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A l’inverse, les zones de nodules et d’encroûtements ne sont pas a priori soumises à ce type d’anomalie chimique. Au contraire, la stabilité des propriétés des eaux profondes (acidité, oxygène, température) doit être considérée pour appréhender les risques d’acidification, d’appauvrissement en oxygène et autres perturbations liés aux panaches. 4.4. Populations et communautés 4.4.1. Connectivité des populations La capacité de maintien des populations doit être évaluée au regard du degré d’endémisme propre à chaque site et des patrons de diversité génétique qui reflètent la connectivité avec d’autres sites distants, et de leur capacité de recolonisation d’un habitat fragmenté. A ce jour, seules les études menées sur les espèces hydrothermales, naturellement soumises à des phénomènes d’extinction recolonisation, renseignent sur ces questions et montrent la grande disparité des capacités de dispersion et de recrutement larvaire. Dans la grande majorité des cas, et notamment lorsque les espèces présentent une phase larvaire bentho-pélagique, ces études ont montré que les espèces sont capables de recoloniser rapidement de nouveaux sites et de maintenir un flux génique relativement important entre populations sur des milliers de kilomètres. L’étude fine de la structure génétique des espèces hydrothermales montre cependant que la plupart des espèces suivent un modèle de dispersion en pas japonais. La colonisation et les échanges entre sites actifs se fait alors de proche en proche, la distance géographique entre deux sites faisant oeuvre de barrière. Les modèles couplés de transport et de biologie larvaire commencent juste à être définis pour prédire les échelles spatio-temporelles de recolonisation des sites. Ces simulations montrent qu’un système instable tend à favoriser les stratégies de dispersion les plus extrêmes en sélectionnant des espèces qui colonisent l’habitat de proche en proche (quelques mètres à quelques dizaines de mètres) ou des espèces à larves très dispersives ayant la capacité d’être transportées sur de longues distances en état de dormance. Certaines espèces pourraient même avoir des stratégies de dispersion alternatives selon l’état de l’environnement, notamment lorsque l’activité hydrothermale diminue. Ce type de stratégie mixte n’a cependant pas encore été mis en évidence jusqu’à présent. Il convient donc de rester extrêmement mesuré dans l’exploitation minière à proximité des champs hydrothermaux et notamment de proscrire l’exploitation d’un champ dans sa globalité, ce dernier pouvant servir de pierre de gué à la dispersion à une échelle spatiale plus large. De même, augmenter le taux d’extinction des sites par l’exploitation minière pourrait avoir des conséquences opposées sur les espèces selon le type de stratégie de dissémination sélectionné. Dans ce type de modèle, la qualité de l’habitat et son influence sur le recrutement larvaire et la croissance des organismes, sont généralement ignorées. Le rôle des propriétés physico-chimiques du milieu sur la dynamique de recolonisation et le maintien des metapopulations à grande 47 Figure 11 : Crabe Bythogrea thermydron. Espèce endémique de la dorsale Pacifique, dont les adaptations respiratoires ont été particulièrement étudiées. Expertise scientifique colective CNRS-Ifremer


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