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La terminologie « services écosystémiques » désigne les bienfaits rendus aux hommes par les écosystèmes. Ces services se répartissent en quatre grandes catégories et, plus spécifiquement pour les milieux marins, concernent : les services support, à la base de tous les autres services rendus par les écosystèmes, pouvant subir un impact plus ou moins direct : habitats, cycles des éléments, réseaux trophiques... les services d’approvisionnement, qui permettent d’obtenir des biens directement commercialisables : pêche, ressources énergétiques profondes, modèles en recherche médicale et source de molécules innovantes pour de nombreuses industries (pharmaceutique, biotechnologique, cosmétique, alimentaire, papetière, textile, pétrochimique, minière, des biocarburants, des détergents, des adhésifs, des peintures,…), pépinière pour la restauration de certaines espèces de coraux précieux… les services de régulation, qui sont des bénéfices obtenus par la régulation du milieu par des processus soutenus par les écosystèmes : équilibre thermique de la planète, régulation de l’air et du climat, régulation de la composition des océans, absorption et détoxification d’éléments toxiques (mercure, zinc, cuivre…). les services culturels et sociaux, non matériels : tourisme, écotourisme autour des cétacés et des requins, tourisme d’aventure en eaux profondes, patrimoine historique et héritage de l’humanité (zones classées à l’Unesco ou protégées), paléoclimatologie, recherche sur l’origine de la vie, les adaptations du vivant et le fonctionnement d’écosystèmes en conditions environnementales extrêmes ou encore source d’inspiration pour des activités créatrices. La valeur économique associée à ces services est définie comme « une relation d’équivalence subjective entre les biens, qui dépend de leur utilité et de leur rareté »10. L’ « utilité » de la biodiversité et des services écosystémiques se perçoit : • d’une part, à travers leur contribution au « bien-être » humain ; • et d’autre part, à travers ce que la perte de la biodiversité entraînerait comme coût pour les humains ou comme changement de comportement/sociétal. S’il existe de nombreuses méthodes d’évaluation des services écosystémiques, aucune ne fait aujourd’hui l’unanimité dans la communauté des économistes, l’évaluateur se retrouvant à devoir choisir entre les méthodes, en fonction : • des données disponibles, • de ses objectifs, • des types d’usages faits de l’écosystème qu’il étudie. Parce qu’il s’agit de liens de causes à effets plus ou moins indirects, il reste extrêmement difficile de cerner toutes les conséquences des impacts sur les environnements liés à l’exploitation, sur nos modes de vie et de chiffrer leur valeur économique précisément, tant à court terme qu’à long terme. Ce chapitre recense néanmoins pour chaque type de ressources, les impacts potentiels sur les écosystèmes et leurs services rendus. 54 • • • • 10. Salles, J.-M. (2010). «Évaluer la biodiversité et les services écosystémiques: pourquoi, comment et avec quels résultats?» Natures Sciences Sociétés 18(4): 414-423.


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