrat (carottiers, aspirateur à faune, instruments spécifiques, pince des submersibles). Les micro-organismes sont collectés avec (et de la même façon que) le substrat qu’ils occupent. Le prélèvement des fluides hydrothermaux s’effectue par aspiration simple (seringue) ou pompage, de façon couplée à une mesure de température sur le fluide en sortie de cheminée. De nombreuses analyses sont effectuées à bord, alors que d’autres seront effectuées à terre au retour de mission. Enfin, la caractérisation physico chimique des habitats se focalise sur les sources d’énergie disponibles (éléments réduits: méthane et hydrogène sulfuré), l’oxygène, les facteurs de stress (métaux, température, pH…), les traceurs de mélange de fluides (Mg, Mn…) sur les carottes sédimentaires ou en étudiant le mélange entre fluide hydrothermal et eau de mer, suivant la nature du substrat. Les analyseurs chimiques en flux, sondes électrochimiques manipulées par submersible, microprofileurs, et optodes sont utilisés à cet effet. Parmi les techniques de surveillance en continu, le module BOB détecte le débit de bulles par 26


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