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dans l’analyse de la vitesse de restauration d’un habitat et donc pour sa résilience face aux perturbations anthropiques. Du point de vue fondamental, biologique et écologique, les monts sous-marins sont intéressants par la biodiversité et la productivité biologique qui leur sont associées, avec des corollaires importants en biogéographie et en évolution des habitats profonds. Leur intérêt économique pour la pêche profonde et ses conséquences destructives sur ces écosystèmes ont également motivé nombre d’études sur leur résilience et leur capacité de restauration depuis la fin des années 1970. L’intérêt pour les ressources minérales potentielles que recèlent les encroûtements cobaltifères est plus récent, avec quelques études dès la fin des années 1980 et un accroissement notable des publications après les années 2 000. D’une manière générale, les monts sous-marins forment des habitats hétérogènes. Ils couvrent une large gamme de profondeurs, dans des contextes océanographiques et géologiques variés. Il n’est donc pas étonnant que ces paramètres environnementaux contraignent fortement la composition spécifique de la faune des monts sous-marins de façon comparable au milieu benthique profond en général. Il est par conséquent impossible à l’heure actuelle de généraliser sur la composition, l’abondance ou la structuration des communautés animales des monts sous-marins. Quant à l’influence des encroûtements cobaltifères sur ces caractéristiques, elle n’a été abordée que de façon indirecte dans quelques travaux aux résultats contrastés (Figure 7). Figure 7 : Faune des encroûtements cobaltifères. A. Courbes d’accumulation spécifique comparant la diversité (nb taxons) en fonction de l’effort d’échantillonnage (nb plongées) selon la gamme de profondeur et le potentiel en encroûtements cobaltifères (Co-rich/Non Co-rich). D’après Schlacher et al. 20135. B. Analyse des taxons associés à des sites potentiellement cobaltifères ou non d’après les données de Clark et al., 20116. L’intersection montre qu’une majorité d’espèces s’établit indifféremment sur les sites, qu’ils soient potentiellement cobaltifères ou non C. Deux exemples d’espèces des monts sous-marins de l’Atlantique Nord-Est : un corail scléractiniaire En définitive, la connaissance de la diversité de la macrofaune des monts sous-marins a certes bien progressé ces dix dernières années mais ce n’est pas le cas des compartiments meiofaune et microbien dont l’étude n’est encore qu’ébauchée. Les résultats les plus récents tendent à modérer le caractère exceptionnel de ces structures en termes de biodiversité et d’endémisme. Cependant, le lien des espèces et des communautés décrites avec les encroutements cobaltifères est rarement établi, la fragmentation de ceux-ci sur les monts sous-marins – qui doit être mieux caractérisée - nécessitant une approche à petite échelle qui fait encore largement défaut. 40 (a) et une éponge (b). © Univ. Rhode Isand, DASS Sc. Party (dans Shank, 20107). 5. Schlacher, T. A., A. R. Baco, A. A. Rowden, T. D. O’Hara, M. R. Clark, C. Kelley and J. F. Dower (2013). Diversity and Distributions, 20(5): 491-502. 6. Clark, M. (2011). Fauna of Cobalt-rich Ferromanganese Crust Seamounts: Report, Internat. Seabed Authority. 7. Shank, T. M. (2010). Oceanography 23(1): 108-122.


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