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4.3.4. Interactions espèces-habitats Des stratégies originales d’adaptation à des conditions extrêmes de température et de toxicité ont été mises en évidence pour certaines espèces endémiques associées aux milieux hydrothermaux actifs. De nombreux organismes hydrothermaux présentent des adaptations permettant de limiter la teneur en sulfure libre dans leurs organes et certaines espèces présentent des adaptations respiratoires qui leur permettent de survivre à des milieux pauvres en oxygène. La tolérance vis-à-vis des conditions thermiques et chimiques définit des assemblages hydrothermaux types, dominés en biomasse par un petit nombre d’espèces. Le caractère exceptionnel des adaptations biologiques (génomiques et phénotypiques) des espèces inféodées à ces milieux extrêmes justifie leur intérêt, tant comme modèles scientifiques que comme source de nouvelles molécules pour des applications médicales ou biotechnologiques. Par exemple de nombreuses études se sont intéressées aux propriétés du sang de ces organismes, et en particulier aux pigments respiratoires (hémoglobine ou hémocyanine) à forte affinité pour l’oxygène (Figure 11). Ces espèces dites « extrêmophiles », issues de lignées évolutives uniques, ne sont pas directement la cible des activités minières puisqu’elles sont associées aux habitats de haute température. Ce n’est pas le cas des espèces qui colonisent les sources diffuses potentiellement rencontrés à proximité ou sur les dépôts sulfurés parfois éloignés des fumeurs et qui risquent d’être plus directement impactées. La découverte de lignées exceptionnelles est récente sur les zones d’activité hydrothermale et l’inventaire reste inachevé. De nombreuses propriétés adaptatives sont encore à explorer. La spécificité génétique et les adaptations des espèces associées aux zones inactives restent par contre à ce jour quasi inconnues, tant sur le plan microbiologique que faunistique. 46 Figure 10 Modification de la distribution des assemblages caractéristiques et du substrat minéral sur l’édifice hydrothermal Tour Eiffel entre 1994 et 2008 (Cuvelier et al. 20119). 9. Cuvelier, D., J. Sarrazin, A. Colaco, J. T. Copley, A. G. Glover, P. A. Tyler, R. S. Santos and D. Desbruyeres (2011). «Community dynamics over 14 years at the Eiffel Tower hydrothermal edifice on the Mid-Atlantic Ridge.» Limnology and Oceanography 56(5): 1624-1640.


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