Page 36

SyntheseESCo

Alors que les premiers développements technologiques relatifs à une possible exploitation des ressources minérales sous-marines étaient effectués de manière indépendante et dans la plus grande discrétion par chacun des consortia impliqués, les développements récents proposés combinent généralement les acquis des compagnies de service de l’offshore pétrolier et gazier profond au savoir-faire des constructeurs de machines-outils de l’industrie minière. En conséquence, la compagnie française Technip semble tenir un rôle central d’intégrateur de ces différentes technologies et propose des solutions à la plupart des compagnies privées impliquées dans une possible exploitation de ressources minérales sous-marines profondes. Plusieurs fabricants d’éléments mécaniques se sont positionnés sur le marché des outils destinés à l’exploitation des ressources minérales profondes. En France, le Cluster Maritime Français rassemble des entreprises intéressées au développement des ressources minérales profondes et a récemment préparé, en association avec les Pôles Mer Bretagne et Méditerranée, un document de synthèse sur le sujet. 3.5. Conclusion sur les points de vigilance 3.5.1. Exploration, connaissance et suivi Les techniques d’exploration, de connaissance et de suivi des grands fonds océaniques sont souvent peu ou non invasives et ne nécessitent généralement pas d’étude d’impact au sens de l’Autorité Internationale des Fonds Marins (AIFM). Seul le prélèvement de nodules pour un échantillonnage supérieur à 10 000 m2, destiné à évaluer des teneurs moyennes et donc l’intérêt économique d’une zone, est soumis à une étude d’impact au sens de l’AIFM. Outre son intérêt majeur pour la connaissance scientifique sur les fonds océaniques et les écosystèmes qui s’y développent, d’une part, et pour l’exploration de ressources minérales potentielles, d’autre part, l’ensemble de ces données joue un rôle essentiel dans l’évaluation des impacts d’une éventuelle exploitation de ces ressources, en fournissant un état initial nécessaire à toute étude de ce type. Ainsi, l’AIFM recommande la réalisation d’un état initial pour un ensemble de paramètres physiques, chimiques, géologiques et biologiques, s’intéressant particulièrement à la sédimentation en cours, aux sédiments déposés et à la bioturbation. Certains paramètres des environnements profonds, notamment les dorsales océaniques rapides, sont affectés par une variabilité naturelle importante, qui devra être contrainte par des observations répétées. En résumé, les techniques d’exploration, de connaissance et de suivi ne demandent pas de vigilance particulière, et leur mise en oeuvre est requise pour obtenir un état initial des sites. 3.5.2. Exploitation Il n’en va pas de même pour les techniques d’exploitation envisagées, qui n’en sont qu’au stade de concepts, de modèles ou au mieux de prototypes. Il est très difficile d’obtenir des industriels des paramètres précis, soit que ceux-ci relèvent du secret industriel, soit qu’ils restent très mal évalués. La plupart des systèmes d’exploitation envisagés comportent des éléments communs, que nous énonçons avant de relever les possibles points de vigilance afférents. Ces systèmes comportent des éléments posés sur le fond, des éléments flottant dans la colonne d’eau, et un navire commandant l’ensemble depuis la surface. 32


SyntheseESCo
To see the actual publication please follow the link above